Le Canada promet 38 M$ à l’UNRWA
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Le Canada promet 38 M$ à l’UNRWA

Selon Ottawa, des fonds ont été alloués pour "améliorer la neutralité au sein de l'agence" destinée aux réfugiés palestiniens

Des employés de l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et leurs familles protestent contre les disparitions de postes annoncées par l'agence aux abords de ses bureaux de gaza City, le 31 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Des employés de l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et leurs familles protestent contre les disparitions de postes annoncées par l'agence aux abords de ses bureaux de gaza City, le 31 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Le Canada a renforcé son aide apportée aux réfugiés palestiniens vendredi, annonçant que 50 millions de dollars canadiens seront versés à l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens, qui traverse une crise financière causée par les coupes de financement du gouvernement américain.

La contribution canadienne à l’Office de secours et de travaux en charge des réfugiés palestiniens (UNRWA) s’étendra sur deux ans. La somme de 40 millions de dollars canadiens sera allouée à des programmes permettant de répondre « aux besoins basiques d’éducation, de santé et de revenus de millions de réfugiés palestiniens », a déclaré Ottawa dans un communiqué.

Dix autres millions seront utilisés pour apporter « une assistance d’urgence essentielle à plus de 460 000 réfugiés palestiniens en Syrie et au Liban », a ajouté le Canada.

Le communiqué a également noté qu’une partie des fonds servira à « améliorer la neutralité au sein de l’agence et dans ses opérations », une donnée « essentielle » pour le soutien continu du Canada.

Marie-Claude Bibeau, ministre du développement international du Canada, a expliqué que ce financement de l’UNRWA était « impérativement nécessaire » et qu’il servirait à « apporter de la prévisibilité à l’agence au moment même où les besoins sur le terrain augmentent ».

En 2016, le Premier ministre Justin Trudeau et son administration avaient annulé les coupes réalisées dans les aides palestiniennes par son prédécesseur et ils versent depuis la somme de 110 millions de dollars canadiens à l’UNRWA.

Les Palestiniens reçoivent de l’aide alimentaire dans un entrepôt de l’UNRWA, dans le camp de réfugiés de Shati, à Gaza City, le 14 janvier 2018 (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

L’UNRWA vient en aide à environ cinq millions de réfugiés Palestiniens et à leurs descendants, et offre une scolarité à 526 000 enfants dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Jordanie.

L’agence traverse une grave crise après que le président américain Donald Trump a coupé 30 millions de dollars de financement à ce qu’il a qualifié « d’opération irrémédiablement biaisée », faisant savoir que les Etats-Unis ne verseront plus de fonds à l’instance à l’avenir.

Ces coupes américaines ont paralysé les opérations de l’UNRWA dans la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, où ses écoles, ses dispensaires et ses bureaux de distribution d’aide alimentaire jouent un rôle important.

Des centaines d’employés, renvoyés, ont organisé des manifestations et des grèves ces dernières semaines, avertissant que sans leurs revenus, leurs familles se trouveraient mises en péril à Gaza sous blocus, dont le taux de chômage s’élève à environ 53 %.

Approximativement 80 % des Palestiniens qui vivent dans la bande défavorisée peuvent prétendre aux aides de l’UNRWA.

Israël, qui a salué la fin du financement américain, accuse l’UNRWA de perpétuer le récit palestinien de l’illégitimité israélienne en accordant le statut de réfugiés aux descendants des réfugiés initiaux, même s’ils sont nés dans d’autres pays dont ils ont la nationalité – des conditions qui ne s’appliquent pas aux réfugiés pris en charge par la principale agence de l’ONU, le Haut-commissariat aux réfugiés, qui s’occupe de tous les autres réfugiés dans le monde. La population de réfugiés palestiniens grandit donc chaque année.

Une Palestinienne montre son enfant dans une clinique de l’UNRWA dans le camp de réfugiés de Shati, à Gaza City, le 14 janvier 2018 (Crédit : AP Photo/ Khalil Hamra)

Toutefois, certains, dans l’establishment de la défense, craignent que la coupure de fonds décidée par Washington vienne renforcer le groupe terroriste du Hamas à Gaza et mettre en danger la sécurité en Israël.

Ils affirment que des réductions importantes dans le budget de l’UNRWA risquent de créer un vide dans les services basiques offerts dans la bande, où la majorité des habitants dépendent de l’organisation. Ce qui se ressentirait particulièrement dans des pénuries alimentaires et dans un effondrement de l’éducation, et pourrait être utilisé par le Hamas pour durcir sa mainmise sur l’enclave côtière.

Les Nations unies ont averti du caractère « catastrophique » de la situation à Gaza après onze ans de blocus israélo-égyptien, durant lesquelles Israël et le Hamas ont combattu trois guerres.

Israël impose un blocus à Gaza depuis que le Hamas, qui a juré la destruction d’Israël, s’est saisi du territoire en 2007 qui se trouvait alors aux mains de l’Autorité palestinienne, internationalement reconnue. L’Etat juif dit que le blocus est en place pour empêcher les armes et autres équipements militaires d’entrer dans la bande de Gaza.

L’AFP a contribué à cet article.

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