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Le co-créateur de ‘Shtisel’ est redevenu haredi

Yehonatan Indursky explique avoir été élevé dans la religion avant de devenir laïc et de revenir à la communauté grâce à sa femme pratiquante et ses parents

Yehonatan Indursky, co-scénariste de 'Shtisel'  dans son appartement de Tel-Aviv, loin de sa maison d'enfance Haredi dans le quartier de Givat Shaul à Jérusalem (Autorisation Sam Spiegel)
Yehonatan Indursky, co-scénariste de 'Shtisel' dans son appartement de Tel-Aviv, loin de sa maison d'enfance Haredi dans le quartier de Givat Shaul à Jérusalem (Autorisation Sam Spiegel)

JTA – Yehonatan Indursky était juif laïc au moment de co-écrire le scénario des « Shtisel », série mondialement connue et représentation parmi les plus sensibles qui soient, sur le petit écran, de la vie haredi.

Cadet d’une fratrie de cinq enfants du quartier de Givat Shaul à Jérusalem, élevé par une famille haredi, il étudie dans une yeshiva de Bnei Brak avant de quitter le monde haredi à l’âge de 19 ans.

La semaine dernière, il a déclaré être redevenu haredi.

« Toutes ces années, je me suis battu contre le fait d’être haredi. J’ai travaillé dur pour être laïc », a-t-il expliqué au site d’information Ynet lors d’une interview sur sa vie et son travail. « Jusqu’à ce que tout à coup je m’arrête. »

Ce changement d’identité, de haredi à laïc et retour, est plutôt rare. Pour certains, à travers son travail, Indursky ne s’est jamais vraiment éloigné du monde haredi qu’il a connu plus jeune.

Que ce soit avec « Les Shtisel », son spectacle « Autonomies » ou sa première pièce « Babchik » – qui raconte l’histoire d’un propriétaire de restaurant haredi aux prises avec une malédiction familiale mortelle – il a continué à « vivre » dans le monde juif haredi.

Indursky dit que plusieurs raisons l’ont conduit à se coiffer à nouveau d’un chapeau noir et laisser pousser ses peot, les mèches bouclées de part et d’autre du visage. L’une d’elles est liée à son épouse, Eva, olim pratiquante venue de France.

« J’ai toujours su que je finirais par tomber amoureux d’une personne religieuse », a-t-il déclaré à Ynet. « Mon père était Haredi, mon grand-père était haredi et mon fils sera aussi haredi, s’il le souhaite. »

Shira Haas, Dov Glickman et Michael Aloni dans la troisième saison de ‘Shtisel,’ qui arrive sur Netflix le 25 mars 2021 (Crédit : Ohad Romano)

Il remercie ses parents d’avoir toujours maintenu un lien positif et intime avec la religion, et en particulier sa mère, diagnostiquée d’un cancer il y a de cela quelques années. A l’âge de 19 ans, il décide de quitter la yeshiva qu’il fréquente depuis ses 16 ans (il en tirera un documentaire intitulé « Ponevezh Time ») et projette de s’installer dans un refuge pour jeunes ex-Haredi.

Ses parents le retrouvent et lui demandent de revenir vivre avec eux à Jérusalem. Ils lui disent qu’ils l’aimeront et l’accepteront quoi qu’il arrive – ils veulent avant tout être avec lui. Il découvrira plus tard que sa mère jeûnait une fois par semaine en attendant son retour.

Indursky dit s’être toujours senti étranger, mal à l’aise dans le monde laïc, alors qu’avec sa tenue haredi, qu’il n’a recommencé à porter pleinement qu’il y a quelques mois, il se sent à nouveau lui-même.

Il appartient aujourd’hui à la branche hassidique Gur et vit au cœur de Tel Aviv.

Indursky, qui se sent parfois jugé par ses voisins laïcs, se dit fermement opposé à la refonte judiciaire du gouvernement israélien, qu’il qualifie d’offense flagrante au statu quo sur lequel Israël a été fondé. Il est également favorable aux droits des femmes et LGBTQ +, et espère qu’un jour les dirigeants de Haldi accepteront l’homosexualité. Et bien qu’il regrette de ne pas avoir fait son service militaire, il se dit opposé à l’obligation de service pour les Haredi.

Au-delà de sa dernière pièce, encensée par la critique, Indursky écrit la suite des « Shtisel », qui s’appellera « Kugel », et devrait être diffusée l’année prochaine (calendrier juif) sur le réseau Yes en Israël.

Une première version de cet article a été publié sur Kveller.

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