Le Danemark pense que le monde a besoin de « TechPlomatie »
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Le Danemark pense que le monde a besoin de « TechPlomatie »

Anders Samuelsen, le ministre danois des Affaires étrangères qui a nommé le premier ambassadeur pour la technologie à la Silicon Valley, cherche de l’inspiration en Israël et dans d’autres centres technologiques

Anders Samuelsen, deuxième à partir de la droite, ministre danois des Affaires étrangères rencontre les représentants de l'industrie du high-tech israélien, à Jérusalem. (Crédit : Yossi Zwecker)
Anders Samuelsen, deuxième à partir de la droite, ministre danois des Affaires étrangères rencontre les représentants de l'industrie du high-tech israélien, à Jérusalem. (Crédit : Yossi Zwecker)

Israël et le Danemark pourraient « s’inspirer » l’un l’autre dans tous les domaines liés à la technologie, a déclaré Anders Samuelsen, le ministre danois des Affaires étrangères, qui est le fer de lance de l’innovation dans son pays, lors d’une visite à Jérusalem cette semaine.

Samuelsen, âgé de 49 ans, qui dirige ce ministère depuis novembre, a fait du développement digital et technologique au Danemark une des priorités stratégiques pour la politique étrangère de la nation. Il a nommé le premier ambassadeur à la technologie du pays, et du monde, à la Silicon Valley, et le pays doit également installer un centre d’innovation à Tel Aviv l’année prochaine, l’un des sept que la nation scandinave a ouvert dans le monde.

Les centres fourniront de l’inspiration et des idées sur comment les choses sont faites à l’étranger, et « créeront une plate-forme pour les entreprises danoises dans cet environnement, pour les aider à former de nouveaux liens. J’espère que nous pourrons nous inspirer les uns les autres », a déclaré Samuelsen, un membre du parti centriste l’Alliance Libérale.

Le Danemark, une nation avec un tout petit peu plus du double du territoire d’Israël mais avec une population de seulement 5,6 millions de citoyens à comparer aux plus de 8 millions en Israël, fait l’objet d’une forte croissance de l’activité des start-ups dans le pays.

Connue pour ses institutions de recherche de haute qualité, tout particulièrement dans les domaines des sciences de la vie et de l’énergie renouvelable, le pays a été classé consécutivement parmi les plus innovateurs en Europe.

L’Index d’Innovation Bloomberg classe la nation à la huitième place, alors qu’Israël se trouve à la 10ème place. Le Danemark était classé n°1 sur l’Index de la Transparence de Perception Internationale en 2016, à comparer à la 28ème place pour Israël, selon les données fournies par l’ambassade danoise en Israël.

Son classement pour le bonheur dans le Rapport Mondial sur le Bonheur était, assez logiquement, n°2 à comparer à la 11ème place pour Israël en 2017.

Lors de sa visite de deux jours en Israël et à l’AP, Samuelsen a rencontré mercredi le président Reuven Rivlin, la ministre de la Défense Avidgor Liberman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il devait rencontrer des responsables palestiniens à Ramallah, y compris le Premier ministre de l’AP Rami Hamdallah, jeudi.

En plus de la politique, il a également effectuer un déjeuner de travail avec des membres de l’industrie de la haute technologie pour comprendre ce qui fait fonctionner l’éco-système des start-ups en Israël.

Le Danemark est le pays le plus numérique par les 28 états membres de l’Union européenne selon l’Index de Société et d’Economie Numérique de 2016, ses services publiques numériques sont très avancés, et sa population est la mieux préparée au numérique dans l’UE puisque 88 % des internautes danois utilisent la banque en ligne et opèrent 82 % de leurs achats en ligne.

« En règle générale, la population danoise porte un regard très positif sur la digitalisation et les nouvelles technologies. C’est très bon parce que cela nous donne des opportunités dans un monde où chacun sait qu’il s’agira d’un des éléments qui vont modifier nos systèmes, nos entreprises et aussi notre secteur public dans les années à venir, a déclaré Samuelsen. En ce sens, nous sommes dans une bonne situation. Je pense que d’autres pays et, peut-être aussi Israël, pourrait apprendre du Danemark dans des domaines comme cela ».

Le Danemark a exporté pour environ 221 millions de dollars de marchandises vers Israël en 2016, et Israël a exporté pour 63 millions de dollars de marchandises, y compris de machines, des produits électroniques et de consommation, des plastiques et du caoutchouc.

Anders Samuelsen, deuxième à partir de la droite, sur le côté droit de la table, ministre danois des Affaires étrangères, rencontre les représentants de l'industrie du high-tech israélien, à Jérusalem. Il est en face de l'ambassadeur danois en Israël Jesper Vahr, et l'ambassadrice entrante Charlotte Slente est à sa gauche. (Crédit : Yossi Zwecker)
Anders Samuelsen, deuxième à partir de la droite, sur le côté droit de la table, ministre danois des Affaires étrangères, rencontre les représentants de l’industrie du high-tech israélien, à Jérusalem. Il est en face de l’ambassadeur danois en Israël Jesper Vahr, et l’ambassadrice entrante Charlotte Slente est à sa gauche. (Crédit : Yossi Zwecker)

« TechPlomatie » nécessaire

Samuelsen a créé le rôle d’ambassadeur technologique parce qu’il pense que les nations ont aujourd’hui besoin de « TechPlomatie » pour fonctionner avec la diplomatie traditionnelle.

Des entreprises comme Google, Apple, Facebook ou Alibaba sont si grandes qu’elles font de l’ombre aux économies de certains pays, a-t-il déclaré.

« C’est un simple fait. Certaines de ces entreprises influencent les citoyens danois plus que, par exemple, un pays traditionnel comme l’Islande ou la Grèce, parce que les citoyens utilisent Google, Facebook ou Twitter chaque jour ».

Des liens forts avec ces géants de la technologie sont nécessaires puisque ces entreprises ouvrent des portes à de nouveaux emplois ; elles rassemblent beaucoup de données, et elles peuvent aussi aider des nations dans leur lutte contre le terrorisme en « fermant des comptes dès que possible », a-t-il déclaré.

« Alors cela fait sens dans de nombreux domaines, comme un complément à la diplomatie traditionnelle, d’avoir cet ambassadeur pour ouvrir des portes directement dans les conseils d’administration de ces grandes entreprises ».

En réponse à une question pour savoir si le Danemark devait revoir sa manière d’échanger des renseignements avec les Etats-Unis dans le sillage de rapports que le président américain aurait divulgé à la Russie la semaine dernière, avec des informations classifiées, il a déclaré : « Rien ne nous permet de penser que nous devrions traiter avec les Etats-Unis différemment par rapport à ce que nous avons fait jusqu’à présent ».

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