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Le député de Yamina Chikli retire sa requête devant la Haute-cour

L'élu, que le parti cherche à expulser, voulait que Bennett et Shaked témoignent lors de l'audience à la Knesset consacrée à son limogeage ; les juges l'en ont découragé

Le député Amichai Chikli lors d'une réunion de commission à la Knesset, le 13 décembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Amichai Chikli lors d'une réunion de commission à la Knesset, le 13 décembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député du parti Yamina, Amichai Chikli, a retiré dimanche sa plainte devant la Haute cour. Il réclamait la comparution du Premier ministre Naftali Bennett et de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked lors de l’audience consacrée à son limogeage par la formation.

La législateur a abandonné sa requête sur le conseil des magistrats qui, selon les médias israéliens, ont considéré que cet appel n’était pas justifié à ce stade.

Chikli s’était présenté sur la liste de Yamina lors du scrutin de l’année dernière mais il a refusé de rejoindre la coalition au pouvoir – votant aux côtés de l’opposition lors de la prestation de serment de la coalition, au mois de juin dernier – en raison de l’inclusion du parti islamiste Raam au sein de l’alliance à la tête du pays. Il est resté membre du parti depuis, tout en s’opposant au gouvernement lors de nombreux votes déterminants.

Le parti de Bennett s’était abstenu dans un premier temps de chercher à désigner officiellement Chikli comme un « transfuge » malgré ses actes de rébellion. Toutefois, au début du mois, Yamina a décidé de sanctionner son député, ce qui limitera la capacité de se dernier à se représenter à un scrutin ou à occuper certains postes.

Cette initiative est considérée comme une tentative visant à décourager le départ d’autres députés de Yamina de la coalition après le ralliement d’une législatrice de la formation, Idit Silman, à l’opposition – une défection qui a privé le gouvernement de sa majorité et qui laisse la Knesset dans l’impasse.

Yamina a apporté aux magistrats la réponse officielle du parti à la requête de Chikli, estimant que cet appel était « né dans le péché » et que la décision prise de l’exclure de la formation l’avait été « après ses tentatives actives d’amener un plus grand nombre de membres de la faction à se rebeller » contre la formation.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et le Premier ministre Naftali Bennett à la Knesset, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La demande de Chikli de faire témoigner Bennett et Shaked au cours de l’audience organisée lundi au sein de la Commission intérieure de la Knesset avait déjà été rejetée par le député et vice-président du Parlement Eitan Ginzburg, chargé de superviser la rencontre.

Et la deuxième requête du parlementaire rebelle de reporter l’audience au 25 mai – il avait déclaré que lui et son équipe avaient besoin de temps pour se préparer à la réunion – avait aussi été repoussée par Ginzburg.

Par ailleurs, la Douzième chaîne a fait savoir, samedi, que le parti Raam a décidé que son représentant à la Commission de la chambre, à la Knesset, boycotterait l’audience prévue.

Selon la Douzième chaîne, Raam a décidé, suite à des délibérations internes, que le député Walid Taha ne serait pas présent lors de cette audience. Le reportage a fait savoir que cette initiative entrait dans le cadre du gel temporaire de l’adhésion de Raam à la Knesset et à la coalition, et que le parti était bien décidé à montrer son sérieux dans son boycott.

La formation n’a pas confirmé les affirmations de la Douzième chaîne.

La semaine dernière, le chef de Raam, Mansour Abbas, avait annoncé ce gel temporaire suite aux pressions croissantes exercées sur le parti, poussé à réagir face aux affrontements violents opposant fidèles musulmans et police israélienne sur le mont du Temple de Jérusalem.

La décision prise par Raam est, jusqu’à présent, largement symbolique, le parlement étant en congé et ce même si des sources proches de l’opposition ont indiqué, la semaine dernière, qu’elles considéraient ce boycott comme une opportunité supplémentaire d’affaiblir la coalition, d’encourager les défections et de renverser le gouvernement.

Walid Taha, député du parti Raam, assiste à une réunion du comité d’organisation de la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La commission de la chambre est constituée d’onze membres et huit appartiennent à la coalition. Malgré l’absence de Taha, une majorité devrait se déclarer favorable à l’exclusion de Chikli des rangs de Yamina.

Si elle est approuvée, cette exclusion pourrait avoir de lourdes conséquences sur les aspirations politiques de Chikli, les règles de la Knesset lui interdisant de se présenter au sein d’une faction actuellement élue au parlement, ce qui – si le gouvernement devait s’effondrer sans proposition alternative de la part de l’opposition – pourrait arriver bientôt.

Chikli pourrait néanmoins potentiellement former une nouvelle faction, et il a récemment laissé entendre qu’il songeait à cette possibilité.

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