Le fils de Mireille Knoll reproche à la justice française un manque de sérieux
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Le fils de Mireille Knoll reproche à la justice française un manque de sérieux

Daniel Knoll a déclaré que les deux suspects "n'auraient pas dû être libérés par anticipation [avant le meurtre de sa mère], vu le nombre de fois où ils ont été condamnés"

Une photo de Mireille Knoll, survivante de la Shoah, assassinée, et des fleurs sont placées sur la clôture entourant son immeuble à Paris, le 28 mars 2018. (Crédit : François Guillot / AFP)
Une photo de Mireille Knoll, survivante de la Shoah, assassinée, et des fleurs sont placées sur la clôture entourant son immeuble à Paris, le 28 mars 2018. (Crédit : François Guillot / AFP)

Daniel Knoll, fils de Mireille Knoll, octogénaire juive assassinée à Paris en mars 2018, était invité lundi soir sur la chaine i24.

L’homme a affirmé que sa « mère ne serait pas morte si la justice avait bien fait son travail », en référence aux libérations anticipées dont avaient bénéficié les deux suspects avant de commettre le meurtre.

Daniel Knoll a déclaré que les deux suspects « n’auraient pas dû être libérés par anticipation, vu le nombre de fois où ils ont été condamnés. Rien n’a été fait (…) c’est insupportable ».

Il s’est également inquiété de la montée de l’antisémitisme dans le pays et a partagé la peine de la famille de Sarah Halimi, sexagénaire juive également assassinée à Paris un an avant Mireille Knoll et dont le meurtrier a été déclaré pénalement irresponsable en décembre dernier.

Le parquet de Paris a indiqué la semaine dernière souhaiter que les deux suspects du meurtre de Mireille Knoll, Yacine Mihoub et Alex Carrimbacus, soient jugés aux assises pour « homicide volontaire » aggravé par deux circonstances : sur personne vulnérable et à raison de la religion de la victime.

Le 23 mars 2018, le corps de Mireille Knoll, 85 ans, atteinte de Parkinson, avait été retrouvé lardé de 11 coups de couteau et partiellement carbonisé dans son appartement d’une HLM de l’avenue Philippe-Auguste, dans l’est parisien. Le mobile antisémite du crime avait, pendant un temps, été sujet à question.

Deux suspects avaient vite été identifiés : Yacine Mihoub, le fils d’une voisine âgé aujourd’hui de 29 ans, et Alex Carrimbacus, un individu ayant des antécédents psychiatriques, 23 ans. Tous deux s’étaient connus en prison.

Ils avaient été mis en examen puis écroués pour « homicide volontaire » et « vol », avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme, que le parquet avait immédiatement retenue, en s’appuyant sur les premières déclarations du plus jeune.

Depuis, les deux suspects s’accusent mutuellement. Au cours d’une confrontation devant les juges d’instruction, le 10 mai 2019, les deux hommes ont campé sur leurs positions, affirmant chacun avoir accouru dans la chambre aux cris de la victime pour constater les coups de couteau portés sur elle, selon une source proche du dossier. Pour leur part, les deux juges ont mis face à leurs contradictions les deux hommes, qui semblent avoir collaboré pour mettre le feu à l’appartement, faire disparaître le couteau et s’enfuir, avant de s’accuser mutuellement une fois en garde à vue.

Les enquêteurs examinaient de près les antécédents de Yacine Mihoub, qui mènent vers la piste d’une vengeance personnelle, doublée d’une éventuelle animosité antisémite. Le jeune homme avait été condamné après l’agression sexuelle de la fille de 12 ans de l’aide à domicile de Mireille Knoll et était sorti de prison en septembre 2017. Deux ans et demi plus tôt, en détention, il avait reconnu être l’auteur d’inscriptions sur les murs de sa cellule, au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. « Les frères Kouachi ne sont pas morts pour rien », « A. Coulibaly RIP », avait-il écrit au sujet de ces trois jihadistes auteurs des attaques.

Yacine Mihoub avait par ailleurs consulté des articles et des vidéos antisémites, avait rapporté le Journal du Dimanche, en septembre. Ces éléments ont été découverts après l’analyse du matériel informatique du suspect saisi lors d’une perquisition en mai, et à de nouvelles auditions. L’un des sites consultés dénommait « fils de chien » l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, tandis qu’un autre dénonçait la présence de « trop de Juifs » à la télévision. L’homme aurait également effectué des recherches consacrées à l’islam salafiste, aux Frères musulmans en France et à la haine des chrétiens et des Juifs dans le Coran.

Veuve d’un survivant d’Auschwitz, Mireille Knoll a fui la persécution nazie dans son enfance et a été « assassinée parce qu’elle était Juive », avait affirmé le président Emmanuel Macron.

Le 12 juin 2019, le Conseil de la ville de Paris a voté afin de baptiser une allée de la capitale en son hommage. Elle sera située entre le 11e et le 20e arrondissement, au niveau du boulevard de Ménilmontant.

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