Le Hamas et le Jihad islamique dénoncent le sommet américain sur la crise à Gaza
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Le Hamas et le Jihad islamique dénoncent le sommet américain sur la crise à Gaza

L'Autorité palestinienne refuse de se rendre à la discussion prévue à Washington dans un contexte de tensions après la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des partisans du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien brûlent des drapeaux américains durant une manifestation à Gaza City contre la décision du président Donald Trump de reconnaître  Jérusalem comme capitale d'Israël, le 11 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Mohammed Abed)
Des partisans du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien brûlent des drapeaux américains durant une manifestation à Gaza City contre la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, le 11 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Mohammed Abed)

Les groupes terroristes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique ont dénoncé samedi l’intention de l’administration américaine de réunir des « parties prenantes » à Washington pour évoquer les moyens d’améliorer la situation humanitaire dans la bande de Gaza.

Les deux groupes ont clamé que la rencontre organisée avait pour objectif d’exempter Israël de toute responsabilité dans « la crise humanitaire et économique » qui touche la bande de Gaza.

Ces propos ont été tenus après que l’Autorité palestinienne a indiqué qu’elle n’avait pas l’intention de se rendre à cette réunion.

L’envoyé américain pour la paix au Moyen-Orient Jason Greenblatt avait fait savoir la semaine dernière qu’il y aurait une session de réflexion organisée à la Maison Blanche cette semaine « pour trouver des solutions réelles aux problèmes que le Hamas a causés » dans la bande de Gaza.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Greenblatt n’avait pas donné les noms des parties qui participeraient à cette rencontre. Les Etats-Unis ne négocient ni avec le Hamas, ni avec le Jihad islamique, qui sont des groupes terroristes.

En réponse, le Hamas a accusé les Etats-Unis de tenter « d’exploiter les crises dans la bande de Gaza et les souffrances de la population, d’imposer sa vision d’une solution au Moyen-Orient qui se fera au détriment des Palestiniens ».

Le porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, a estimé que la réunion prévue à Washington avait également pour objectif de venir en aide à Israël « qui réalise que la situation dans la bande de Gaza est au bord de l’explosion en résultat des politiques meurtrières israéliennes ».

Le Jihad islamique, qui est le deuxième groupe terroriste le plus important au sein de l’enclave côtière, a déclaré que la rencontre avait des « visées dangereuses ».

Le but de cette session est de transformer la question de la bande de Gaza en problème humanitaire, a dit le porte-parole du Jihad islamique Daoud Shehab. Cette rencontre, a-t-il ajouté, a pour objectif « d’exempter Israël de ses responsabilités en tant que force d’occupation et de l’aider à dépasser la crise que le pays affronte ».

Le porte-parole du Jihad islamique a ajouté que cette réunion devait ouvrir la voie à une gestion de la bande de Gaza « qui serait séparée des autres zones de la Palestine occupée, ce qui nous ramène au complot visant à isoler ou à exclure la bande de Gaza ».

Le Jihad islamique, a-t-il continué, a la conviction que l’initiative prise par les Américains n’est pas née d’inquiétudes de type humanitaire.

« Les Etats-Unis sont responsables de la crise dans la bande de Gaza à cause de leur opposition à l’accord de réconciliation [entre le Hamas et le parti au pouvoir en Cisjordanie, le Fatah] et en raison de leur soutien apporté aux crimes et aux agressions de l’occupation », a poursuivi Shebab.

Un Palestinien utilise une lampe à gaz en travaillant dans son restaurant lors d’une panne d’électricité dans la bande de Gaza, le 17 novembre 2013 (Crédit photo: Emad Nassar / Flash90)

Précédemment, l’Autorité palestinienne avait fait savoir qu’elle avait décliné l’invitation lancée par l’administration Trump de participer à la rencontre.

S’exprimant au micro de la radio Voix de la Palestine, le membre du comité exécutif de l’OLP Ahmad Majdalani avait accusé les Etats-Unis de tenter de saper l’Autorité palestinienne, affirmant qu’une réunion n’était pas nécessaire parce que Gaza « est une question politique et non humanitaire ».

Ce rejet est survenu dans un contexte de colère palestinienne après la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne par les Etats-Unis et la promesse d’y transférer l’ambassade américaine depuis Tel Aviv au mois de mai.

Les Palestiniens refusent de rencontrer de hauts-responsables américains depuis le mois de décembre.

Cela fait des années que la situation humanitaire se détériore à Gaza et elle s’est encore largement aggravée après la prise de contrôle de l’enclave par le groupe terroriste du Hamas, qui avait déchu l’Autorité palestinienne du pouvoir.

Israël et l’Egypte avaient imposé un blocus strict contre Gaza pour empêcher le Hamas d’importer des armes et des matériaux susceptibles d’être utilisés lors d’attentats terroristes ou pour construire des fortifications et des tunnels. Israël et les Etats-Unis accusent également le Hamas de dépenser des millions de l’argent versé en aides pour des armes.

Ces derniers mois, l’Autorité palestinienne a également retenu le financement nécessaire à la fourniture d’électricité dans la bande, pour tenter de pousser le Hamas à la réconciliation.

L’ensemble de ces éléments auraient placé Gaza « au bord de l’effondrement », selon les Nations unies.

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