Le Juste breton « Tonton Tom » distingué par le Comité Yad Vashem
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Le Juste breton « Tonton Tom » distingué par le Comité Yad Vashem

En 1943, la communauté protestante bretonne de Tremmel s'organise pour sauver la vie de Prossiadi, Bohor et Jacques Lévy

Marie-Emilie, la petite-fille des époux Le Quéré, montre la cachette des Lévy, qui surplombait le temple, où les Allemands venaient parfois à la messe (Crédit: capture d'écran Dailymotion/Le Télégramme)
Marie-Emilie, la petite-fille des époux Le Quéré, montre la cachette des Lévy, qui surplombait le temple, où les Allemands venaient parfois à la messe (Crédit: capture d'écran Dailymotion/Le Télégramme)

A Morlaix, raconte Le Télégramme, habitait une famille juive, les Lévy, réfugiés en France depuis 18 ans.

Quand « la police nazie » débarque le 11 octobre 1943 dans le but d’arrêter tous les membres de la famille, la plupart sont en ville, travaillent et vaquent à leurs occupations.

Sur place ne restent que les grands-parents, que la police épargne, et la « jeune tante, Esther, 22 ans » qui sera déportée à Drancy, et qui mourra gazée à Auschwitz.

Mais Prossiadi et Bohor, les parents et leur fils Jacques sont maintenant dans le viseur de la police et doivent trouver un refuge. C’est la communauté protestante de Tremmel qui le leur procurera.

« Le trajet qui mène la petite famille vers la mission baptiste est épique », écrit Jean-Yves Carluer, historien spécialiste du protestantisme en Bretagne, auteur de plusieurs articles sur « Les Justes de Trémel », cité par Le Télégramme. « Ils sont véhiculés par François Le Lay, boulanger à Plourin (29), cachés dans sa carriole à cheval sous une fournée de gros pains. Ils sont arrêtés en chemin par un barrage allemand. Le boulanger tend en souriant un pain à la patrouille qui le remercie et les laisse passer ».


Trémel (22). Marie et Guillaume Le Quéré… by Le telegramme

Les Lévy devenus les Leroy, resteront un an à Uziel, à proximité de Tremmel, dans une dépendance du temple.

Jacques qui avait alors 15 ans, se souvient de sa cachette située dans les combles: « « Le dimanche, il n’était pas rare de voir des Allemands venir prier au temple. On les voyait par les interstices du plancher pendant l’office. Il ne fallait faire aucun bruit et se préparer à fuir »

Le nom de leur protecteur, Marie et Guillaume Le Quéré, surnommé Tonton Tom, sera inscrit au Mémorial de la Shoah et une plaque portant leurs noms sera apposée au Jardin des Justes à Yad Vashem à Jérusalem.

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