Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, aurait informé les États-Unis que le Hezbollah serait prêt à signer un cessez-le-feu total avec Israël dont le haut responsable à Beyrouth se serait engagé à garantir l’application.
« J’ai appelé dimanche l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, pour lui dire au nom du président Berri que le Hezbollah était prêt à s’engager totalement en faveur d’un cessez-le-feu global et que nous étions prêts à le garantir », a déclaré au site d’information Axios Ali Hamdan, conseiller de Berri.
Selon Axios, le cessez-le-feu que le Hezbollah serait disposé à accepter permettrait à Israël de maintenir sa vaste zone tampon dans le sud-Liban.
Nabih Berri entretient de bonnes relations avec le Hezbollah, mais il est loin d’être certain que le haut législateur puisse garantir le respect du cessez-le-feu par le groupe terroriste.
Hamdan a confirmé que les États-Unis avaient proposé un cessez-le-feu partiel ce week-end, exigeant du Hezbollah qu’il cesse ses frappes sur le nord d’Israël en échange de l’engagement de Tsahal de ne pas frapper Beyrouth.
Un responsable américain a déclaré à Axios que la réponse de Berri à la proposition de Washington avait été « évasive et décevante » — une accusation rejetée par Hamdan.
« La proposition que nous avons reçue prévoyait l’absence d’attaques du Hezbollah contre le nord d’Israël et qu’en retour, Israël ne bombarderait pas Beyrouth, puis que le cessez-le-feu s’étendrait progressivement à d’autres zones. La réponse du président Berri a été : « Pourquoi un cessez-le-feu partiel ? Allons vers un cessez-le-feu complet » », explique Hamdan.
Au lieu de cela, Berri a proposé un cessez-le-feu total sur terre, dans les airs et en mer, incluant en outre l’arrêt des démolitions de maisons par Israël dans le sud-Liban.
Hamdan a indiqué à Axios que Berri avait échangé des messages avec le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, que l’on pense caché.
« Nous sommes certains que le Hezbollah respectera un cessez-le-feu total. Nous pensons que ce sera plus productif. Nous savons que le temps presse », a assuré Hamdan.
Le responsable américain précédemment cité par Axios a confirmé auprès du site d’information sa première opinion sur la réponse de Berri.
Bien que les États-Unis exhortent depuis des mois Israël à ne pas frapper Beyrouth, les autorités se sont jusque-là abstenues de le faire publiquement, ou même de manière anonyme dans la presse.
« Les États-Unis ne pensent pas qu’Israël va supporter la poursuite des attaques contre ses civils de la part d’une organisation terroriste », a déclaré le responsable américain à Axios, laissant entendre que l’opposition de Washington aux frappes à Beyrouth pourrait s’assouplir.