Le Panthéon, tombeau des « Grands hommes » français
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Le Panthéon, tombeau des « Grands hommes » français

Simone Veil sera la première femme juive à entrer au Panthéon, et son mari sera le premier homme à y faire son entrée en tant qu'époux

Le Panthéon, Paris (Crédit : Roman Bonnefoy/CC BY SA 3.0)
Le Panthéon, Paris (Crédit : Roman Bonnefoy/CC BY SA 3.0)

Le Panthéon, où Simone Veil sera la cinquième femme à faire son entrée, est depuis plus de cent ans la nécropole laïque des « grands hommes » français, dont la « patrie reconnaissante » veut honorer la mémoire.

Simone Veil, rescapée de la Shoah et symbole du combat pour l’émancipation féminine, reposera au Panthéon pour lui témoigner « l’immense remerciement du peuple français à l’un des ses enfants tant aimés », a annoncé mercredi le président Emmanuel Macron.

Son mari, le défunt Antoine Veil, auprès de qui elle souhaitait reposer, sera également transféré dans ce « temple » de la République. Ce sera la première fois qu’un homme fera son entrée au Panthéon en tant qu’époux.

Un peu d’histoire

Cet imposant édifice domine la montagne Sainte Geneviève, l’une des buttes de Paris.

Au Moyen-Âge, une abbaye occupait cet emplacement, où étaient conservées les reliques de Sainte Geneviève. A la demande de Louis XV, une nouvelle église fut construite entre 1764 et 1790.

Antoine et Simone Veil, devant l'Institut de France, à Paris, le 16 juin 2011. (Crédit : Thomas Samson/AFP)
Antoine et Simone Veil, devant l’Institut de France, à Paris, le 16 juin 2011. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

Pendant la Révolution française, en 1791, l’Assemblée constituante transforme l’église en nécropole nationale. Le Panthéon, d’après un mot grec qui désigne l’ensemble des dieux, devient un temple destiné à « recevoir les grands hommes de l’époque de la liberté française ».

Mirabeau, l’un des inspirateurs de la Révolution, est le premier à y entrer le 4 avril 1791. Il est suivi par Voltaire, puis Jean-Jacques Rousseau en 1794.

En 1806, Napoléon rend l’édifice au culte. Les dépouilles de Voltaire et de Rousseau sont reléguées sous le péristyle. Sous Louis-Philippe, l’église redevient Panthéon. Napoléon III lui rend son nom d’église Sainte-Geneviève.

Le 1er juin 1885, l’inhumation de Victor Hugo restitue définitivement son « temple » à la République.

Qui est panthéonisé ?

Des politiques, des écrivains, des scientifiques, quelques religieux et beaucoup de militaires.

Parmi les 80 « panthéonisés », plusieurs, comme le poète Aimé Césaire, n’ont cependant pas eu leur dépouille transférée dans la crypte. Le philosophe René Descartes attend son transfert depuis trois siècles.

Les écrivains Victor Hugo, Emile Zola (1908), le résistant Jean Moulin (1964), la scientifique Marie Curie (1995), puis l’auteur des « Trois mousquetaires » Alexandre Dumas (2002) ont été reçus au Panthéon lors de cérémonies particulièrement émouvantes.

Germaine Tillion. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Germaine Tillion. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Quatre grand résistants (Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay) sont les derniers « panthéonisés » en 2015.

Plusieurs personnes ont été retirées du Panthéon après un revirement de la vie politique. La dépouille de Mirabeau fut ainsi remplacée par celle de Marat avant que ce dernier ne soit lui-même exclu.

Quatre femmes

Seules quatre femmes y sont actuellement inhumées sous la devise, inscrite au fronton : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ».

Sophie Berthelot, distinguée « en hommage à sa vertu conjugale », y est enterrée avec son mari le chimiste et homme politique Marcelin Berthelot en 1907.

Les cendres de Marie Curie y ont été transférées en 1995 avec celles de son époux Pierre, avec qui elle partage le prix Nobel de physique.

En 2015, elles ont été rejointes par Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

La volonté du président

En 1791, c’est l’Assemblée constituante qui décide d’inhumer une personnalité au Panthéon, puis c’est la Convention, en 1794, qui prend le relais. Elle décide notamment de l’inhumation de Rousseau mais aussi le retrait de Mirabeau en 1794 et de Marat.

Sous le Premier Empire, la décision revient à Napoléon 1er avant d’être confiée aux députés sous la IIIe République.

Aujourd’hui, le choix revient au président mais la famille du défunt peut toujours refuser. En 2009, la famille de l’écrivain Albert Camus s’était opposée à cette idée du président Nicolas Sarkozy.

Pour voir la cérémonie en entier : 

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