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Le parti Sionisme religieux va choisir entre la droite dure et l’extrême droite

Les candidats se disputent les places derrière le leader du parti, Bezalel Smotrich, qui s'efforce d'adoucir l'image dure de la faction et d'attirer les électeurs de Yamina

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Bezalel Smotrich, chef du parti Sionisme religieux, à droite, et la députée Orit Strock lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 1er novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Bezalel Smotrich, chef du parti Sionisme religieux, à droite, et la députée Orit Strock lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 1er novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le parti de droite Sionisme religieux s’apprête à organiser sa toute première primaire mardi, avec ses 24 000 membres enregistrés qui auront la possibilité de déterminer la composition de sa liste à la Knesset en choisissant parmi une série de candidats allant des nationalistes traditionnels aux extrémistes ultra-conservateurs.

Le chef du parti, Bezalel Smotrich, a convoqué des primaires dans l’espoir que le parti puisse attirer des voix plus libérales sur le plan religieux, qui se disputeront les voix du parti Yamina, qui ne cesse de s’étioler. Des sources du parti affirment que la bataille principale se déroulera entre ceux la droite dite « dure » et l’extrême droite.

Les primaires se dérouleront malgré les efforts en cours pour pousser le parti d’ultra-droite Otzma Yehudit du député Itamar Ben Gvir à s’allier au Sionisme religieux, ce qui donnerait lieu à une liste combinée. Une telle alliance atténuerait probablement l’importance des primaires, mais amplifierait, par ailleurs, l’importance d’être en tête des votes afin d’être mieux protégé contre le retrait de la liste.

Les sources du parti ont déclaré à plusieurs reprises que les primaires avaient été convoquées en grande partie pour apporter une représentation plus large à la liste de candidats. Le parti vise la poignée de sièges de droite à pourvoir à la Knesset suite à l’effondrement de Yamina, qui a perdu son soutien depuis que son leader, Naftali Bennett, a rejoint une coalition de grande envergure en échange de son poste de Premier ministre.

Plusieurs autres partis de droite se démènent pour récupérer les voix que Yamina a laissées sur la table, dont le parti Esprit sioniste, dirigé par Ayelet Shaked. Les deuxième et troisième places au sein d’Esprit sioniste sont occupées par Yoaz Hendel et Amitai Porat, dont les pères, Zvi Hendel et Hanan Porat, avaient fondé le parti Tekuma, rebaptisé par Smotrich l’année dernière sous le nom « Sionisme religieux ».

Environ un tiers des électeurs de Yamina s’identifient comme des sionistes religieux, mais beaucoup d’entre eux hésitent à s’aligner sur le parti éponyme en raison de sa position intransigeante sur les non-Juifs et les Palestiniens, ainsi que des associations de certains membres de sa liste avec des mouvements ultra-nationalistes notoirement racistes.

Le politicien de droite israélien, Bezalel Smotrich, prenant la parole lors d’un rassemblement contre la démolition de structures dans l’avant-poste illégal de Homesh, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Le principal obstacle pour les 16 candidats de la liste du parti à la Knesset est l’opposition des partisans de la ligne dure aux membres légèrement plus libéraux. Néanmoins, tous les politiciens du parti sont solidement ancrés à droite, favorables au mouvement pro-implantations et opposés à tout alignement sur les partis arabes.

Du côté plus libéral, on trouve des politiciens comme Simcha Rothman, qui s’est fait un nom lors de la dernière législature de la Knesset en prônant une réforme judiciaire et des politiques économiques de marché libre. Yosef Speizer, un membre du conseil municipal de Jérusalem qui a occupé une place sur la liste de Yamina en 2021, est l’un des derniers à avoir rejoint ce camp.

À l’autre extrême, on trouve des législateurs comme Orit Struck, une figure importante de la communauté juive d’Hébron qui a travaillé pour défendre les résidents d’implantations accusés de violences contre des Palestiniens.

L’autre camp comprend le nouveau venu Arnon Segal, fils du rédacteur en chef de Makor Rishon, Hagai Segal, et frère du commentateur politique de la Douzième chaîne, Amit Segal. Segal est principalement connu comme défenseur de la modification du statu quo sur le Mont du Temple de Jérusalem, sujet à controverse politique, afin de permettre le culte juif sur le lieu saint.

Arnon Segal, à droite, avec des visiteurs juifs sur le Mont du Temple, en septembre 2014. (Crédit : Page Facebook de Michael Naftali Unterberg)

Dans ce camp, beaucoup sont plus religieux, tendant vers un mélange messianique de nationalisme et d’idéologie haredi.

Bien que Smotrich soit autorisé à placer des candidats sur la liste de son parti, il n’a pas encore déclaré s’il avait l’intention d’utiliser ce pouvoir pour augmenter la composition de la liste, attendant probablement le résultat des primaires.

Il n’aura peut-être pas d’autre choix que de déplacer des individus, si les discussions sur l’alliance avec Otzma Yehudit venaient à porter leurs fruits.

Les sondages ont montré qu’une liste combinée obtiendrait 10 à 13 sièges lors des élections à la Knesset le 1er novembre, tandis que le Sionisme religieux tomberait à environ la moitié de ce chiffre sans Ben Gvir.

Le député Itamar Ben Gvir, du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, visitant le marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 22 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu, l’entremetteur qui a réuni Smotrich et Ben Gvir, continue à essayer de raviver la flamme. Lundi, il a déclaré à la Treizième chaîne qu’ils feront « tout pour les unir ».

Les deux partis ont jusqu’à la remise des listes définitives de candidats, le 15 septembre, pour régler les derniers détails.

Les résultats des primaires sont attendus mardi soir, car la plupart des votes devraient être effectués par voie électronique, bien que le parti dispose également de quatre bureaux de vote physiques à Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva et Petah Tivka.

Bien que l’âge légal pour voter pour la Knesset soit de 18 ans et qu’Israël n’autorise pas le vote par correspondance, les règles des primaires sont déterminées par les partis. Le Sionisme religieux a ouvert ses primaires aux membres du parti dès l’âge de 17 ans, et le vote peut se faire par voie électronique de n’importe où.

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