Le passé de la Cité de David revisité à travers des technologies futuristes
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Le passé de la Cité de David revisité à travers des technologies futuristes

Le site touristique extrêmement populaire de Jérusalem a donné aux visiteurs une expérience audiovisuelle incluant une “fresque lumineuse”

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

La nouvelle attraction nocturne "Hallelujah" de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : AVS)
La nouvelle attraction nocturne "Hallelujah" de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : AVS)

Il y a trente ans, Shaul Goldstein partit en promenade avec son ami David Beeri parmi les amas de pierres négligés dans l’antique Cité de David, située juste devant la Vieille Ville de Jérusalem. Beeri partagea alors son rêve de voir un jour ce site historique restauré, autant dans sa structure que dans le cœur et l’âme du peuple juif.

Beeri, récent lauréat du Prix Israël, allait par la suite mettre sur pieds la Fondation pour la Cité de David, tandis que Goldstein est à la tête de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, qui supervise le parc de la Cité de David.

Lors d’une fête donnée le mois dernier pour l’inauguration d’un nouveau spectacle nocturne audiovisuel et multimédia, intitulé « Hallelujah », ceux qui ont transformé la Cité de David en l’un des sites touristiques les plus fréquentés du pays ont reçu des félicitations émerveillées.

Beeri, portant à cette occasion un toast au champagne, a demandé à la foule : « Un site touristique bondé est-il une bonne ou une mauvaise chose ? Nous avons fait notre possible pour nous assurer que cet endroit serait bondé. Et nous travaillons très dur pour nous assurer qu’il le soit encore plus. »

Alors que le site est déjà rempli au maximum de sa capacité durant la journée – la Cité de David attire environ un demi-million de visiteurs chaque jour – Beeri et les membres de son équipe ont décidé de créer une attraction touristique nocturne. Donnant le coup d’envoi en l’honneur du 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem, la première de ce nouveau « spectacle » a eu lieu en présence du ministre du Tourisme, Yariv Levin, du ministre des Affaires de Jérusalem, Zeev Elkin, et du maire de Jérusalem, Nir Barkat.

La nouvelle attraction nocturne "Hallelujah" de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : AVS)
La nouvelle attraction nocturne « Hallelujah » de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : AVS)

La très impressionnante expérience nocturne est divisée en deux chapitres d’une même histoire. Dans le premier, un grand-père et archéologue à l’accent américain reçoit la visite de son petit-fils israélien alors qu’il est en train de faire des fouilles sur le terrain de stationnement Givati, l’endroit où le film est projeté sur ce qui était autrefois un mur de soutènement du parking.

Les ruines présentes dans le parc sont toutes illuminées par des projecteurs colorés, avant que le film ne commence avec une séquence rythmée qui rappelle le célèbre spectacle de percussion-pantomime « Stomp ». Le scénario du film est une mini-aventure mettant en scène le petit-fils, suivi de près par son érudit de grand-père qui avance tant bien que mal.

Sur fond de musique spectaculaire, le public reçoit une leçon d’histoire pour laquelle de véritables objets antiques trouvés sur les lieux sont utilisés. Les producteurs y mêlent des séquences de dessins animés – chacun ayant son propre style artistique correspondant à la période historique qu’il décrit. Par cette intrigue floue, nous nous instruisons quant à la manière dont un roi d’Israël était oint, quant à la révolte des Macchabées et quant à la construction d’une église byzantine. (Il n’est pas fait référence à la période musulmane de l’histoire de Jérusalem.)

La nouvelle attraction nocturne "Hallelujah" de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : AVS)
La nouvelle attraction nocturne « Hallelujah » de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : AVS)

A la fin du premier film, le petit-fils trouve une pièce de monnaie, sur laquelle il est écrit « yehud » – soit « Juif ». C’est un exemple des premières pièces juives, qui ont été frappées dans la province de Judée (probablement à Jérusalem) lors du retour des Juifs à Jérusalem après l’Exil babylonien. La pièce sert de bande-annonce pour le deuxième film, bien plus intense, qui est situé dans ce que les archéologues nomment la Zone G de la Cité de David, quelques mètres plus loin.

Durant le court trajet à travers une ruelle lourdement gardée, en direction du deuxième film, nous avons croisé Oriya Dasberg, directrice du développement de projets pour la Cité de David. A la question de savoir pourquoi le grand-père avait été doté d’un accent américain, elle a répondu qu’en raison du nombre important de bénévoles et de travailleurs étrangers ayant donné de leur temps pour le parc, « cela semblait la bonne chose à faire ». Il s’agit, a-t-elle ajouté, d’un geste symbolisant « le rassemblement des exilés ».

Au son du muezzin appelant les fidèles musulmans à la prière, le ministre du Tourisme Levin a déclaré à la foule que la Cité de David, située dans la Jérusalem Est musulmane, faisait à présent partie du consensus israélien. « Peu importe vos croyances ou vos opinions politiques, ou même si vous êtes juifs […], ici, vous avez la possibilité de marcher dans les pas de l’Histoire – celle du peuple juif et celle de l’humanité en général », a-t-il dit.

Se tournant vers Beeri, et faisant référence aux plans concernant un téléphérique qui relierait le parc au mur Occidental, Levin a dit : « si jusqu’à présent, vous avez creusé dans le sol, à partir de maintenant, c’est le ciel qui est la frontière. »

La nouvelle attraction nocturne "Hallelujah" de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : Dudi Vaaknin/Cité de David)
La nouvelle attraction nocturne « Hallelujah » de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : Dudi Vaaknin/Cité de David)

Le ministre des Affaires de Jérusalem, Elkin, a raconté que peu après avoir immigré en Israël en provenance de l’Union soviétique en 1990, étant devenu guide touristique, il amenait des groupes sur le Zone G – la première section de la Cité de David à faire l’objet de fouilles – et au Puits de Warren. « A l’époque, nous avions besoin d’une jeep de l’armée pour y accéder. Aujourd’hui, les gens viennent ici sans problème », a-t-il déclaré.

« Cet endroit, ainsi que la montagne au-dessus, représentent l’ancrage de notre droit à vivre ici, a dit Elkin. Nous avons rendu cette histoire aux Juifs, ainsi qu’aux non-Juifs. »

Le maire Nir Barkat a dit qu’il amenait souvent à la Cité de David des groupes ayant des opinions divergentes sur la question de savoir si un projet d’une telle ampleur devrait être situé dans une région traditionnellement arabe.

« Je leur dis : ‘Les rois et les prophètes se sont promenés ici’. Cela les émeut », a-t-il dit.

« Il n’y a pas de meilleur investissement pour les futures générations que dans l’ancienne Jérusalem », a ajouté Barkat.

Le deuxième film décrit l’histoire du personnage biblique Néhémie et du retour à Sion après la destruction de Jérusalem par les Babyloniens, il y a près de 2 500 ans. Utilisant une nouvelle technologie appelée « fresque lumineuse », le film multi-sensoriel est projeté sur les antiquités elles-mêmes, notamment sur un mur dont on pense qu’il a été érigé par Néhémie pendant une course spectaculaire de 52 jours ayant pour but de reconstruire les fortifications.

« Le défi était de créer quelque chose d’innovant qui puisse transmettre un récit historique ; c’est pourquoi nous avons choisi la technologie la plus avancée, qui permet au spectateur de vivre une expérience complète », a déclaré Dasberg.

« L’authenticité est préservée par le fait de la projection sur les antiquités elles-mêmes, et il est important de noter que cette technologie ne nécessite aucune intervention sur l’espace archéologique même, ce qui est en soi un défi », a-t-elle ajouté.

Le projet a été conçu et produit au cours des huit dernières années par la compagnie AVS, qui a créé des attractions de Las Vegas à Pékin.

La nouvelle attraction nocturne "Hallelujah" de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : Dudi Vaaknin/Cité de David)
La nouvelle attraction nocturne « Hallelujah » de la Cité de David, à Jérusalem. (Crédit : Dudi Vaaknin/Cité de David)

« Dans ce spectacle, ce sont les pierres elles-mêmes qui racontent l’histoire et c’est là que réside la complexité », a déclaré Malki Shem Tov, dirigeant d’AVS.

Le résultat est excitant, impressionnant et approprié pour toute la famille – ce qui est en soi une prouesse. Le terrain Givati étant occupé par le spectacle, se garer la nuit va très bientôt devenir nettement plus compliqué aux abords de la Cité de David.

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