Le « putsch » en Jordanie est sans danger pour Israël, pas le malaise avec le roi
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Analyse

Le « putsch » en Jordanie est sans danger pour Israël, pas le malaise avec le roi

Derrière le conflit entre Abdullah et son demi-frère se cachent de réelles frustrations parmi les Jordaniens pour un régime que Jérusalem considère comme un rempart sécuritaire

Lazar Berman

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les forces de sécurité jordaniennes montent la garde alors que les manifestants brandissent des drapeaux jordaniens et scandent des slogans lors d'une manifestation aux abords de l'ambassade israélienne, à Amman, le 28 juillet 2017. (Crédit : AFP Photo/Khalil Mazraawi)
Les forces de sécurité jordaniennes montent la garde alors que les manifestants brandissent des drapeaux jordaniens et scandent des slogans lors d'une manifestation aux abords de l'ambassade israélienne, à Amman, le 28 juillet 2017. (Crédit : AFP Photo/Khalil Mazraawi)

La Jordanie était en proie à une rare intrigue de palais : le demi-frère du roi Abdallah II, le prince Hamzah, avait été placé en résidence surveillée, car  accusé de fomenter un coup d’État.

Cet épisode dramatique et très public – qui semble avoir touché à sa fin – est une source potentielle de préoccupation importante pour Israël, qui considère la stabilité du royaume hachémite comme un élément central de sa doctrine de sécurité nationale.

Depuis sa fondation, Israël a entretenu un certain niveau de coopération avec la Jordanie en matière de sécurité. Dans les jours précédant la guerre du Kippour de 1973, le roi Hussein de Jordanie a rencontré secrètement la Première ministre Golda Meir près de Tel Aviv pour la mettre en garde contre l’invasion arabe imminente. La coopération s’est intensifiée à la suite du traité de paix de 1994 entre les parties, et bien que les liens diplomatiques se soient souvent effilochés, les relations militaires ont été particulièrement étroites au fil des ans, les avions israéliens et jordaniens ayant même éloigné ensemble les avions russes en Syrie en 2016 dans une ferme démonstration de détermination.

Israël considère la Jordanie comme un tampon fiable contre les États hostiles situés à l’est – autrefois l’Irak, aujourd’hui l’Iran. La frontière d’Israël avec la Jordanie, et la frontière contrôlée par Israël entre la Cisjordanie et la Jordanie, est restée une oasis de tranquillité, alors même que les mandataires armés de l’Iran se retranchent de Bagdad à Beyrouth et que les groupes djihadistes se renforcent dans le Sinaï.

Un régime affaibli à Amman pourrait créer un vide de pouvoir qui permettrait aux groupes terroristes de prendre pied tout le long de la frontière jordanienne avec Israël et la Cisjordanie. Les réfugiés palestiniens en Jordanie pourraient inspirer de dangereux troubles en Cisjordanie, et des éléments beaucoup plus radicaux pourraient remplacer le Waqf islamique financé par la Jordanie sur le mont du Temple. L’Iran chercherait aussi probablement à profiter du chaos pour ouvrir un nouveau front contre Israël.

Hamzah n’est pas sur le point de diriger un coup d’état qui déstabiliserait la Jordanie, certainement pas sans le soutien d’une partie importante de l’armée. Mais derrière le drame qui se joue, il y a de réelles frustrations dans la société jordanienne qui, si elles continuent de s’amplifier, pourraient menacer les fondements du régime d’Abdallah.

Des Jordaniens participent à une manifestation après la prière du vendredi dans la capitale Amman, le 24 février 2017, contre la décision du gouvernement d’imposer de nouvelles taxes sur une série de biens et de services, appelant le cabinet à démissionner. (AFP/ Khalil MAZRAAWI)

« C’est un peu plus que la simple frustration du prince, mais beaucoup moins qu’une tentative de coup d’État », a déclaré Oded Eran, chercheur principal à l’Institute for National Security Studies de Tel Aviv et ancien ambassadeur d’Israël en Jordanie.

En Jordanie, la frustration couve depuis des années dans un contexte de difficultés économiques, de répression politique et de doutes sur la légitimité d’Abdallah. Au cours de l’année écoulée, la pandémie de COVID-19 a encore exacerbé de nombreux griefs de l’opinion publique, bien que cela se fasse principalement dans le cadre du contrôle strict de la liberté d’expression par la monarchie.

Bien que le soutien au monarque reste fort, les fissures ont le potentiel de faire s’écrouler l’ensemble de l’édifice du régime hachémite, avec des effets délétères pour Israël et sa sécurité.

Demi-frères et vrais rivaux

Le drame royal qui s’est joué à Amman trouve son origine dans la rivalité de longue date entre Abdallah et Hamzah.

Le prince Hamzah de Jordanie, (à gauche), à côté de sa mère, la reine Noor, durant sa cérémonie de mariage à Amman, le 27 mai 2004. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Une semaine seulement avant sa mort en 1999, le roi Hussein de Jordanie a radicalement retiré à son frère Hassan le titre de prince héritier, qu’il avait porté pendant 36 ans. À la place, le fils d’Hussein, Abdallah, alors général dans l’armée jordanienne, a été nommé héritier du royaume.

Mais sur son lit de mort, Hussein a également demandé à Abdallah, dont la mère était la seconde épouse de Hussein, Muna, de nommer Hamzah, né 18 ans plus tôt de sa quatrième et dernière épouse Noor, comme prince héritier.

« [Hamzah] aurait été le fils préféré d’Hussein », écrivait le Los Angeles Times juste après la mort d’Hussein. « De nombreux Jordaniens pensent que Hamzah, du fait de l’influence considérable de Noor, aurait été choisi à la place d’Abdallah si ce n’était son âge. »

Le roi Abdallah de Jordanie, (à gauche), avec son demi-frère, le prince Hamzah Bin Hussein, le 2 avril 2001. (Crédit : AP Photo/Yousef Allan)

Dans un premier temps, Abdallah a honoré le souhait de son père et a nommé son demi-frère prince héritier, mais dès son accession au trône, beaucoup s’attendaient à ce qu’il prenne une autre direction.

« Abdallah ne sera jamais en mesure d’apaiser les soupçons selon lesquels il fera à Hamzah ce que Hussein a fait à Hassan, c’est-à-dire nommer son propre fils comme successeur à la place de son frère », écrivait Robert Satloff du Washington Institute en avril 1999.

Cinq ans seulement après le début de son règne, Abdallah passe à l’action. Après s’être présenté aux prières de l’Aïd al-Fitr à la fin du Ramadan avec son fils de 10 ans, Hussein, à ses côtés à la place de Hamzah, le roi a convoqué une réunion de la famille royale au cours de laquelle il a déchu Hamzah, alors âgé de 23 ans, de son titre.

La rivalité, qui s’est répercutée sur la famille royale, s’est enrobée d’un soupçon de doute concernant la légitimité d’Abdallah en tant que roi de Jordanie.

Sa mère est la très anglaise Antoinette Avril Gardiner, une convertie à l’islam qui a changé de nom lorsqu’elle a épousé Hussein.

Abdallah lui-même a passé la majeure partie de ses années de formation au Royaume-Uni et aux États-Unis, fréquentant la Deerfield Academy, Sandhurst, l’Université d’Oxford et l’Université de Georgetown. Si son anglais est impeccable, son arabe, durant les premières années de son règne, a été qualifié d’imparfait.

Le roi Abdallah II de Jordanie, (à droite), et ses frères, le prince Faisal, (au centre), et le prince Hamzah, (à gauche), se tiennent ensemble pendant l’hymne national à l’ouverture d’un déjeuner royal dans l’enceinte du palais royal à Amman, en Jordanie, sur cette photo d’archive du 26 mai 2004, marquant les célébrations d’État pour le mariage de Hamzah. (AP Photo/Hussein Malla)

Un tel pedigree était problématique pour le chef des Hachémites, qui est la plus ancienne dynastie du monde musulman, et qui revendique une lignée directe depuis Mahomet. Abdallah est le 41e descendant direct du prophète Mahomet.

« La mère de Hamzah est née musulmane, et Hamzah est donc un musulman plus authentique que le roi » aux yeux de nombreux Jordaniens, a déclaré un spécialiste du Moyen-Orient qui a demandé à ne pas être nommé.

De nombreux Jordaniens frustrés par les politiques du régime se sont rangés derrière Hamzah et pourraient voir dans les manœuvres visant à le mettre sur la touche sous le prétexte d’un prétendu coup d’État une tentative de marginaliser leurs préoccupations.

« Depuis le début, dans certains cercles tribaux, dans certains cercles jordaniens de l’Est, il y a eu ce courant sous-jacent selon lequel Hamzah a été maltraité », a déclaré Joshua Krasna, chercheur au Centre Moshe Dayan de l’Université de Tel Aviv, en référence aux Jordaniens nationalistes de la rive Est.

Le mariage d’Abdallah avec Rania, dont les parents sont Palestiniens, n’a guère contribué à le rendre sympathique aux habitants de la Cisjordanie, qui sont conscients de l’influence croissante des hommes d’affaires palestiniens urbains à mesure que la Jordanie libéralise son économie, et qui craignent éternellement que leur pays ne devienne la « patrie alternative » des Palestiniens. Des Jordaniens de Cisjordanie ont scandé lors de matchs de football : « Divorce d’elle, père d’Hussein, et nous te marierons à deux des nôtres ».

Si la critique directe du roi est illégale en Jordanie, la reine a été dénoncée comme étant corrompue et exerçant une influence indue. Si une partie de l’opprobre est effectivement dirigée contre la reine elle-même, une partie au moins est considérée comme dirigée en réalité contre le roi ou la famille royale.

Associé à un soutien faiblissant – mais toujours fort – à Abdallah, le mécontentement de Hamzah d’être tenu à l’écart des allées du pouvoir a motivé ses critiques publiques et privées du roi, mais les observateurs ne pensent pas que l’ancien prince héritier essayait de faire tomber son demi-frère.

Le roi Abdallah II de Jordanie et le prince héritier Hussein (à droite) arrivent pour la session parlementaire d’ouverture dans la capitale Amman, le 10 novembre 2019. (Khalil Mazraawi/AFP)

La popularité de Hamzah et les critiques qu’il a formulées sur les médias sociaux « ont fait de lui une nuisance pour le roi, qui prépare son fils Hussein à prendre la relève un jour ou l’autre », a expliqué un journaliste basé en Jordanie qui a requis l’anonymat.

De nombreux détracteurs du régime – pour des raisons tant de légitimité que de corruption – soutiennent de plus en plus Hamzah. « Il jouit d’une grande popularité parmi les Jordaniens de la rive orientale, explique le journaliste jordanien, et sa popularité a grimpé en flèche ces dernières années, alors que le pays était confronté à des défis économiques et sociaux critiques, sur fond d’allégations de corruption au plus haut niveau. Ce dernier épisode, indépendamment de la véracité des accusations, a polarisé les Jordaniens, beaucoup d’entre eux montrant encore plus de sympathie pour lui. »

Tribulations tribales

Les groupes tribaux, traditionnellement considérés comme le socle du soutien au régime, se sont montrés de plus en plus critiques à l’égard non seulement du gouvernement, mais aussi de l’ensemble du système en place ces dernières années.

Le soutien des tribus à la monarchie n’a jamais été aussi solide qu’il est souvent décrit. La relation a toujours été largement transactionnelle, le régime offrant des emplois et des services en échange d’un soutien politique. L’alliance connaît parfois des ruptures, comme ce fut le cas lors des manifestations massives de 1989 contre la hausse des prix du carburant, qui ont abouti à des réformes politiques.

En 2011, au début du printemps arabe, des dizaines d’organisations de jeunes militants tribaux se sont regroupées au sein du mouvement Hirak. Au lieu de revendications économiques, sur lesquelles la plupart des protestations tribales s’étaient concentrées par le passé, les manifestations du Hirak portaient explicitement sur le changement démocratique. Ils voulaient de nouvelles lois électorales et la fin de la corruption, et beaucoup ont même appelé à un changement de régime, adoptant les slogans révolutionnaires utilisés dans les pays où les autocrates arabes ont été déposés cette année-là.

Les manifestants du Hirak n’ont pas seulement discuté de la question de savoir si Abdallah devait se retirer, ils ont également débattu de la modification des lois de succession afin que Hamzah puisse le remplacer à la place du prince héritier Hussein.

Contrairement aux groupes islamistes et de gauche qui ont traditionnellement constitué le peu d’opposition politique que le régime autorise comme soupape de pression, Abdallah a sévèrement réprimé les Hirakis, signe qu’Amman les considère comme une menace réelle.

Des Jordaniens participent à une manifestation après la prière du vendredi dans la capitale Amman, le 24 février 2017, contre la décision du gouvernement d’imposer de nouvelles taxes sur une série de biens et de services, appelant le gouvernement à démissionner. (AFP/Khalil Mazraawi)

« En l’absence de partis politiques puissants, ils apparaissent aujourd’hui comme la véritable opposition, et c’est pourquoi ils ont été pris pour cible par l’État et beaucoup sont détenus sans procès », a déclaré le journaliste jordanien.

Les islamistes du royaume – en particulier les Frères musulmans et leur branche politique, le Front d’action islamique – représentent l’opposition principale, et avaient un accord tacite avec le régime sur les limites de leurs activités au fil des ans. Cela a changé récemment, le régime ayant déclaré l’organisation illégale en 2014 et confisqué ses biens.

Le mouvement du Hirak constitue « une menace bien plus grande que les manifestants islamistes », écrivait en 2014 le professeur Sean L. Yom de l’université Temple, « car il a livré une opposition incontrôlée et tapageuse depuis le cœur d’une campagne tribale historiquement alliée à la couronne. »

Des manifestants jordaniens se disputent avec des membres de la gendarmerie et des forces de sécurité lors d’une manifestation devant le bureau du Premier ministre dans la capitale Amman, le 2 juin 2018 en fin de journée. (AFP PHOTO / Khalil MAZRAAWI)

Le journaliste jordanien a noté que Hussein avait récemment commencé à essayer d’imiter Hamzah en visitant les zones tribales, cherchant à consolider son soutien parmi les groupes clés.

On pense que la mise à l’écart de « Hamzah » facilitera la tâche du prince héritier qui succédera à son père », a déclaré le journaliste.

Politique de pandémie

La pandémie de COVID-19 n’a fait qu’intensifier le mécontentement dans le royaume.

Le confinement strict de la Jordanie a d’abord été efficace pour ralentir la propagation du virus, mais il a fait des ravages sur l’économie. Le chômage a atteint près de 25 % à la fin de 2020, l’économie ayant subi sa pire contraction depuis des décennies.

Le Théâtre romain d’Amman vide le 18 mars 2020, alors que la Jordanie prend des mesures pour lutter contre la propagation du coronavirus COVID-19. (Khalil Mazraawi/AFP)

L’affaire Hamzah « intervient dans un contexte de détérioration de la situation économique », a déclaré Eran. « L’une des principales sources de revenus est le tourisme, et le tourisme s’est totalement arrêté, en plus du confinement. Les prix des produits de base augmentent. »

Pour aggraver les difficultés, le ramadan commence cette semaine, et la demande de denrées alimentaires de base va augmenter considérablement.

« Les défis économiques, notamment dans le cadre de la pandémie, ont donné un nouvel élan aux Hirakis qui deviennent plus véhéments dans leurs critiques, notamment sur les médias sociaux », a déclaré le journaliste jordanien.

La gestion de la crise sanitaire par la Jordanie fait également l’objet de critiques. Le nombre de décès a grimpé en flèche le mois dernier, atteignant une centaine par jour, et le gouvernement a dû réfuter les rumeurs de problèmes d’approvisionnement en vaccins.

En mars, un certain nombre de patients du COVID sont morts dans un hôpital jordanien lorsque l’établissement a manqué d’oxygène. L’incident a déclenché des manifestations de colère, qui ont entraîné la démission du ministre de la Santé du royaume et du directeur de l’hôpital.

« Il y a de grandes poches de frustration, voire des protestations contre la situation actuelle et la gestion de la situation par le gouvernement », explique Eran.

Les forces de sécurité jordaniennes montent la garde autour d’une étoile de David dessinée à la craie dans une rue portant les mots « Trump » et « Israël » en arabe, lors d’une manifestation contre la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, dans la capitale jordanienne Amman, le 15 décembre 2017. (AFP/Khalil MAZRAAWI)

L’épisode jordanien intervient alors que les liens entre Amman et Jérusalem se sont de plus en plus distendus. De nombreuses mesures anti-israéliennes prises par Abdallah sont considérées comme une tentative du roi de détourner les critiques ou d’alléger la pression sur la monarchie.

Abdallah a déclaré en 2019 que les relations entre Israël et la Jordanie étaient « au plus bas » après une série d’incidents qui ont incité Amman à rappeler son ambassadeur en Israël.

Les choses ont semblé tomber encore plus bas le mois dernier, lorsque des années de frustration jordanienne à l’égard du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont atteint leur paroxysme quand des responsables à Amman ont semblé l’accuser de mettre la région en danger pour des raisons politiques et ont affirmé qu’Israël avait violé certains accords avec eux.

Les commentaires pointus du ministre jordanien des Affaires étrangères sont intervenus le lendemain de l’annulation brutale par le prince héritier Hussein d’une visite prévue sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, en raison d’un désaccord avec les autorités israéliennes sur son dispositif de sécurité. La Jordanie a riposté en retardant l’approbation de la trajectoire de vol du Premier ministre au-dessus du pays vers les Émirats arabes unis pour une visite prévue qui a finalement été annulée.

Netanyahu a peut-être aussi utilisé la Jordanie comme un punching-ball pour renforcer le soutien de la droite. Des assistants du Premier ministre ont attaqué la Jordanie dans Haaretz le mois dernier, la qualifiant de pays en déclin qui dépend de plus en plus d’Israël. Netanyahu aurait également retardé l’approbation d’une demande d’aide en eau de la Jordanie la semaine dernière.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprimant lors de la Influencers Conference de la Douzième chaîne, le 7 mars 2021. (Sindel/Flash90)

Le journaliste jordanien a noté que le ministre de la Défense Benny Gantz avait récemment déclaré qu’Israël était prêt à aider la Jordanie si nécessaire, dans les premiers commentaires officiels de Jérusalem sur la tentative de coup d’État présumée.

« On espère qu’un nouveau gouvernement appréciera davantage l’importance de la Jordanie en tant que voisin et partenaire », a déclaré le journaliste. « Nous avons déjà entendu le commentaire de Benny Gantz sur la stabilité de la Jordanie, mais votre [Premier ministre] reste silencieux. »

Par le passé, Abdallah a réussi à désarmer habilement l’opposition en donnant l’impression de prendre les plaintes au sérieux.

À la suite des manifestations de 2011, le roi a adopté la rhétorique du changement politique, mais les critiques ont qualifié les réformes de cosmétiques. En 2016, Abdallah avait fait passer des réformes constitutionnelles qui concentraient encore plus de pouvoir entre les mains de la monarchie, et avait également réprimé l’opposition islamiste, auparavant tolérée, ainsi que les Hirakis.

Des manifestants scandent des slogans contre Israël pour condamner son bombardement de Gaza et demander au Hamas et aux autres brigades palestiniennes de Gaza de rejeter toute trêve avec Israël, lors d’une manifestation de partisans des Frères musulmans à Amman, en Jordanie, vendredi 18 juillet 2014. (AP/Mohammad Hannon)

Récemment, Abdullah a cherché à atténuer le mécontentement croissant en désavouant le népotisme et la corruption, et en semblant soutenir une refonte du système politique du pays.

« Notre objectif depuis de nombreuses années est de parvenir à une plate-forme de partis politiques qui reflète l’idéologie et les tendances des Jordaniens, qui porte leurs préoccupations et leurs causes nationales, et qui œuvre à la réalisation de leurs aspirations en faisant entendre leur voix et en amenant leurs représentants au Parlement », a-t-il déclaré en janvier.

Mais de nombreux Jordaniens ne croient pas à sa rhétorique.

« Cela est accueilli avec un peu de cynisme », a déclaré Krasna, « parce que c’est toujours comme ça qu’il réagit ».

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