Le rabbin Pinchas Goldschmidt s’inquiète des « lois antireligieuses » européennes
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Le rabbin Pinchas Goldschmidt s’inquiète des « lois antireligieuses » européennes

Le président de la Conférence des rabbins européens estime que ces lois "menacent aussi surement l’avenir des Juifs d’Europe que le terrorisme islamiste"

Le grand rabbin Pinhas Goldschmidt, président de la Conférence des rabbins européens. (Crédit : Conference of European Rabbis / Facebook)
Le grand rabbin Pinhas Goldschmidt, président de la Conférence des rabbins européens. (Crédit : Conference of European Rabbis / Facebook)

Pinchas Goldschmidt, président de la Conférence des rabbins européens et grand rabbin de Moscou, a récemment publié une tribune (reprise par le journal suisse Le Temps) dans laquelle il estime que « les lois antireligieuses menacent aussi surement l’avenir des Juifs d’Europe que le terrorisme islamiste ».

« Partout en Europe, les libertés religieuses reculent », estime-t-il. « Des rites millénaires comme la circoncision ou l’abattage rituel sont régulièrement remis en cause. La Cour de justice de l’UE vient ainsi de confirmer une décision de justice rendue en Belgique. Elle indique que l’étourdissement préalable de l’animal peut être imposé dans l’Union européenne, menaçant plus gravement que jamais la shehita (abattage traditionnel). On peut également citer le projet de loi déposé en 2018 au parlement islandais, qui souhaitait criminaliser la circoncision pratiquée sans raison médicale, au motif qu’elle porterait atteinte à l’intégrité physique des mineurs. »

Selon le grand rabbin, « alors que l’immense majorité des Juifs d’Europe pratiquent la circoncision, et qu’un très grand nombre d’entre eux mangent strictement cacher au moins quelques fois dans l’année, ces restrictions grèvent notre avenir ».

Il affirme que ces différentes lois européennes auxquelles il fait référence « exigent l’abandon de pratiques qui ne contreviennent pourtant ni aux valeurs ni aux modes de vie européens ».

Dans le cadre de ces législations, il dénonce les « coalitions baroques » entre associations de défense des droits des animaux ou associations pour les droits de l’enfance avec des mouvements d’extrême droite. « Ces structures ne partagent souvent rien en termes de valeurs, mais se retrouvent ponctuellement sous un même projet d’affaiblissement des droits pour une partie de leurs concitoyens », estime-t-il. « C’est ce qui s’est passé en Suède en 2018 lorsque le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède a réclamé l’interdiction de la circoncision aux côtés de l’Association suédoise pour l’enfance. »

Ainsi, pour « préserver l’avenir des Juifs et plus largement celui des libertés religieuses en Europe », il appelle à « réaffirmer l’attachement des Européens aux libertés fondamentales », notamment en dénonçant « des mécaniques politiques qui rendent ces reculs possibles ».

Pinchas Goldschmidt réclame que soit mis fin à « l’insécurité juridique », avec des « lois nationales et des textes fondamentaux qui réaffirment l’attachement des Européens aux libertés religieuses ».

« En Allemagne comme en Autriche, la liberté religieuse bénéficie depuis 2012 d’une protection constitutionnelle. À quand en France ? À quand au niveau européen ? », écrit-il.

« Les Juifs sont particulièrement attachés à l’Europe : ils savent que les valeurs européennes de liberté de conscience sont leur meilleure protection. Le recul des libertés fondamentales signale un affaiblissement certain de ces valeurs, face auquel une réponse résolue s’impose désormais. Il n’y a pas d’avenir pour l’Europe sans liberté religieuse. »

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