Le retrait d’Afghanistan libère des moyens pour Israël selon des responsables US
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Le retrait d’Afghanistan libère des moyens pour Israël selon des responsables US

Avant la rencontre avec Bennett, la Maison Blanche a insisté sur le fait que le Moyen-Orient et ses liens avec Israël restaient des priorités

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des soldats américains montent la garde derrière des barbelés alors que des Afghans se trouvent au bord d'une route près de la zone militaire de l'aéroport de Kaboul, le 20 août 2021, dans l'espoir de fuir le pays après la prise de contrôle de l'Afghanistan par les talibans. (Crédit : Wakil KOHSAR / AFP)
Des soldats américains montent la garde derrière des barbelés alors que des Afghans se trouvent au bord d'une route près de la zone militaire de l'aéroport de Kaboul, le 20 août 2021, dans l'espoir de fuir le pays après la prise de contrôle de l'Afghanistan par les talibans. (Crédit : Wakil KOHSAR / AFP)

WASHINGTON – À terme, le retrait américain d’Afghanistan libérera des ressources qui pourront ensuite être envoyées et réutilisées par d’autres alliés régionaux tels qu’Israël, ont déclaré mardi deux hauts responsables de l’administration Biden.

« Au contraire, la fin de l’engagement militaire américain en Afghanistan libérera des ressources et des moyens et nous permettra finalement de mieux soutenir nos partenaires comme Israël », a déclaré l’un des responsables lors d’un briefing avant la rencontre entre le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien Naftali Bennett à la Maison Blanche ce jeudi.

S’exprimant sous couvert d’anonymat, les responsables ont déclaré que Biden profiterait de l’occasion pour renforcer son engagement envers Israël et les autres alliés des États-Unis dans la région « dans le contexte de ce qui se passe en Afghanistan ».

Les responsables ont rejeté l’idée fréquemment répétée par les analystes depuis la dernière campagne électorale présidentielle selon laquelle Biden chercherait à « ne plus faire du Moyen-Orient une priorité » afin de se concentrer davantage à la lutte contre l’influence croissante de la Chine et de la Russie.

« Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Au contraire, dans l’administration Biden, nous ne poursuivons pas… des objectifs irréalisables », a déclaré l’un des hauts responsables.

« Nous n’essayons pas de transformer le Moyen-Orient. Nous n’essayons pas de renverser des régimes. Nous poursuivons un cap très soutenu, centré sur des objectifs réalisables, en alignant la fin et les moyens ; et, avant tout, en apportant du soutien à nos partenaires – et, bien sûr, Israël étant sans égal », a déclaré le responsable.

Le président Joe Biden dans la salle est de la Maison Blanche, le 18 août 2021 à Washington. (Crédit : Anna Moneymaker/Getty Images via AFP)

Cette position semble aussi être celle qui a été adoptée par l’administration Biden au sujet du conflit israélo-palestinien – elle a ainsi insisté sur le fait qu’elle ne dévoilerait pas de plan de paix et n’appellerait pas les différentes parties à revenir à la table des négociations dans l’immédiat pour des discussions primordiales sur des questions de statut final.

Les responsables de l’administration Biden ont déclaré que la question palestinienne serait soulevée lors de la réunion entre Bennett et Biden mais n’ont pas apporté de détails supplémentaires, réitérant simplement le soutien de Biden à une solution à deux États – ce à quoi le Premier ministre israélien s’oppose catégoriquement.

Le secrétaire d’État Antony Blinken rencontre le Premier ministre Naftali Bennett à l’hôtel Willard à Washington, le 25 août 2021. (Crédit : Olivier Douliery/Pool via AP)

« Il existe un certain nombre de mesures qui peuvent être prises pour atténuer les risques de nouvelles étincelles dans le conflit – ce à quoi le Premier ministre Bennett et son gouvernement sont très attachés, comme nous avons pu le voir », a déclaré l’un des hauts responsables.

Jusqu’à présent, le gouvernement de Bennett a approuvé des milliers de nouveaux permis permettant aux Palestiniens de travailler au sein des frontières d’Israël et a également décidé d’autoriser des centaines de permis de construire dans la zone C de Cisjordanie. Ces approbations ont été effectuées alors que de nouvelles unités de logement dans des implantations israéliennes situées au plus profond de la Cisjordanie ont aussi été approuvées.

Les responsables discuteront également beaucoup du programme nucléaire iranien.

Les responsables américains ont précisé que les États-Unis favorisaient toujours une approche diplomatique pour arrêter l’Iran, en particulier avec la signature d’un nouveau plan d’action global conjoint. Les pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis à Vienne sont au point mort depuis ces derniers mois, alors qu’un nouveau gouvernement est désormais au pouvoir à Téhéran. Celui-ci, sur une ligne ultra-radicale, est dirigé par Ebrahim Raissi, qui a été critique à l’égard du premier accord signé en 2015 – auquel Israël s’oppose également, Jérusalem le considérant comme insuffisant pour stopper les efforts de l’Iran pour obtenir l’arme nucléaire.

Le Premier ministre Naftali Bennett monte à bord de son avion à destination des États-Unis, le 24 août 2021. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

« Nous pensons qu’il s’agit du meilleur moyen pour freiner le programme et faire reculer les avancées que l’Iran a réalisées ces dernières années sur le plan nucléaire. Mais évidemment, si cela ne fonctionne pas, il y a d’autres voies à suivre », a déclaré l’un des hauts responsables.

Les deux dirigeants discuteront également du soutien de l’Iran aux groupes terroristes actifs dans toute la région, comme le Hezbollah et le Hamas, ainsi que du « programme bilatéral très efficace que nous avons mis en place avec les Israéliens lors d’une réunion de consultation stratégique il y a quelques mois sur la lutte contre les drones iraniens », a déclaré un responsable.

Biden évoquera également les accords d’Abraham négociés par l’administration Trump et discutera avec Bennett des moyens par lesquels les accords de normalisation qu’Israël a conclus avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan pourront être développés. Les stratégies pour élargir la liste des pays participants à ces accords seront également abordées.

Les responsables n’ont pas donné beaucoup de détails à ce sujet, affirmant seulement que des efforts avaient lieu « en coulisses ».

Ils ont également noté la satisfaction des États-Unis dans le récent réchauffement des relations entre Israël, la Jordanie et l’Égypte. Bennett s’est rendu secrètement à Amman le mois dernier pour une rencontre avec le roi Abdallah et a été invité à rencontrer le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi au Caire dans les semaines à venir.

La pandémie actuelle de COVID-19 sera également discutée – et notamment la décision de la mise en place de vaccins de rappel dans les deux pays, ont déclaré les responsables.

Les hauts fonctionnaires ont également salué la diversité du gouvernement que Bennett a formé.

« Nous pensons que cela est vraiment remarquable à un moment où, comme le dit souvent le président, nous démontrons que les démocraties peuvent être au service de leur peuple. C’est une chose à laquelle, selon nous, son gouvernement œuvre vraiment, et qui montre que des personnes ayant des origines et des points de vue divergents peuvent se réunir pour trouver des solutions à de gros problèmes », a déclaré un responsable, ajoutant que les États-Unis étaient « à l’écoute des dynamiques politiques complexes en Israël ».

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