Le romancier haïtien Louis-Philippe Dalembert lauréat du prix Orange du Livre
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Le romancier haïtien Louis-Philippe Dalembert lauréat du prix Orange du Livre

Avant que les ombres s'effacent raconte l'histoire d'un médecin juif polonais, Ruben Schwarzberg, qui confie son histoire, du ghetto de Lodz à Haïti, à sa petite-nièce arrivée d'Israël

Louis-Philippe Dalembert, invité de la Grande Librairie pour évoquer son dernier roman Avant que les ombres s'effacent. (Crédit : capture d'écran YouTube/LGL)
Louis-Philippe Dalembert, invité de la Grande Librairie pour évoquer son dernier roman Avant que les ombres s'effacent. (Crédit : capture d'écran YouTube/LGL)

Le romancier haïtien Louis-Philippe Dalembert a reçu mardi le prix Orange du Livre pour Avant que les ombres s’effacent, une saga familiale reposant sur un épisode méconnu de l’histoire d’Haïti : l’accueil des Juifs persécutés en Europe avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

En mai 1939, le gouvernement haïtien décide d’accorder la naturalisation immédiate à tous les Juifs qui le souhaitent. A partir de ce contexte véridique, l’écrivain et poète, âgé de 54 ans, a imaginé l’histoire d’un médecin juif polonais, Ruben Schwarzberg.

Établi à Port-au-Prince, Ruben Schwarzberg devient le patriarche de trois générations d’Haïtiens. En janvier 2010, quand Haïti est frappé par un terrible séisme, Deborah, la petite-fille de sa défunte tante Ruth, arrive dans la capitale haïtienne parmi les équipes de secours venues d’Israël.

Le vieil homme qu’est devenu Ruben lui confie sa fabuleuse histoire. Son enfance dans le ghetto de Lodz, ses études à Berlin, les premiers pogroms nazis, son internement à Buchenwald…

The Oscar-nominated documentary "Liberators" falsely claimed a battalion of African-American soldiers had helped to free the Buchenwald concentration camp. (US Army, US Defense Visual Information Center, Image #HD-SN-99-02764, Wikimedia Commons)
Des prisonniers du camp de concentration de Buchenwald quelques jours après la libération (Crédit : US Army, la défense de Visual Information Center des États-Unis, Image # HD-SN-99-02764, Wikimedia Commons)

L’écrivain avait déjà reçu lundi le prix France Bleu/Page des libraires pour ce livre captivant publié en mars chez Sabine Wespieser et qualifié par le jury de ce prix de « meilleur roman francophone de l’été ».

Dans une langue toujours tonique, le romancier mêle à son œuvre d’imagination des événements bien réels comme l’épopée du Saint Louis, un paquebot à bord duquel environ un millier de Juifs allemands embarquèrent d’Hambourg en 1939 avec le vain espoir de rejoindre l’Amérique.

Las, les passagers du navire se virent refuser l’entrée à Cuba malgré les visas que leur avait accordés l’ambassade de Cuba en Allemagne. Le débarquement aux États-Unis fut également refusé par les autorités américaines.

Le Saint Louis en direction de La Havane en 1939 (Crédit : Wikipédia)
Le Saint Louis en direction de La Havane en 1939 (Crédit : Wikipédia)

Le bateau et ses passagers durent repartir vers l’Europe. Grâce aux efforts du capitaine du navire, Gustav Schröder (devenu « Juste parmi les Nations » après sa mort à la fin des années 1950), la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France acceptèrent d’accueillir les réfugiés juifs condamnés sinon à retourner en Allemagne.

C’est ainsi que Ruben se retrouvera à Paris à la fin des années 1930 avant son départ définitif pour Haïti.

Le Prix Orange du Livre récompense, depuis 2009, une œuvre de fiction écrite en français et publiée entre le 1er janvier et le 31 mars de l’année en cours. Il est doté de 15 000 euros. L’an dernier, c’est Vincent Message qui avait été distingué pour Défaite des maîtres et possesseurs (Seuil).

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