Le site extrémiste « Démocratie participative » inaccessible en Belgique
Rechercher

Le site extrémiste « Démocratie participative » inaccessible en Belgique

La copie troublante du site néo-nazi américain du Daily Stormer continue d'être dans le viseur de la justice française

Partie du logo du site antisémite DP présent sur sa page d'accueil (Crédit: capture d'écran DP)
Partie du logo du site antisémite DP présent sur sa page d'accueil (Crédit: capture d'écran DP)

Boris Le Lay, le « Breton en exil » comme il se surnomme, est l’animateur poursuivi judiciairement en France pour ses sites outrancièrement antisémites racistes et homophobes – Breizatao et Démocratie Participative (DP)– auxquels la justice semble de plus en plus s’intéresser.

Des observateurs ont signalé sur Twitter que le site Breizatao n’est actuellement plus accessible depuis la France, tandis que le second semble déconnecté en Belgique.

Après un énième article consacré à une personnalité juive sur qui le site avait apposé l’étoile jaune, ici en l’occurrence le secrétaire d’Etat Gabriel Attal fraîchement nommé au gouvernement Philippe II, le procureur de la République avait assigné le 17 octobre dernier en référé les opérateurs de télécoms pour qu’ils bloquent le site internet d’extrême droite. Une démarche inédite.

Neuf opérateurs, dont les quatre principaux : SFR, Orange, Free et Bouygues Telecom, sont assignés le 8 novembre prochain au tribunal de grande instance de Paris dans le cadre de cette procédure d’urgence.

Le procureur a demandé au juge des référés de constater le trouble manifestement illicite causé selon lui par le site Démocratie participative et d’ordonner aux fournisseurs d’accès internet de bloquer l’accès à ce site, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard à compter de la date d’expiration de ce délai.

C’est la première fois que le parquet de Paris demande le blocage d’un site par cette voie procédurale, selon cette source.

Le site Memri (Institut de recherche sur les médias du Moyen Orient) a consacré une enquête à DP qui l’a emmené aux abords de l’Alt-Right américaine, ce mouvement mêlant suprémacisme blanc et néo-nazisme qui a gagné en importance à l’occasion de la campagne américaine de Donald Trump pour les présidentielles de 2016.

L’institut décrit ce site « ouvertement et fièrement antisémite, raciste et anti-LGBTQ » comme une plate-forme dans laquelle s’épanouit un discours « agressif et populiste contre tout ce qui n’est pas blanc, chrétien, ou hétérosexuel à moins qu’ils partagent leur point de vue ».

Ainsi, DP a qualifié « d’honorable » Louis Farakhan, le leader antisémite du groupe américain Nation of Islam « qui n’est ni blanc, ni chrétien » mais qui déclarait récemment « je ne suis pas anti-sémite, je suis anti-termites » provoquant un tollé au-delà même des Etats-Unis.

Selon le même site, DP contourne la loi française (Gayssot) contre les discours racistes et antisémites en affichant en page d’accueil que le site est la propriété d’un Américain – David Johnson Jr. – et qu’il est ainsi protégé « par le premier amendement de la constitution des Etats-Unis d’Amérique » qui garantit une totale liberté d’expression.

Memri note de manière troublante que DP « est formaté de manière quasi-identique que le Daily Stormer le site néo-nazi et suprématiste blanc basé aux Etats-Unis: comme ce dernier « DP appelle aux dons en shekels, prétend être contre la violence » et possède une charte visuelle proche du site américain.

Pour confirmer cette proximité le Daily Stormer – dont le nom rappelle Der Strumer le nom d’un organe de propagande antisémite allemand- titrait le 15 mars 2017 à propos de DP : « New Daily Stormer -Style News Site Emerges in France », un nouveau site ressemblant au Daily Stormer voit le jour en France.

Le Bureau de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a essayé en vain et à plusieurs reprise de bloquer ce site, notamment suite aux attaques de Lucienne Nayet, et de Me Dreyfus.

Le BNVCA rappelait que suite à ses plaintes Boris le Lay, qu’il a identifié comme le responsable de ce site, « avait déjà été condamné en 2013 à 1 an de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende par le Tribunal de Quimper, confirmé par la Cour d’Appel. Déjà en 2016, il cumulait une douzaine de condamnations mais son site de haine était maintenu ».

Fin août, le parquet de Grenoble avait ouvert une information judiciaire après la publication quelques jours plus tôt sur ce site de propos antisémites visant Denis Dreyfus, l’avocat de la famille d’un jeune homme tué à la sortie d’une discothèque près de Grenoble.

Le même site, et d’une manière toujours aussi provocante et grossière, avait ciblé l’enfant cachée Lucienne Nayet.

Nayet, présidente du réseau des Musées de la Résistance nationale née le 4 août 1941, dont le père est mort à Auschwitz, a été cachée durant la guerre à Pouzaugues en Vendée, chez un prêtre pendant quatre ans. Elle a été ciblé par un article du meme site intitulé: « Lourdes : la youpine fanatique Lucienne Nayet incite à la haine anti-blanche dans une école ». Une étoile jaune accompagné le photo-montage.

Extrait de l’article :

« Cette vieille youpine fanatique est gorgée d’une haine sémitique écumante et génocidaire. Et son arme, comme toujours, est le mensonge pour porter la confusion dans les esprits de sa victime à son paroxysme. A charge, ensuite, pour les masses de nègres et de crouilles de faire ce qu’elles font naturellement : violer, voler, tuer, brutaliser ».

Une vague de soutiens, notamment issu du parti communiste français et du milieu associatif, avait alors condamné avec force cet article antisémite.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...