Le soldat de Hébron affirme que son commandant de compagnie l’a giflé
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Le soldat de Hébron affirme que son commandant de compagnie l’a giflé

Le sergent Elor Azaria, jugé pour homicide involontaire d’un terroriste palestinien à terre, a commencé à témoigner devant le tribunal militaire

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Elor Azaria, soldat israélien jugé pour homicide, et son père Charlie, devant la Cour militaire de Jaffa, le 6 juillet 2016. (Crédit : Flash90)
Elor Azaria, soldat israélien jugé pour homicide, et son père Charlie, devant la Cour militaire de Jaffa, le 6 juillet 2016. (Crédit : Flash90)

Un soldat israélien accusé d’homicide involontaire pour avoir tué un attaquant palestinien déjà à terre en mars a commencé à donner son témoignage, dimanche, à la Cour militaire de Jaffa, affirmant que son commandant l’avait giflé dans les minutes ayant suivi son geste.

Le sergent Elor Azaria décrivait les événements du 24 mars, quand il a été filmé abattant l’assaillant palestinien Abdel Fattah al-Sharif d’une balle dans la tête, près de 15 minutes après que Sharif avait été neutralisé par des soldats alors qu’il tentait de poignarder un soldat de Tsahal à Hébron.

Azaria a été arrêté par la police militaire plus tard dans la journée, et a été inculpé d’homicide involontaire le 18 avril.

Au début de la procédure de dimanche, le procureur de Tsahal, Nadav Weisman, a déclaré que la défense avait informé les procureurs la semaine dernière que Azaria s’était souvenu de davantage de détails sur l’incident.

Dans la lettre, Azaria a affirmé que son commandant de compagnie, Tom Naaman, l’a giflé peu après la fusillade. La défense a appelé à une enquête de la police militaire sur l’incident.

Weisman a déclaré au tribunal que l’accusation n’avait pas d’objection à l’inclusion de nouveaux détails dans le procès, bien qu’il ait affirmé que c’était « au moins le quatrième développement dans la version de l’accusé [des événements] ».

« Nous allons bien sûr évoquer cela dans le contre-interrogatoire », a-t-il dit.

L’avocat de Azaria, Eyal Besserglick, a expliqué que son client était sous beaucoup de pression, ce qui a affecté son état mental, et qu’il « se rafraîchissait la mémoire quatre mois après l’événement ».

Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d'une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d'écran B'TSelem)
Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d’une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d’écran B’TSelem)

Azaria a commencé par une description de sa vie privée et de son intégration dans l’armée. Il a noté qu’il a grandi à Ramle, une ville avec les résidents juifs, arabes et chrétiens.

« J’ai des amis juifs, arabes et chrétiens. Il n’y a pas de différence entre eux », a-t-il dit.

En dépit de difficultés de santé liées à un surpoids et un mauvais genou, a-t-il dit à la cour, il a cherché à servir dans une unité de combat d’élite afin de « contribuer autant que possible au pays ».

Il a finalement rejoint la Brigade Kfir, une unité d’infanterie, et a ensuite été sélectionné pour une formation pour devenir médecin de combat.

Azaria a également parlé des difficultés que les soldats en service à Hébron doivent endurer.

« Le chargeur est toujours dans [le fusil] et vous êtes exposé à des dangers », a-t-il dit. « C’est un endroit sous pression, et il y a une atmosphère de peur. Lorsque vous dormez, vous entendez des coups de feu et des explosions ».

Il a noté que bien qu’il y ait beaucoup de frictions entre Israéliens et Palestiniens à Hébron, « je traitais tout le monde de la façon dont on traite les gens ».

Son témoignage devrait durer trois jours. Il intervient après que l’accusation a fini d’appeler ses témoins à la barre, y compris le commandant d’Azaria et un activiste de B’Tselem qui a filmé l’incident.

Dimanche, il a été interrogé par ses propres avocats, suivi dans les deux prochains jours par le contre-interrogatoire des procureurs.

Sa défense a fait valoir qu’Azaria avait des raisons de croire que sa vie était en danger quand il a tiré dans la tête de Sharif.

La plupart des témoignages entendus à ce jour dans le procès, y compris des commandants de compagnie, du bataillon et de brigade d’Azaria, ont contredit sa défense.

Plus tôt ce mois-ci, le commandant de bataillon d’Azaria, le lieutenant-colonel David Shapira, a témoigné qu’Azaria était un soldat exemplaire jusqu’à l’incident, mais qu’il croyait qu’Azaria avait tiré dans le but de se venger et non par crainte qu’il était en danger.

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