Le soutien à la résolution de l’UNESCO sur le mont du Temple était une “erreur” pour le Brésil
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Le soutien à la résolution de l’UNESCO sur le mont du Temple était une “erreur” pour le Brésil

Avec un nouveau président, le pays qui avait voté pour la déclaration niant le lien juif au lieu saint admet à présent que le texte était “partial et pas équilibré”

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le mont du temple et le mur Occidental à Jérusalem, depuis le survol annuel de l'armée de l'air israélienne pour Yom HaAtsmaout, le 12 mai 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Le mont du temple et le mur Occidental à Jérusalem, depuis le survol annuel de l'armée de l'air israélienne pour Yom HaAtsmaout, le 12 mai 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Le Brésil a exprimé ses regrets pour avoir soutenu une récente résolution de l’UNESCO niant un lien juif au mont du Temple à Jérusalem, admettant que le texte était « partial et pas équilibré », et a promis de voter contre de futures résolutions sur le sujet si ses réserves n’étaient pas prises en compte.

L’action de Brasilia, suite à l’élection d’un nouveau président plus favorable à Israël, en fait le second pays a semblé essayer de reprendre son vote de la contentieuse résolution du 15 avril, après que la France a de la même manière déclaré que son soutien à la mesure était une erreur.

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture sur la « Palestine occupée » critiquait sévèrement Israël pour ses actions dans la Vieille Ville de Jérusalem, faisait référence au mont du Temple comme à « la mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif et ses environs » tout en ne mentionnant pas l’existence de lieux saints juifs à cet endroit.

Trente-trois pays avaient voté en faveur de la résolution, 17 s’étaient abstenus et six avaient votés contre. Israël avait publiquement critiqué la France pour son soutien à la résolution et, après que Paris a reconnu les partis-pris du texte, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait exhorté la France à appeler les autres pays à rejeter de même la résolution.

Dans un communiqué de presse publié la semaine dernière, le ministère brésilien des Affaires étrangères a affirmé que pendant les délibérations sur la résolution le mois dernier, il avait essayé d’ « adoucir les termes de la proposition originale », mais, malgré son échec, avait finalement voté en faveur de la mesure.

« Cependant, le fait que la décision de fasse pas expressément référence aux liens historiques entre le peuple juif et Jérusalem, particulièrement au mur Occidental, le sanctuaire le plus saint du judaïsme, est une erreur, qui rend le texte partial et non équilibré. »

Brasilia, continue le communiqué, « réitère sa reconnaissance totale de ces liens et sa position en faveur du libre accès des croyants des trois religions, christianisme, islam et judaïsme, aux lieux saints de la Vieille Ville de Jérusalem, ainsi que son soutien aux accords existants entre Israël et la Jordanie sur l’administration de la ville. »

Le gouvernement brésilien a promis de « revoir son vote si les déficiences mises en évidence de la décision ne sont pas corrigées dans de futures évaluations du sujet par l’UNESCO. »

Le président du Brésil, Michel Temer, à Brasilia, le 13 mai 2016. (Crédit : EVARISTO SA/AFP)
Le président du Brésil, Michel Temer, à Brasilia, le 13 mai 2016. (Crédit : EVARISTO SA/AFP)

Ces derniers mois, les relations bilatérales entre Jérusalem et Brasilia ont été ternies par la nomination comme ambassadeur israélien de l’ancien dirigeant des implantations Danny Dayan. Le Brésil a pendant des mois refusé d’accepter Dayan et Israël a finalement retiré sa candidature fin mars.

Le mois dernier, le pays a élu comme nouveau président Michel Temer, qui devrait être plus amical envers Israël que sa prédécesseur, Dilma Roussef.

La résolution de l’UNESCO avait été soumise par l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan pendant la réunion du comité directeur de l’UNESCO le 11 avril.

Entre autres choses, elle déplorait la « prise d’assaut continue de la mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif par les extrémistes de droite israéliennes et des forces non informées, et exhorte Israël, la puissance occupante, à prendre les mesures nécessaires pour empêcher les abus provocants qui violent la sainteté et l’intégrité de la mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif. »

Le 16 avril, Netanyahu avait publié un communiqué colérique, accusant l’UNESCO de réécrire l’histoire humaine. « L’UNESCO ignore la relation historique unique du judaïsme au mont du Temple, où les deux Temples se sont dressés pendant un millier d’années et pour lesquels chaque juif du monde a prié pendant des milliers d’années », avait-t-il déclaré.

Le Premier ministre français Manuel Valls (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 23 mai 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre français Manuel Valls (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 23 mai 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre avait également écrit au président français François Hollande pour lui dire son « choc » d’apprendre que Paris avait voté en faveur d’une résolution qui nie le lien du peuple juif au mont du Temple.

Netanyahu avait aussi abordé le sujet quand il avait rencontré le 15 mai le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

« Il m’a dit que cette décision provenait d’une incompréhension et qu’il veillerait personnellement à ce que cela ne se reproduise pas », avait déclaré le Premier ministre.

Le 23 mai, Netanyahu avait de nouveau abordé le sujet, pendant une rencontre avec le Premier ministre français Manuel Valls. « J’espère que vous encouragez d’autres nations qui ont voté en faveur de cette résolution scandaleuse à suivre votre exemple et à admettre que c’était une erreur. Et bien sûr, la chose la plus importante est que cela n’arrive pas à nouveau », avait dit Netanyahu à Valls.

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