Le vaccin ferait baisser le risque de la propagation dès la 1e dose – Étude
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Le vaccin ferait baisser le risque de la propagation dès la 1e dose – Étude

En cas de contamination à la COVID-19, la charge virale est 4 fois inférieure si la personne est vaccinée - ce qui, selon les experts, "change la donne" pour l'immunité de groupe

Des Israéliens se font vacciner dans un gymnase transformé en centre de vaccination Clalit à Hod haSharon, le 2 février 2021. (Crédit :  Miriam Alster/Flash90)
Des Israéliens se font vacciner dans un gymnase transformé en centre de vaccination Clalit à Hod haSharon, le 2 février 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les personnes qui ont été vaccinées contre la COVID-19 présentent un risque d’être contaminantes bien moins important, même avant de recevoir la seconde dose du vaccin, a conclu une recherche israélienne qui « change la donne » pour les chercheurs.

C’est la première grande recherche concernant des patients testés positifs au coronavirus et ayant été au moins partiellement vaccinées. Elle conclut que ces personnes présentent des charges virales bien plus modestes que celles qui n’ont pas reçu le vaccin.

« Nos résultats montrent que dans les infections qui surviennent douze jours ou plus suite à la vaccination, cette dernière a réduit de manière significative la charge virale », indique une équipe de recherche impliquant plusieurs institutions qui a analysé les données fournies par la caisse d’assurance-maladie de la Maccabi. L’équipe estime que cet élément pourrait avoir un impact sur « l’excrétion virale et la contagion, ainsi que sur la gravité de la maladie ».

La charge virale aurait été en moyenne divisée par quatre pour les infections survenues douze à 28 jours après l’injection de la première dose du vaccin Pfizer-BioNTech.

Une employée étrangère se fait vacciner dans un centre du sud de Tel Aviv, administré par l’hôpital Ichilov et par la municipalité de Tel Aviv, le 9 février 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Pendant cette période, la protection vaccinale n’est considérée que comme partielle, la seconde dose n’étant administrée que 21 jours après la première et l’immunisation survenant seulement une bonne semaine plus tard.

Cyrille Cohen, professeur et directeur du laboratoire d’immunothérapie de l’université de Bar Ilan en Israël, qui n’a pas été lui-même impliqué dans l’étude, a salué les résultats et expliqué qu’ils venaient appuyer la théorie d’une charge virale qui pourrait chuter davantage encore après la seconde injection.

« Cela change la donne à un certain degré », a-t-il estimé. « Après tout, l’éventuelle capacité à transmettre encore la maladie après le vaccin a été l’une de nos interrogations les plus déterminantes ».

« Cela nous montre qu’en effet – en plus de réduire les symptômes et, avec un peu de chance, de faire chuter la mortalité – le vaccin peut faciliter l’accès à une certaine forme d’immunité de groupe, en permettant une protection partielle des plus faibles et des personnes non-vaccinées, » a ajouté Cohen, qui est aussi membre d’une commission de conseil sur les vaccins contre la COVID-19 au sein du ministère de la Santé.

Un docteur tient un échantillon de test de dépistage à la COVID-19. (Crédit : Malkovstock via iStock by Getty Images)

Cette nouvelle étude, publiée sur Internet mais qui n’a pas encore été relue par des pairs, est née d’une collaboration entre la Maccabi et des scientifiques de l’université de Tel Aviv et du Technion-Institut de technologie, avec le soutien de la Fondation des sciences israéliennes.

C’est la première à tirer des conclusions sur la contagiosité sur la base d’analyses réalisées sur des personnes qui ont été vaccinées. Une autre étude, parue au début de la semaine, avait semblé également souligner une transmissibilité réduite de la maladie, mais seulement sur la base d’une chute générale de la charge virale parmi les Israéliens âgés de 60 ans et plus qui, pour la grande majorité, ont été vaccinés.

Les échantillons recueillis pour l’étude sont venus de tous les adhérents de la caisse d’assurance-maladie Maccabi. Ils ont été comparés à ceux d’un groupe de contrôle pour diminuer la possibilité que les résultats ne viennent refléter que l’âge ou le sexe des individus étudiés.

Tandis qu’il y a des données issues des essais de Phase III du vaccin Pfizer-BioNTech – et d’analyses ultérieures – qui montrent que les personnes vaccinées sont potentiellement moins susceptibles d’être porteuses confirmées de la COVID-19, les essais cliniques n’avaient pas entraîné de résultats solides concernant le degré de contagiosité des personnes ayant été vaccinées. Ces données représentent actuellement le graal de la recherche sur les vaccins.

Un agent de santé prélève des échantillons auprès d’un Israélien pour vérifier s’il a été infecté par le coronavirus, à Modiin, le 7 juillet 2020. (Yossi Aloni/FLASH90)

Les chercheurs – avec à leur tête deux professeurs du Technion, Roy Kishony et Gabriel Chodick – ont écrit que le monde tout entier espérait que la vaccination pourrait diminuer la capacité de transmission du virus et que « cet effet pourra être obtenu en réduisant le nombre des personnes sensibles, ainsi qu’en réduisant la charge virale et en réduisant par conséquence les excrétions virales lors des infections post-vaccination, ce qui les rendra moins contagieuses ». Mais des données sur la transmissibilité de la maladie manquent encore et les chercheurs s’efforcent de combler ce manque.

L’étude s’est basée sur tous les échantillons de tests de dépistage positifs survenus après le début de processus de vaccination qui ont été recueillis entre le 23 décembre et le 25 janvier. Ils ont été testés au laboratoire central de Maccabi et tous les patients ayant présenté un échantillon positif avant la vaccination ont été exclus de la recherche.

Si les chercheurs estiment que leur méthodologie n’est pas à mettre en cause, ils admettent toutefois que les résultats ont pu être impactés par des problèmes non-détectés au sein du groupe de contrôle, par l’effet des variants ou par des traces de virus présentes chez des personnes vaccinées en raison d’une contamination préalable à la vaccination qui n’avait pas été détectée. Ils concluent néanmoins que « au moins en ce qui concerne ce qui a été examiné dans l’étude, les charges virales moindres que nous avons pu observer peuvent aider à ajuster des modèles épidémiologiques en termes d’impact du vaccin sur la propagation du virus ».

Cohen a indiqué que « suite à l’aspect ‘moléculaire’ de l’étude, nous attendons de voir comment l’effet d’une charge virale réduite se fera ressentir au niveau de la population, et quelles seront les implications pour la poursuite de l’immunité de groupe ».

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