Gili Regev-Yochai : L’immunité de groupe impossible sans vacciner les enfants
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Gili Regev-Yochai : L’immunité de groupe impossible sans vacciner les enfants

Le ministère de la Santé s'oppose à la réouverture des écoles ; le variant britannique est responsable de 70 % des nouvelles infections

Des Israéliens font leurs courses au marché Mahane Yehuda pendant le troisième confinement, le 1er février 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Des Israéliens font leurs courses au marché Mahane Yehuda pendant le troisième confinement, le 1er février 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël – et le monde entier – vont devoir apprendre à vivre dans l’ombre de la COVID-19 pendant longtemps en raison de l’incapacité actuelle à faire vacciner les enfants et d’un coronavirus qui ne cesse de muter, a déclaré un expert israélien dans des propos qui ont été rendus publics mardi, alors que le nombre de cas graves est tombé à son plus bas niveau depuis plus de deux semaines.

Avant l’émergence des variants britannique et sud-africain – plus contagieux – les responsables médicaux avaient estimé que 60 à 70 % de la population devait être immunisée, soit en guérissant de la maladie, soit en se faisant vacciner, pour garantir l’immunité de groupe. L’immunité de groupe survient lorsque le degré d’immunisation d’une population entraîne naturellement le déclin, puis la disparition d’une épidémie.

Ce qui signifiait d’ores et déjà que dans la mesure où les enfants de moins de 16 ans – ils constituent environ 30 % de la population du pays – étaient exclus des essais de vaccin et qu’il était impossible de les immuniser avant d’effectuer des recherches supplémentaires, plus longues, presque tous les adultes devaient, pour leur part, être vaccinés pour atteindre un niveau susceptible d’assurer l’immunité de groupe, a expliqué le professeur Eran Segal de l’Institut des Sciences Weizmann, selon la Treizième chaîne.

Mais aujourd’hui, alors que chaque malade porteur du virus contamine un plus grand nombre de personnes dans un contexte de propagation des variants plus contagieux, il faudra qu’un pourcentage plus élevé de la population – 80 à 90 % – se fasse vacciner pour obtenir l’immunité de groupe, ce qui implique que les enfants et les adolescents devront eux aussi être immunisés, a déclaré de son côté Gili Regev-Yochay, directrice de l’unité d’épidémiologie et des maladies infectieuses au Centre médical Sheba.

Gili Regev-Yochai, directrice de l’unité des infections, de prévention et de contrôle au sein du centre médical Sheba de Tel-Hashomer. (Capture d’écran : YouTube)

« Il va être impossible pour nous de réaliser une immunité de groupe sans vacciner les enfants », a-t-elle indiqué, selon la Treizième chaîne. « Mais aujourd’hui, malheureusement, je considère que l’immunité de groupe est une perspective qui s’éloigne de nous encore et encore. Et ce que cela signifie, c’est que nous allons devoir vivre avec le coronavirus pendant un certain temps ».

Reprenant les propos de la spécialiste, le reportage a précisé qu’il ne serait pas possible d’enlever le masque au moins avant l’été.

Les responsables du ministère de la Santé, pour leur part, mettent en garde contre une réouverture générale des écoles, citant le risque de contamination élevé entre les enfants et affirmant que la reprise des cours, dans les établissements scolaires, aidera à dynamiser la propagation du variant britannique sur le territoire israélien qui, selon eux, pourrait représenter à terme jusqu’à 90 % des nouveaux cas.

Il représente aujourd’hui 70 % des nouvelles infections.

Des étudiants israéliens à Ashdod, le 29 novembre 2020. (Crédit : Flash90)

Si les variants continuent à muter et qu’ils deviennent insensibles aux vaccins actuels, alors une troisième dose supplémentaire pourrait être nécessaire à l’avenir pour protéger contre ces souches, a dit lundi le responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, Nachman Ash, lors d’une conférence de presse. Il a précisé que cette option n’était pas pertinente actuellement mais qu’elle serait ultérieurement prise en considération.

Le ministère de la Santé recommande vivement de ne rouvrir que les crèches et les classes de CP au CM1 et de Première et Terminale dans les secteurs où les taux d’infection sont modérés tandis que dans les zones plus touchées, il prône exclusivement l’ouverture des maternelles et la reprise des cours des Première et Terminale pour tous les élèves qui pourront présenter un test de dépistage négatif.

Un grand nombre des élèves de Première et Terminale ont commencé à se faire vacciner dans le cadre du programme élargi mis en place par le ministère.

Toutefois, selon des données qui ont été rendues publiques par un groupe de travail militaire dans la journée de mardi, le taux de transmission, en Israël, continue à s’élever après avoir baissé pendant quelques semaines. Le taux de reproduction de base, dit « R », qui est le nombre de nouveaux cas émanant d’une seule infection au coronavirus – c’est-à-dire le nombre de personnes contaminées par une personne infectée – est de 0,97 après avoir chuté à 0,9 il y a une semaine.

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