Le virus frappe les communautés Haredi, les rabbins sont les premiers atteints
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Le virus frappe les communautés Haredi, les rabbins sont les premiers atteints

Le rabbin André Touboul, 64 ans, est décédé du COVID-19 à Paris ; le rabbin Aaron Teitelbaum de Satmar, 72 ans, chef de la dynastie hassidique, a été diagnostiqué avec le virus

Un jeune ultra-orthodoxe à Jérusalem, le 16 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Un jeune ultra-orthodoxe à Jérusalem, le 16 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’épidémie de coronavirus fait payer un lourd tribut aux communautés juives orthodoxes très soudées, dont beaucoup ont connu de graves épidémies et dont les chefs religieux sont tombés malades ces derniers jours.

A Paris, un rabbin Habad est décédé du virus, a annoncé la communauté locale.

Le rabbin André Messod Touboul, longtemps directeur de l’école de filles Beth Hanna dans la communauté hassidique Habad Loubavitch, à Paris, est décédé samedi soir à l’âge de 64 ans, a rapporté dimanche le site d’informations Haredi Kikar Hashabbat.

Dans l’Etat de New York, l’influent rebbe de Satmar, le rabbin Aaron Teitelbaum de Kiryas Joel, a été diagnostiqué avec le coronavirus responsable du COVID-19, a annoncé samedi soir la communauté hassidique de Satmar.

Le rabbin André Messod Touboul du mouvement Habad, qui est décédé le 21 mars 2020 après avoir contracté le COVID-19. (Capture d’écran de Chabad Online sur hassidout.tv)

Le rabbin de 72 ans, qui dirige l’une des plus grandes dynasties hassidiques du monde avec des dizaines de milliers d’adeptes, a passé le Shabbat en confinement dans une pièce de sa maison de Zanz Street, dans la ville au nord de New York.

Les communautés orthodoxe et haredi et les médias de la région de New York ont communiqué des listes de noms de personnes gravement malades du virus en demandant à leurs compatriotes juifs de réciter des psaumes et de prier pour leur guérison.

Les communautés Haredi aux États-Unis et en Israël ont connu une forte hausse des cas de COVID-19 en raison de leur mode de vie communautaire très fermé et parce que beaucoup ont d’abord refusé d’obéir aux consignes de distanciation sociale.

A LIRE : Certains juifs ultra-orthodoxes en Israël rejettent les consignes de l’État

Le rabbin Satmar Aaron Teitelbaum prononce un discours devant des milliers de disciples au Nassau Coliseum de Long Island, à New York, le 3 juin 2018. (Capture d’écran : YouTube)

Mardi, les médias new-yorkais ont rapporté que 100 personnes à Borough Park, un quartier Haredi à Brooklyn, ont été testées positives au virus – sur un total de 1 000 tests effectués dans la région par le service de soins d’urgence de la clinique Asisa.

La première grande épidémie de l’État s’est concentrée sur une autre communauté juive au nord de la ville, et dans le New Jersey, la ville de Teaneck, avec une importante population orthodoxe, a été appelée « ground zero » du fait de la crise du coronavirus dans l’État.

La semaine dernière, Avi Berkowitz, conseiller à la Maison Blanche, s’est entretenu avec les dirigeants hassidiques lors d’une conférence téléphonique au cours de laquelle il leur a enjoint de demander à leurs fidèles d’obéir aux consignes de distanciation sociale du gouvernement. Les rabbins ont accepté, émettant des instructions qui comprenaient des restrictions sur les rassemblements pour la prière publique.

Au début de ce mois, le chef de la communauté haredi lituanienne ou non hassidique d’Israël, le rabbin Chaim Kanievsky, a d’abord ordonné à ses centaines de milliers d’adeptes de défier les ordres du ministère de la Santé de fermer les écoles et les yéshivot.

Cette décision a déclenché un tollé et a conduit le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les responsables de la police à organiser des réunions avec les dirigeants Haredi pour les convaincre de respecter les restrictions.

Le rabbin Chaim Kanievsky dans sa maison à Bnei Brak, le 15 avril 2018. (Yaakov Naumi/Flash90)

Après plusieurs jours de discussions au cours desquels la plupart des établissements d’enseignement Haredi sont restés ouverts, Kanievsky a donné son accord.

Même après le revirement, qui a vu des restrictions drastiques imposées aux institutions Haredi, les médias ont fait état de plusieurs grands rassemblements organisés dans la communauté, ce qui a conduit la police à arrêter certains organisateurs d’événements.

Les deux grands rabbins d’Israël ont publié des décrets disant que la loi juive imposait l’obéissance aux règles du ministère de la Santé.

Certains articles de presse ont également noté que, dans le cas de la communauté Haredi d’Israël, une partie du pic des infections de coronavirus dans la communauté pourrait être due à des niveaux élevés de bénévolat dans les services médicaux et d’assistance par les membres de la communauté, qui ont mis beaucoup de personnes en contact avec ceux qui sont tombés malades avec COVID-19.

Mardi, le Grand Rabbin du Royaume-Uni, Ephraïm Mirvis, a ordonné la fermeture de toutes les synagogues affiliées à United Synagogue, le plus grand réseau de synagogues orthodoxes du pays.

Quelques-uns des élèves d’une école de garçons haredi à Ramat Beit Shemesh Bet, à l’ouest de Jérusalem, où les cours ont toujours lieu, le 18 mars 2020. (Crédit : Sam Sokol/JTA)

« Ces temps extraordinaires nous appellent à prendre des mesures extraordinaires », a déclaré M. Mirvis dans une lettre.

« Notre obligation, en vertu de la Torah, de protéger le caractère sacré de la vie transcende toutes les autres considérations. C’est pourquoi, avec beaucoup de douleur et le cœur lourd, en consultation avec les Dayanim (juges) du Beit Din de Londres (tribunal rabbinique), j’ai conclu que nous avons l’impératif halachique de suspendre toute activité dans toutes nos synagogues jusqu’à nouvel ordre », a-t-il écrit.

L’interdiction concerne les offices de prière ainsi que les rassemblements éducatifs, culturels et sociaux.

La JTA a contribué à cet article.

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