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L’Église épiscopalienne américaine s’interroge sur l’antisémitisme du 4e Évangile

Des membres de l’Église épiscopalienne américaine se sont alarmés "du risque d’utilisation de passages de l’Évangile de Jean lus le Vendredi saint pour justifier l’antisémitisme"

Des catholiques participent à une procession traditionnelle du chemin de croix à travers le quartier de Boyle Heights pendant la semaine sainte, le 15 avril 2022, à Los Angeles, en Californie. (Crédit : Mario Tama/Getty Images/AFP)
Des catholiques participent à une procession traditionnelle du chemin de croix à travers le quartier de Boyle Heights pendant la semaine sainte, le 15 avril 2022, à Los Angeles, en Californie. (Crédit : Mario Tama/Getty Images/AFP)

La commémoration chrétienne du Vendredi saint, qui marque la crucifixion et la mort de Jésus de Nazareth, a eu lieu le 15 avril dernier, deux jours avant le dimanche de Pâques.

À cette occasion, des membres de l’Église épiscopalienne des États-Unis se sont alarmés « du risque d’utilisation de passages de l’Évangile de Jean lus le Vendredi saint pour justifier l’antisémitisme », a rapporté le journal La Croix.

Ainsi, pour répondre à ce risque, ces religieux veulent demander à leur Église de revoir sa traduction du quatrième Évangile lors de sa prochaine convention générale, en juillet prochain, à Baltimore (Maryland), qui devrait réunir trois millions de personnes.

« Chaque année, pendant la Semaine sainte, l’Église épiscopalienne nous demande d’entendre des propos dénigrant les Juifs », indique le texte de la résolution.

Les chapitres 18 et 19 du quatrième Évangile répètent en effet une vingtaine de fois l’expression « les Juifs » – des passages considérés comme ayant participé à la justification de l’antisémitisme chrétien pendant des siècles.

« Cette résolution charge (le comité de liturgie) de développer des versions recommandées des lectures du lectionnaire de la Semaine sainte qui remédient à cet antisémitisme », poursuit le texte du diocèse de Washington, qui demande des changements « minimes » dans la traduction en vue de « mettre en lumière la puissance de la Passion de Jésus sans transmettre de message antisémite ».

La modification aurait pour but de ne pas donner l’impression de faire reposer la responsabilité de la Passion et de la mort du Christ sur le peuple juif.

Certains lieux de l’Église épiscopalienne utilisent déjà une version révisée, notamment l’un des diocèses new-yorkais, dont l’évêque a « autorisé des supports alternatifs pour le Vendredi saint qui abordent le problème de l’antisémitisme ».

Dans cette version, le terme « juif » est ainsi remplacé par « judéen ».

Depuis 2006, des résolutions ont été adoptées à quatre reprises reconnaissant que l’Évangile de Jean avait été utilisé pour « renforcer l’antisémitisme ». Elles demandaient toutes que soient élaborés des documents pour remettre en « contexte ».

« L’écoute des Écritures et les interprétations proposées par les prédicateurs ont eu un effet déterminant dans la formation d’attitudes anti-juives comme caractéristiques de l’identité chrétienne », exprimait un des textes élaborés. « Même si nous pouvons affirmer que l’Évangile de Jean n’est pas anti-juif, il semble qu’il le soit souvent à nos oreilles. »

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