L’envoyé américain en Israël critique Haaretz
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L’envoyé américain en Israël critique Haaretz

Le directeur de la publication a accusé l'administration Trump de soutenir la "politique" israélienne "d'obstruction du processus de paix et de perpétuation de l'apartheid"

L'ambassadeur américain en Israël David Friedman assiste à la réunion pour les relations israélo-américaines à la Knesset le 25 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
L'ambassadeur américain en Israël David Friedman assiste à la réunion pour les relations israélo-américaines à la Knesset le 25 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman s’en est pris vendredi au quotidien Haaretz après la publication d’une lettre ouverte dans le journal de gauche qui critiquait son soutien financier aux entreprises d’implantations.

« Qu’est devenu .@Haaretz ? Quatre jeunes enfants font actuellement la shiva pour leur père assassiné et cette publication qualifie leur communauté de ‘montagne de malédictions’. N’a-t-il aucune décence ? », a-t-il écrit sur Twitter.

Cette « montagnes de malédictions » dont Friedman s’est offusqué était un jeu de mot utilisé par le chroniqueur controversé Gidon Levy en référence à l’implantation Har Bracha, ou « montagne de bénédictions ».

Cette communauté du nord de la Cisjordanie était celle du rabbin Itamar Ben-Gal, un père de quatre enfants âgé de 29 ans qui a été mortellement poignardé par un terroriste arabe israélien aux abords de l’implantation d’Ariel dans la journée de lundi.

Itamar Ben-Gal, qui a été tué dans une attaque à l’arme blanche en Cisjordanie, le 5 février 2018. (Autorisation)

Vingt-quatre heures après le meurtre, Friedman s’était souvenu avoir offert une ambulance il y a quelques années à Har Bracha en espérant qu’elle « serait utilisée pour donner la vie à des bébés en bonne santé ».

« Au lieu de cela, un homme de Har Bracha a été assassiné par un terroriste, laissant derrière lui une épouse et quatre enfants. Les ‘leaders’ palestiniens ont salué le meurtrier. Je prie pour la famille Ben-Gal », concluait-il dans son tweet de mardi.

Dans sa chronique, Levy a évoqué le tweet de l’ambassadeur, exprimant son désaccord avec les bénéficiaires de sa donation.

« Avec ou sans l’ambulance de Friedman, Har Bracha est une montagne de malédictions. Cela a été une implantation établie, comme toute les autres, pour planter un bâton dans l’oeil des Palestiniens et planter un pieu dans toute chance d’un accord », a écrit Levy, soulignant la localisation de l’implantation, très profondément ancrée dans le nord de la Cisjordanie.

Le directeur de la publication de Haaretz Amos Schocken a répondu au tweet de Friedman vendredi, postant sur le réseau social que « Gideon Levy a raison. Tant que la politique d’Israël qui est soutenue par votre gouvernement et vous-même obstruera le processus de paix, procédera à l’annexion des territoires, perpétuera l’apartheid, luttera contre le terrorisme mais désirera payer son prix, il y aura plus de Shiva » [sept jours de deuil].

Le tweet de Friedman, publié mardi en début de matinée, a été également dénoncé par l’Autorité palestinienne à travers son porte-parole, qui a attribué la responsabilité de la « crise entre les Etats-Unis et les Palestiniens » à la rhétorique employée par l’ambassadeur.

« Ces déclarations de l’ambassadeur américain nous amènent à réfléchir à la relation qu’entretient ce dernier avec l’occupation : Représente-t-il les Etats-Unis ou Israël ? », s’est interrogé Nabil Abu Rudeineh dans un communiqué émis jeudi.

Les propos de Friedman ont suivi ceux du porte-parole du groupe terroriste du Hamas qui avait salué l’attentat contre Ben-Gal, disant que c’était la « continuation de la résistance à la déclaration de Trump sur Jérusalem ».

Ben-Gal est le deuxième israélien à avoir été tué en Cisjordanie en moins d’un mois. Le 9 janvier, le rabbin Raziel Shevach, 35 ans, était mort lors d’une fusillade aux abords de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.

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