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L’épidémie de grippe aviaire s’étend à une ferme bio dans le nord d’Israël

Le virus H5N1 infecte 5 000 poulets dans la communauté de Barak ; le ministère de l'Agriculture se dit préoccupé par la possibilité d'une transmission à l'être humain

Des ouvriers en tenue de protection au Moshav Givat Yoav, dans le nord d'Israël, suite à une épidémie de grippe aviaire, le 29 décembre 2021. (Michael Giladi/Flash90)
Des ouvriers en tenue de protection au Moshav Givat Yoav, dans le nord d'Israël, suite à une épidémie de grippe aviaire, le 29 décembre 2021. (Michael Giladi/Flash90)

L’épidémie de grippe aviaire qui a tué un grand nombre de volailles domestiques et sauvages ces dernières semaines dans le nord d’Israël s’est propagée à une nouvelle ferme, a déclaré jeudi le ministère de l’Agriculture.

L’épidémie de virus H5N1, qui a débuté dans la vallée de Hula et dans le moshav de Margaliot en Haute Galilée, près de la frontière libanaise, a maintenant atteint la communauté agricole de Barak, au sud d’Afula.

Environ 5 500 poulets sont infectés par le virus dans une ferme bio de Barak, a déclaré le ministère de l’Agriculture.

Le ministère a déclaré qu’il avait isolé le poulailler abritant les poulets infectés et arrêté la vente d’œufs provenant de cette ferme.

Illustration : Un vendeur d’oeufs au marché Machane Yehuda à Jérusalem, le 27 janvier 2018.

« Nous gérons une situation complexe qui évolue et qui nécessite de nombreuses réponses. J’ai donné l’ordre à nos équipes professionnelles de continuer à agir par tous les moyens disponibles, » a déclaré le ministre de l’Agriculture, Oded Forer.

Il a déclaré qu’il avait autorisé les importations d’œufs non taxées et qu’il n’y aurait pas de pénurie. Le ministère a déclaré que la coopérative de Barak produisait environ 100 000 œufs par an, ce qui représente environ 2,4 % du marché des œufs bio.

Le ministère a déclaré qu’il craignait que le virus n’infecte les humains vivant à proximité des volailles infectées et que les vétérinaires du ministère de l’Agriculture avaient travaillé « conformément aux procédures d’urgence » et surveillaient activement toutes les fermes du nord.

Il a été conseillé à la population de s’assurer de bien cuire les œufs et autres produits à base de poulet afin de tuer tout virus ou bactérie.

Quelque 5 000 oiseaux sont morts de la maladie dans la réserve du lac Hula, lors de la pire épidémie de grippe aviaire à avoir jamais touché la population d’oiseaux sauvages d’Israël.

Rassemblement des carcasses de grues sauvages tuées par la grippe aviaire dans la réserve naturelle du lac Hula, dans le nord d’Israël, le 27 décembre. (Hadas Kahaner, Autorité israélienne de la nature et des parcs)

À Margaliot, plus d’un demi-million de poules pondeuses sont mortes ou ont été abattues. Tous les poulaillers sont infectés et ont été fermés par les inspecteurs.

Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore réussi à déterminer comment la maladie virale hautement contagieuse H5N1 s’est introduite dans la réserve de Hula, qui attire des dizaines de milliers de grues pendant les saisons de migration du printemps et de l’été, d’autant que de la nourriture y est distribuée pour éloigner les oiseaux des champs de cultures commerciales.

Le risque que l’épidémie de grippe aviaire se propage à l’homme est réel et « très préoccupant », a déclaré mercredi le professeur Amnon Lahad, épidémiologiste de haut niveau.

« La nature répandue de la grippe aviaire est très préoccupante, surtout si l’on considère qu’elle infecte les poulets et pas seulement les oiseaux sauvages. Elle est passée de la faune sauvage aux animaux de rente, et j’espère qu’elle ne passera pas à l’homme », a-t-il déclaré mercredi.

La plupart des souches de grippe aviaire n’infectent pas les humains. Cependant, quatre souches ont suscité des inquiétudes : H5N1 depuis 1997, H7N9 depuis 2013, H5N6 depuis 2014 et H5N8 depuis 2016.

Le premier foyer de cet automne s’est déclaré au Moshav Nahalal dans la vallée de Jezreel, selon un avis envoyé aux éleveurs de volailles le 18 octobre par le service vétérinaire du ministère. Notant que la grippe aviaire est parfois transmise par des oiseaux sauvages – Israël se trouve sur la route de migration annuelle entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique – il a demandé le transfert immédiat de tous les poulets bio, en liberté et autres poulets de plein air dans des installations fermées.

Des carcasses de grues jonchent le lac de la réserve de la vallée de Hula, dans le nord d’Israël, le 26 décembre 2021, à la suite d’une épidémie de grippe aviaire. (Crédit : Guy Eilon/Autorité israélienne de la nature et des parcs)

Le 3 novembre, le virus a également été découvert au kibboutz Maayan Zvi, près de Zichron Yaakov, et au 21 novembre, il s’était propagé à un élevage de canards à Kfar Baruch dans la vallée de Jezreel et à un élevage de dindes à Ein Zurim, au sud de Kiryat Malachi, dans le sud d’Israël.

Les autorités ont déclaré que l’épidémie chez les poulets est en partie due au fait que les agriculteurs utilisent des cages primitives, à des conditions insalubres et à des failles dans la surveillance ou dans la déclaration des cas de la part des agriculteurs de Margaliot.

Les agriculteurs s’insurgent contre les propositions visant à supprimer les quotas de production d’œufs et à ouvrir le secteur à la concurrence locale et internationale.

La ministre de la protection de l’Environnement, Tamar Zandberg, a qualifié l’épidémie de « pire coup porté à la faune sauvage dans l’histoire du pays », et le Premier ministre Naftali Bennett a discuté de l’épidémie avec de hauts responsables de la sécurité.

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