Les archéologues et le « doigt » égyptien du mont du Temple
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Les archéologues et le « doigt » égyptien du mont du Temple

Le fragment de pierre d’une longueur de 4 centimètres date peut-être de l’Âge de Bronze tardif, déclarent les responsables du Projet de Fouilles du mont du Temple, mais plus de recherches et de financements sont nécessaires pour s’en assurer

Ilan Ben Zion est journaliste au Times of Israel. Il est titulaire d'une maîtrise en diplomatie de l'Université de Tel Aviv et d'une licence de l'Université de Toronto en études du Proche-Orient et en études juives

Le Dôme du Rocher, à gauche, sur le complexe appelé al-Haram al-Sharif par les musulmans et mont du Temple par les juifs, et le mur Occidental, site le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, en octobre 2007. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Le Dôme du Rocher, à gauche, sur le complexe appelé al-Haram al-Sharif par les musulmans et mont du Temple par les juifs, et le mur Occidental, site le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, en octobre 2007. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Dans un communiqué publié juste avant Pâques, le Projet des Fouilles du mont du Temple a annoncé dimanche avoir trouvé un doigt en pierre qui a pu appartenir à une statue égyptienne de l’Âge de Bronze, tout en reconnaissant que ce n’était pas certain.

L’annonce peu habituelle constitue peut-être une tentative de mettre la pression sur les autorités israéliennes afin de résoudre un problème de financement qui a mis les opérations à l’arrêt. En effet Le Projet a fait l’annonce d’une découverte égyptienne à l’approche de la fête célébrant l’histoire biblique de l’Exode d’Egypte, juste après s’être retrouvé dans une situation très difficile au cours des dernières semaines, son donateur principal, la Fondation de la Ville de David, ayant retiré son financement.

Les organisations israéliennes d’archéologie relient souvent des découvertes liées à l’Egypte à cette fête parce qu’elle est associée à l’Egypte ancienne.

« L’objet a été trouvé il y a un certain temps », a déclaré Gabriel Barkay, le directeur du projet, au Times of Israël lors d’une conversation téléphonique, en refusant de spécifier quand. Il a dit que le projet de fouilles avait cessé son activité il y a deux semaines.

L’organisation présidée par Barkay fouille de la terre a été interdite par les Palestiniens du mont du Temple lors d’une construction non encadrée entre 1996 et 1999.

Le Projet de Fouilles du mont du Temple a publié un communiqué lundi dernier annonçant l’arrêt des opérations à cause d’un « manque de financement et des divergences entre les directeurs du Projet de Fouilles et la Fondation de la Ville de David ». Le Bureau du Premier ministre a déclaré mercredi que la poursuite du financement avait été assurée, mais des officiels du projet ont déclaré dimanche que la crise n’avait toujours pas été résolue.

Le mont du Temple de Jérusalem est considéré comme le lieu le plus saint du judaïsme, le site des deux temples juifs, et est aussi le troisième site le plus saint des Musulmans.

Le Waqf islamique de Jérusalem, l’institution supervisant le bâtiment de la Mosquée Al-Aqsa, a creusé une partie du mont du Temple pour la construction d’une mosquée souterraine dans la zone connue comme les Ecuries de Salomon. Des dizaines de milliers de tonnes de poussières, environ 400 chargements de camions, ont été extraits par des engins de chantiers, sans la supervision d’archéologues, et ont été déversées en dehors de la Vieille Ville.

Les tas de terre ont reposé dans la Vallée de Kidron pendant quatre ans jusqu’à ce que le projet commence en 2004. Depuis le début des opérations, a expliqué le Projet des Fouilles du mont du Temple, on a examiné environ 70 % du sol retiré du site.

Dans son communiqué, le Projet des Fouilles du mont du Temple a précisé que le doigt retrouvé « venait probablement d’Egypte », mais qu’il ne pouvait pas être daté précisément, et « qu’il était actuellement examiné par les experts dans le domaine ».

Fragment d'un doigt en pierre de ce que les archéologues soupçonnent d'avoir été une statue égyptienne, trouvée au mont du Temple. (Crédit : Temple Mount Sifting Project)
Fragment d’un doigt en pierre de ce que les archéologues soupçonnent avoir été une statue égyptienne, trouvée au mont du Temple. (Crédit : Temple Mount Sifting Project)

Barkay a déclaré au Times of Israël qu’il était le seul a étudier actuellement l’objet et qu’il l’enverrait à des « chercheurs d’art ancien, des chercheurs égyptiens et d’autres spécialistes » dans un futur proche.
« C’est encore à un stade précoce. La recherche n’a pas été achevée », a-t-il affirmé.

Dans un communiqué de presse publié par le Projet de Fouilles du mont du Temple, Barkay était plus sûr de ses affirmations au sujet de l’objet qu’il ne l’était dans sa conversation téléphonique.

« C’est un fragment d’une statue de taille humaine, qui a été fabriquée en Egypte et importée à Canaan, précisait le communiqué. Nous voyons clairement qu’il s’agit d’un petit doigt rose mesurant 3,5 centimètres, de la main d’un homme, qui inclut également un ongle. La statue est faite d’une pierre noire originaire d’Egypte. La statue représentait certainement une figure de dieu ou de roi. La pierre noire qui compose la statue prouve son origine égyptienne ».

Il a supposé que la statue auquel le doigt appartenait datait de l’Âge de Bronze tardif, il y a environ 3 500 ans, en se basant sur le style, mais a reconnu que « Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que la statue date d’une période plus récente ».

« Si c’est bien effectivement égyptien, et apparemment ça l’est, les objets égyptiens de Jérusalem des périodes anciennes sont très rares ». Il a déclaré que l’on pouvait les compter sur les doigts de la main.

La découverte du Projet des Fouilles du mont du Temple a été présentée comme un soutien à son message principal rappelant qu’il avait urgemment besoin de fonds pour continuer à travailler, et malgré les affirmations du Bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sa crise financière n’avait pas été résolue.

Contrairement aux informations publiées la semaine dernière, précisait-on, « les fouilles n’ont pas repris, mais une réunion sera prévue après les fêtes de Pâques pour résoudre la crise afin de reprendre les fouilles ».

« Comme nous l’avions mentionné dans notre première annonce, le problème principal auquel nous faisons face est le besoin de trouver le financement nécessaire à la recherche et à la présentation des nombreux objets que nous avons découverts. Les fouilles ne peuvent pas reprendre avant que cela ait été résolu », a-t-il déclaré.

Depuis le lancement du projet, plus de 250 000 volontaires du monde entier ont lavé à grandes eaux les seaux de terre en provenance du mont du Temple pour y trouver des objets minuscules.

Alors que des critiques ont souligné que les objets trouvés ne l’ont pas été sur place, car les tas ont été laissés sans surveillance pendant plusieurs années avant d’être déplacés sur le site du Projet de Fouilles à la base du mont Scopus, selon Barkay les découvertes sont incontestablement liées au mont du Temple et disposent d’une importance scientifique si l’on souhaite répondre à des questions liées au site.

Bien que le Projet des Fouilles du mont du Temple se définisse lui-même comme étant « le premier matériel archéologique à avoir été jamais trouvé à l’intérieur du mont du Temple lui-même », l’archéologue britannique R.W. Hamilton avait conduit des travaux au sommet du site en 1930 dans le cadre du Département des Antiquités sous le mandat britannique.

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