Les candidats sommés d’intégrer les Juifs de la diaspora dans leurs campagnes
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Les candidats sommés d’intégrer les Juifs de la diaspora dans leurs campagnes

Gesher, une ONG vieille de 40 ans qui oeuvre à réduire les écarts entre les communautés juives, a lancé la campagne #VoteDiaspora

Une vidéo produite par l'ONG Gesher recommande aux Israéliens de demander aux candidats aux élections ce qu'ils feront pour renforcer les relations entre Israël et la diaspora, publiée le 6 mars 2019 (Capture d'écran : Twitter)
Une vidéo produite par l'ONG Gesher recommande aux Israéliens de demander aux candidats aux élections ce qu'ils feront pour renforcer les relations entre Israël et la diaspora, publiée le 6 mars 2019 (Capture d'écran : Twitter)

JTA — Les Juifs de la diaspora ne sont pas autorisés à voter pendant les élections israéliennes. Une telle proposition a déjà été soumise et, jusqu’à présent, toujours écartée par les législateurs israéliens.

Et – soyons honnêtes – l’électeur israélien moyen ne pense que rarement – si cela lui arrive – aux Juifs de la diaspora. Il base son vote sur les mêmes sujets que d’autres qui votent ailleurs – par exemple l’économie, l’éducation, la santé et la sécurité (OK, ce dernier élément est typiquement israélien).

Il n’est donc guère surprenant que la majorité des candidats qui se présentent aux élections nationales du 9 avril au sein de l’Etat juif ne s’inquiètent pas réellement de voir les communautés juives qui vivent hors d’Israël occuper une place de choix dans leur agenda ou dans leur programme.

Ce qui n’a pas dissuadé une organisation non-gouvernementale de tenter de remédier à la situation.

Gesher diffuse actuellement un clip vidéo de trente secondes dans lequel neuf jeunes Juifs de la diaspora, appartenant à des communautés de tout le globe – originaires notamment d’Australie, des Pays-Bas, d’Espagne et des Etats-Unis – appellent les électeurs israéliens à « demander aux politiciens ce qu’ils feront pour connecter Israël avec les Juifs du monde entier ». La vidéo est sous-titrée est la question est répétée en hébreu.

Ce clip est soutenu par le hashtag #VoteDiaspora.

Il a devancé deux incidents en Israël qui ont mis en exergue la déconnexion entre les Israéliens et les Juifs de la diaspora : les violences qui ont émaillé, vendredi matin, le service de prière de Rosh Hodesh organisé par les Femmes du mur, au mur Occidental, à l’occasion des trente ans des services du groupe et l’annulation par la ministre Miri Regev de l’allumage d’une torche qui était réservé à un membre des communautés juives de la diaspora durant une cérémonie ayant lieu la veille de Yom HaAtsmaout, la journée de l’Indépendance israélienne.

Gesher est une ONG qui travaille depuis 40 ans à construire le lien entre des segments variés de la société israélienne. Ces dernières années, elle s’efforce également de présenter en profondeur les Juifs qui vivent à l’étranger aux leaders d’opinion israéliens.

Le journaliste israélien Tzvika Klein est un ancien élève du programme de leadership de Gesher. Klein, qui a fait son Alyah depuis Chicago aux côtés de sa famille alors qu’il était enfant, était une recrue naturelle pour le programme, étant reporter pour le monde juif au sein du journal en hébreu Makor Rishon et passant sa vie professionnelle à traiter les sujets relatifs aux Juifs de la diaspora.

« Elles ne seront jamais un sujet moteur des élections mais nous tentons toutefois de les introduire », dit-il en évoquant les questions liées à la diaspora. Il se réjouit également que la campagne puisse ouvrir « un débat public » sur le sujet

Klein explique que les 280 anciens élèves des programmes mis en place par Gesher – qui apprennent aux leaders d’opinion politiques israéliens à mieux connaître les communautés juives de l’étranger en leur faisant prendre part notamment à des séjours de plusieurs semaines dans les communautés américaine et britannique – ont adopté la campagne #VoteDiaspora en la partageant, entre autres, sur les réseaux sociaux.

Les partis politiques qui se présentent aux prochaines élections ont convenu d’envoyer des représentants lors d’un événement organisé la semaine prochaine par Gesher et qui permettra à des journalistes, tous des anciens élèves des programmes de l’organisation, d’interviewer les responsables sur des questions qui touchent aux communautés juives qui vivent à l’étranger. Les chefs de deux formations — Rafi Peretz de HaBayit HaYehudi et Tamar Zandberg du Meretz – figurent parmi les invités.

« L’Etat d’Israël est l’Etat du peuple juif tout entier et cela exige que nous réfléchissions également à la question des Juifs de la diaspora », a commenté dans un communiqué le directeur-général de Gesher, Ilan Geal-Dor. « Sans cette aide apportée par les Juifs hors des frontières d’Israël, nous n’aurions peut-être pas survécu. Sans liens et partenariats, nous avons trop à perdre ».

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