Les chercheurs israéliens exploitent l’or dans la bataille contre le cancer
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Les chercheurs israéliens exploitent l’or dans la bataille contre le cancer

Des nano-particules d'or ont été utilisées pour aider à intensifier les radiations absorbées par les tumeurs de la tête et du cou chez la souris

Photo d'illustration de pépites d'or (Crédit : bodnarchuk, iStock by Getty Images)
Photo d'illustration de pépites d'or (Crédit : bodnarchuk, iStock by Getty Images)

L’or, qui a été utilisé tout au long de l’histoire dans des desseins aussi variés que la frappe de la monnaie, le remplissage des cavités et la décoration des desserts, a été récemment employé sous la forme de nano-particules pour faciliter les radiothérapies.

Faisant avancer cet usage d’un pas de plus, une équipe de chercheurs israéliens l’a utilisé pour trouver une solution aux cancers de la tête et du cou – ceux qui touchent la bouche, le nez ou la gorge et qui sont largement causés par l’alcool et l’usage du tabac. Parmi les symptômes de ces cancers, une grosseur ou une plaie qui ne guérit pas, un mal de gorge qui perdure à travers le temps malgré les soins, des difficultés à avaler et un enrouement.

Ces cancers se définissent comme touchant les régions de la bouche, du nez et de la gorge, et sont très largement causés par l’usage de l’alcool et du tabac.

Image d’un patient atteint de cancer et sa perfusion goutte à goutte. (CIPhotos, iStock par Getty Images)

Environ 4 % de tous les cancers aux Etats-Unis sont des cancers de la tête et du cou et ce sont 65 000 personnes, dans le pays, qui auraient été diagnostiquées en 2017, selon l’Institut national du cancer américain.

« Un problème majeur dans le traitement de ces cancers est leur résistance à la radiothérapie traditionnelle », explique Aron Popovtzer, professeur d’oncologie à la faculté de médecine de Sackler et à l’université de Tel Aviv, qui a dirigé l’étude. « Environ 40 % des patients décèdent même après avoir reçu un traitement agressif ».

L’objectif majeur de l’étude a été de développer un moyen de dépasser cette résistance en augmentant le volume des radiations susceptibles d’être absorbées par la tumeur.

« Grâce à des études antérieures, nous savions que l’or aide à augmenter l’intensité des radiations absorbées par les tumeurs », commente-t-il lors d’un entretien téléphonique. « Mais si vous injectez des particules d’or dans un individu, elles peuvent aller n’importe où. La clé était de savoir comment faire pour que l’or s’inscrive dans la tumeur ».

Et les chercheurs ont donc tenté d’attacher de minuscules particules d’or – des nano-particules qui peuvent être trouvées commercialement – à un médicament utilisé communément dans le traitement des tumeurs, le cetuximab. Par le biais d’une formule chimique développée, ils ont attaché l’or au médicament puis administré ce dernier à des souris. En ciblant les tumeurs, en les réduisant, le médicament a également déposé des résidus d’or dans les tumeurs.

Le professeur Aron Popovtzer de l’université de Tel Aviv (Autorisation)

« De cette façon, nous sommes parvenus à connecter l’or à la tumeur », dit Popovtzer. « Puis nous avons fait une radiothérapie et la présence de l’or sur la tumeur a augmenté l’effet des radiations ».

L’équipe a également vérifié la toxicité de la formulation et n’a déterminé aucun effet secondaire de l’or sur le foie ou sur les reins, ajoute-t-il.

Les chercheurs s’efforcent aujourd’hui de trouver des fonds pour lancer une étude sur les être humains. « Nous programmons maintenant » une étude sur les personnes, confirme Popovtzer.

L’équipe commence également à constater les effets de l’or et de la radiothérapie sur des souris atteintes de tumeurs du cerveau.

Le groupe de chercheurs est issu de la faculté de médecine Sackler de l’université de Tel Aviv, de l’Institut d’oncologie, du centre pour le cancer Davidoff au centre médical Rabin et de la faculté de génie et institut de nanotechnologie et de matériaux avancés de l’université de Bar Ilan. Leurs découvertes ont été publiées pour la première fois dans le journal Nanoscale au mois de janvier 2016.

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