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Les collaborateurs du Premier ministre rejettent la nouvelle note de Moody’s

Netanyahu et Smotrich ont déclaré "qu'avec l'aide de Dieu, l'économie restera forte" ; des sources proches du Premier ministre affirment que l'agence est "induite en erreur"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre des Finances Bezalel Smotrich arrivant pour une réunion au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 23 février 2023. (Crédit : Kobi Gideon/Bureau du Premier ministre)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre des Finances Bezalel Smotrich arrivant pour une réunion au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 23 février 2023. (Crédit : Kobi Gideon/Bureau du Premier ministre)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich ont publié une déclaration commune samedi soir, en réponse à la principale agence de notation Moody’s, qui a abaissé vendredi les perspectives économiques d’Israël de positives à stables en raison de la tentative très controversée du gouvernement de réformer radicalement le système judiciaire.

« L’économie israélienne est stable et solide et, avec l’aide de Dieu, elle le restera », peut-on lire dans la déclaration.

Avant la publication de la déclaration, la Douzième chaîne a cité des « sources proches du Premier ministre » – souvent un code pour des messages transmis au nom du Premier ministre lui-même – qui ont critiqué l’évaluation de Moody’s. Les sources ont déclaré que les agences de notation, telles que Moody’s, n’étaient pas des agences de notation dignes de ce nom.

Ces sources ont déclaré que les agences de notation telles que Moody’s « sont affectées par l’atmosphère ». « Elles ont des amis en Israël qui leur racontent des histoires. Sont-ils bien informés [sur les questions] ? Pas du tout. En discutant avec eux, nous avons découvert qu’ils ne saisissaient pas vraiment les subtilités » de la réforme.

La Douzième chaîne a rapporté que ces derniers jours, Netanyahu et le président Isaac Herzog, qui accueille les négociations de compromis sur la réforme, ont eu des discussions urgentes avec de hauts fonctionnaires de Moody’s afin de rassurer l’agence.

« Ils n’étaient pas au courant que Netanyahu avait dit que le projet de loi concernant la Cour suprême ne serait pas adoptée telle que [le ministre de la Justice] Yariv Levin l’avait présentée – et c’est la clause dite ‘dérogatoire’ qui les a le plus troublés », ont – à titre d’exemple – déclaré les sources. La clause dite « dérogatoire » est un projet de loi clé du plan de réforme du système judiciaire qui permettrait à la Knesset d’annuler toute décision que la Cour aurait invalidait avec une majorité simple de 61 députés.

La Douzième chaîne a noté que la dernière évaluation de Moody’s fait suite à des mois de conversations avec de hauts responsables de l’économie et du Trésor.

Les sources ont également ajouté que « le fait que seules les perspectives aient été mises à jour et non la notation elle-même – malgré une campagne agressive du mouvement de protestation – montre qu’ils comprennent eux aussi que l’économie israélienne est forte ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le ministre de la Justice Yariv Levin, à gauche, lors d’une réunion du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 avril 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

« Les analystes de l’agence de notation Moody’s reconnaissent à juste titre la force de l’économie israélienne dans tous les indices et la direction économique correcte et responsable que nous menons, avec la gestion judicieuse des dépenses publiques et l’avancement des réformes qui encouragent la croissance », ont déclaré Netanyahu et Smotrich.

« La préoccupation des analystes de Moody’s concernant la controverse publique et son effet sur la stabilité politique et économique d’Israël est naturelle pour ceux qui ne connaissent pas la force de la société israélienne. »

Dans sa décision, l’agence de notation a cité la « détérioration de la gouvernance d’Israël » au cours des mois de bouleversements provoqués par la tentative très controversée du gouvernement de réformer radicalement le système judiciaire.

« Nous croyons en la force de la société israélienne, en son unité et en sa capacité à surmonter les conflits et les crises, comme nous l’avons fait à maintes reprises dans le passé, et nous sommes convaincus qu’avec l’aide de Dieu, il en sera de même cette fois-ci », ont-ils ajouté dans le communiqué commun.

Le président de la commission de la Constitution, le Droit et la Justice, Simcha Rothman, l’un des principaux instigateurs de la réforme du système judiciaire, a déclaré que Moody’s, dans son évaluation, avait en réalité « dit des choses très dérangeantes sur la protestation et les dommages qu’elle a causés » en « entraînant la Fédération nationale du syndicat des travailleurs et l’armée dans les protestations ».

Moody’s a déclaré que « la manière dont le gouvernement a tenté de mettre en œuvre une réforme de grande envergure sans rechercher un large consensus indique un affaiblissement de la force institutionnelle et de la prévisibilité politique ».

Samedi, Rothman a déclaré que les journalistes qui avaient présenté l’évaluation comme une critique du rôle du gouvernement dans le récent chaos étaient des « activistes de la protestation » et des « propagandistes ».

Le président de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, le député Simcha Rothman, lors d’une audience de la commission, le 27 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Fin mars, Netanyahu a annoncé une suspension du processus législatif visant à remanier la Cour suprême, alors que la coalition et l’opposition organisent des pourparlers pour tenter de parvenir à un consensus sur la réforme judiciaire, mais le Premier ministre a également souligné que le processus législatif reprendrait même si aucun accord n’était conclu.

Le rapport de l’agence de notation a confirmé vendredi les craintes d’un abaissement de la perspective de crédit d’Israël, comme Moody’s l’avait annoncé le mois dernier.

Les manifestations hebdomadaires de masse dans tout le pays contre les projets du gouvernement visant à remanier le système judiciaire se sont poursuivies, même après que Netanyahu a mis le processus législatif en pause. Les membres de la coalition se sont engagés à le poursuivre après les congés de Pessah de la Knesset.

Bien que les perspectives de crédit d’Israël aient été revues à la baisse vendredi, l’agence a maintenu la note de crédit actuelle du pays à A1, citant « la forte croissance économique et l’amélioration de la solidité fiscale ».

Le logo de Moody’s Corp. sur un bâtiment de New York, au mois d’août 2010. (Crédit : TAP Photo/Mark Lennihan)

L’économie israélienne, selon Moody’s, « s’est avérée résistante à de nombreux chocs économiques et géopolitiques au cours des dernières décennies et s’est développée à un rythme rapide, aidée par les industries de haute technologie mondialement compétitives d’Israël ». « Les projections de base de Moody’s tablent sur la poursuite d’une croissance robuste à moyen-terme. »

« L’économie israélienne s’est développée à un rythme rapide au cours des dernières années, avec une moyenne de 4,1 % sur les dix dernières années, jusqu’en 2022, aidée dans une large mesure par les industries de haute technologie mondialement compétitives et de plus en plus diversifiées », a déclaré l’agence.

Le secteur israélien de la high-tech a longtemps été présenté comme le principal moteur de la croissance économique du pays, représentant 49 % du total des exportations et générant environ 15 % du PIB en 2022.

Des dizaines de milliers d’Israéliens manifestant contre les projets du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 15 avril 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Il s’agit d’un élément clé de l’opposition aux projets de refonte judiciaire du gouvernement, certaines entreprises ayant transféré des fonds importants à l’étranger et menacé de s’installer ailleurs si la démocratie était mise à mal.

Moody’s a averti vendredi que les notes de crédit d’Israël pourraient également être « soumises à des pressions à la baisse si les tensions actuelles devaient se transformer en une crise politique et sociale prolongée ayant un impact négatif important sur l’économie, éventuellement lié à une baisse substantielle des entrées de capitaux dans l’important secteur de la high-tech et à la délocalisation d’entreprises israéliennes à l’étranger ».

Moody’s a déclaré que si le gouvernement israélien menait effectivement des délibérations, il avait également « répété son intention de modifier le mode de sélection des juges ». Cela signifie que le risque de nouvelles tensions politiques et sociales au sein du pays subsiste. Mais si un compromis est trouvé « sans aggraver ces tensions, les tendances économiques et fiscales positives que Moody’s avait précédemment identifiées seront maintenues ».

Au début du mois, l’OCDE a averti que le rythme de croissance économique du pays devrait se ralentir et que « les risques sont orientés à la baisse, en raison d’une forte incertitude au niveau mondial et national ». L’organisation prévoit un ralentissement du taux de croissance du PIB, qui devrait passer de 6,4 % l’année dernière à 3 % en 2023 et à 3,4 % en 2024.

Vendredi, la publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) de mars, une mesure de l’inflation qui suit le coût moyen des biens ménagers, a montré une augmentation de 0,4 % par rapport à février. L’IPC a oscillé au-dessus de 5 % en termes annuels au cours des six derniers mois, en deçà de la fourchette cible de 1 % à 3 % fixée par le gouvernement.

La hausse de l’inflation s’est produite malgré les mesures prises par la Banque d’Israël pour la freiner. Au cours de l’année écoulée, la Banque centrale a régulièrement augmenté son taux d’intérêt de référence, qui est passé d’un niveau record de 0,1 % en avril dernier à 4,5 % au début de ce mois, afin de tenter de freiner la croissance des prix.

L’inflation a été plus lente à diminuer en partie à cause de la faiblesse du shekel, qui rend les produits importés plus chers. Depuis le début de l’année, la monnaie locale s’est dépréciée d’environ 4 % par rapport au dollar américain. L’indice du dollar américain, qui mesure le billet vert par rapport à six grandes monnaies mondiales, a baissé d’environ 2 % depuis le début de l’année 2023.

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