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L’OCDE prévoit une croissance modérée pour Israël, met en garde contre la réforme

Le PIB devrait croître à un rythme plus progressif, autour de 3 %, en 2023 dans un contexte d'incertitude mondiale et nationale ; le taux de chômage atteindra 4,3 % fin 2023

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Des gens dans le centre de la ville côtière méditerranéenne d’Israël, Tel Aviv, le 1er décembre 2021. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Des gens dans le centre de la ville côtière méditerranéenne d’Israël, Tel Aviv, le 1er décembre 2021. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

L’OCDE a déclaré que le dynamisme du secteur technologique a continué à stimuler la reprise d’Israël après la pandémie de l’année dernière, mais a averti que la croissance économique du pays devrait se modérer, en raison de l’incertitude mondiale et nationale.

Bien que le rapport des Études économiques de l’OCDE pour Israël publié lundi ne mentionne pas les changements litigieux concernant le système judiciaire du pays, il met en garde contre le fait que « l’indépendance judiciaire et les freins et contrepoids judiciaires sont essentiels à un système solide de lutte contre la corruption et d’intégrité publique, à la confiance dans le gouvernement et les institutions publiques et à un environnement des affaires qui attire l’investissement et favorise la performance économique ».

« En Israël, les niveaux de corruption perçus sont plus élevés que la moyenne des pays de l’OCDE », a déclaré l’OCDE. « La transparence du gouvernement et les faibles niveaux de corruption sont essentiels pour stimuler l’efficacité du secteur public. »

« La corruption peut détourner les ressources publiques des dépenses productives et est associée à une baisse des dépenses dans les services sociaux, y compris la santé et l’éducation », prévient le rapport.

Dans son étude, l’OCDE indique que le PIB devrait croître à un rythme soutenu, quoique plus modéré, passant de 6,4 % l’an dernier à 3 % en 2023 et à 3,4 % en 2024. En 2022, la croissance moyenne des pays de l’OCDE était de 2,8 %.

« L’économie a fortement rebondi après la pandémie de COVID-19 et s’est montrée résistante aux répercussions de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine. Néanmoins, l’inflation élevée va ralentir la croissance de la consommation privée réelle », a déclaré l’OCDE. « Le ralentissement mondial devrait affaiblir la demande des partenaires commerciaux. »

« Les risques sont orientés à la baisse, en raison de la forte incertitude mondiale et nationale », a ajouté l’OCDE dans son rapport.

L’OCDE a noté que bien que l’autosuffisance d’Israël en gaz naturel atténue les pressions mondiales sur les prix de l’énergie, la hausse de l’inflation devrait ralentir la croissance de la consommation privée réelle, et la hausse des taux d’intérêt devrait peser sur la croissance de l’investissement.

La Banque d’Israël a régulièrement augmenté son taux d’intérêt de référence, qui est passé d’un niveau record de 0,1 % en avril dernier à 4,25 % cette année, dans le but de maîtriser l’inflation qui, avec plus de 5 %, n’a pas atteint la fourchette cible de 1 % à 3 % fixée par le gouvernement. Dans le même temps, l’affaiblissement du shekel renchérit les produits importés, ce qui alimente les prix à la consommation, tels que le coût de l’essence.

L’OCDE a également averti que les risques liés au secteur de l’immobilier devraient continuer à être surveillés de près, car les prix de l’immobilier ont augmenté rapidement.

« La forte exposition des banques au secteur immobilier nécessite une surveillance étroite », a déclaré l’OCDE.

L’OCDE prévoit un léger ralentissement du marché du travail en raison de la modération de la croissance économique. Le taux de chômage, qui était de 3,8 % en 2022, devrait atteindre 4,3 % en 2023 et rester à un niveau similaire en 2024, selon les données de l’OCDE.

Dans le même temps, l’OCDE note que le secteur technologique est confronté à des pénuries de main-d’œuvre, les femmes, les Arabes israéliens et les haredim étant sous-représentés dans l’industrie.

« L’emploi des hommes haredim n’a augmenté que modérément sur la période 2010-20, et reste nettement inférieur à celui des autres groupes et en deçà des objectifs en matière d’emploi », a déclaré l’OCDE. « Plusieurs avantages et exemptions spécifiques aux hommes haredi découragent et retardent leur participation au marché du travail. »

L’organisation a recommandé au gouvernement de supprimer les subventions accordées aux étudiants des yeshivot et de conditionner l’aide à la garde d’enfants à l’emploi des pères en plus de celui des mères, ainsi que d’augmenter le financement des écoles arabes.

L’OCDE a déclaré que, bien que le solde budgétaire du pays se soit amélioré, « la croissance des recettes a commencé à ralentir à mesure que la reprise s’atténue et que certains facteurs transitoires, liés par exemple à des évaluations immobilières élevées, s’estompent ».

« Le maintien d’une politique budgétaire neutre éviterait d’accroître les pressions inflationnistes », recommande l’OCDE.

En outre, l’OCDE a appelé le gouvernement à s’attaquer aux pressions qui pèsent sur la viabilité budgétaire à long terme.

« Les défis démographiques, liés au vieillissement et à l’augmentation de la part des groupes de population peu actifs sur le marché du travail, pèseront sur les dépenses. Il en sera de même pour les investissements nécessaires pour renforcer les infrastructures et les compétences », selon le rapport. « Le maintien de la viabilité budgétaire à long terme nécessitera une amélioration de l’efficacité des dépenses, un relèvement progressif de l’âge de la retraite et une augmentation des recettes fiscales. »

Parmi les risques cités dans le rapport figurent également « une augmentation de l’incertitude ou des incidents de sécurité [qui] pourraient peser sur le climat des affaires et l’investissement », ainsi que « les vents contraires liés au déclin prononcé des marchés boursiers, en particulier des valeurs technologiques, en Israël et aux États-Unis, où de nombreuses entreprises israéliennes de haute technologie sont cotées en bourse ».

Pour l’avenir, l’OCDE s’attend à ce que l’inflation ralentisse progressivement pour se rapprocher du point médian de la fourchette cible de la banque centrale (1-3 %), ce qui soutiendra une reprise de la demande intérieure en 2024.

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