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Moody’s confirme la notation A1 d’Israël avec une perspective « positive »

La célèbre agence de notation a fait valoir la croissance économique forte et "l'agenda des réformes gouvernementales" qui, selon elle, sont à l'origine de ces évaluations

Le logo de Moody's Corp. sur un bâtiment de New York, au mois d'août 2010. (Crédit : TAP Photo/Mark Lennihan, File)
Le logo de Moody's Corp. sur un bâtiment de New York, au mois d'août 2010. (Crédit : TAP Photo/Mark Lennihan, File)

La célèbre agence de notation Moody’s a revu à la hausse la perspective économique d’Israël en la faisant passer de « stable » à « positive », vendredi, confirmant la notation de crédit du pays à A1.

Moody’s a cité la croissance économique forte et « l’agenda des réformes » du gouvernement dans des dossiers difficiles, tels que la productivité du travail et la participation des populations sous-représentées dans la main-d’œuvre. La perspective économique d’Israël avait été pour la dernière fois considérée comme « positive » au mois de juillet 2018, puis elle avait été abaissée à « stable » au mois d’avril 2020 quand l’épidémie de COVID-19 avait commencé à s’installer dans le pays.

En 2021, l’économie israélienne a connu une croissance de 8,1%, surpassant les prévisions et marquant le taux de croissance financière le plus élevé à avoir été enregistré en Israël depuis 21 ans, selon des données qui avaient été révélées au mois de février par le Bureau central des statistiques.

Selon ces mêmes données, le quatrième trimestre fiscal avait connu une croissance vertigineuse de 16,6 % du PIB, amenant la moyenne annuelle à 8,1 %, le pourcentage le plus élevé depuis l’an 2000 quand le taux de croissance avait été de 8,4 %.

La Banque d’Israël avait estimé que le taux de croissance à 6,5 % en 2021. Les estimations plus optimistes du ministère des Finances avaient fait état d’une croissance de 7,1 %. Au mois de décembre, l’OCDE a indiqué que l’économie israélienne avait dépassé toutes les prévisions et qu’elle avait rebondi avec force en 2021, citant la campagne de vaccination en cours (c’était alors la campagne d’administration d’une injection de rappel), un marché du travail en train de se rétablir et un secteur technologique en plein essor.

Le taux annuel d’inflation a été de 3,5 % au mois de février – le chiffre le plus élevé depuis 2011 – contre 3,1 % au mois de janvier, au-dessus de la cible de banque centrale qui l’avait fixé à entre 1 % et 3 %. La Banque d’Israël devrait annoncer une augmentation des taux d’intérêt la semaine prochaine pour combattre l’inflation.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, assiste à une conférence de presse à Jérusalem, le 31 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90 / Archives)

Moody’s avait savoir en 2021 que « la métrique budgétaire israélienne s’est améliorée plus vite qu’escompté, une amélioration aidée par des revenus fiscaux dynamiques dans un contexte de croissance solide et résiliente ».

L’agence a ajouté que le gouvernement de coalition, avec à sa tête Naftali Bennett, s’avérait être « plus stable et plus soudé que prévu initialement » tout en reconnaissant qu’il avait dorénavant perdu sa courte majorité avec le départ de la cheffe de la coalition du parti Yamina, Idit Silman. Moody’s a indiqué : « Il reste à voir si le gouvernement restera au pouvoir pour mettre en œuvre son programme de réforme global parallèlement à des politiques budgétaires prudentes ».

Le gouvernement a cherché à mettre en œuvre des réformes visant à encourager « la croissance de la productivité en améliorant les infrastructures physiques, les ressources humaines et les niveaux de compétences », a déclaré Moody’s, mais le pays doit toutefois encore relever des défis de taille. La faible productivité d’Israël (elle serait, selon l’OCDE, 35% plus basse que les pays en tête de son classement des État-membres dans ce domaine) a pour principal moteur les disparités entre le secteur hi-tech et les secteurs plus traditionnels, les industries lourdement régulées comme la fabrication et les écarts socioéconomiques qui ne cessent de se creuser.

L’agence a déclaré que l’affirmation de la note A1 venait équilibrer les perspectives de croissance économique solide et la résilience face au fardeau relativement lourd de la dette publique pour le gouvernement. L’échelle de notation de Moody’s va de Aaa (la plus élevée) à C (la plus basse) et une note A1 classe le pays dans la partie supérieure des notes moyennes.

L’économie israélienne s’est montrée résiliente face à des chocs intérieurs et extérieurs répétés, a continué Moody’s, alors que le niveau du chômage se rapproche actuellement des niveaux pré-COVID.

Par ailleurs, l’exposition israélienne à l’offensive russe en Ukraine est « très limitée », a fait remarquer l’agence, « grâce également à l’indépendance énergétique du pays ».

Le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré, samedi, se réjouir « de la décision prise par l’agence de notation Moody’s de rehausser la notation d’Israël », ajoutant que cette amélioration était survenue suite « aux chiffres de croissance les plus élevés à avoir été enregistrés depuis deux décennies et à un taux de chômage qui est retombé à son niveau d’avant la crise du coronavirus ».

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s’exprime lors d’une conférence du journal israélien « Makor Rishon » au Centre international des congrès de Jérusalem, le 21 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce qui a été rendu possible grâce à une politique fiscale responsable qui offre également une réponse appropriée aux besoins de l’économie, et qui promeut des réformes structurelles qui constituent des moteurs de croissance pour les années à venir », a continué Liberman.

Au mois de février, l’agence Fitch Ratings avait réaffirmé la notation A+ d’Israël, qui était assortie d’une perspective « stable », en notant les fortes performances économiques du pays et la baisse du déficit fiscal en 2021.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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