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Les élèves devront montrer un test antigénique négatif après Souccot

Dix jours après la fin de Rosh HaShana, le nombre de cas graves de coronavirus atteint un pic jamais observé depuis près de trois semaines ; un syndicat rejette la décision

Un père dépiste sa fille à la COVID-19 grâce à un test antigénique rapide à la veille de la rentrée scolaire à Jérusalem, le 30 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Un père dépiste sa fille à la COVID-19 grâce à un test antigénique rapide à la veille de la rentrée scolaire à Jérusalem, le 30 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les élèves qui reprendront le chemin de l’école à l’issue des vacances de Souccot seront dans l’obligation de présenter un résultat négatif de test antigénique à la COVID-19, a décidé le cabinet Corona dans la journée de dimanche.

Cette mesure a été approuvée alors que le nombre de cas graves de coronavirus a atteint un nouveau pic ce mois-ci, dix jours après Rosh HaShana.

Près de 7 500 Israéliens ont été testés positifs au coronavirus, samedi – et parmi eux, 59 % sont des enfants en âge d’aller à l’école, a précisé le ministère de la Santé.

Dimanche matin, près de 45 000 élèves étaient atteints par la COVID-19 tandis que 92 000 se trouvent actuellement placés à l’isolement suite à un contact avec un malade.

La majorité des élèves, dans tout Israël, sont à l’école dimanche pour la dernière journée avant le début de la fête de Souccot, qui commence lundi soir. La majorité des établissements scolaires resteront fermés pendant toute la semaine et les enfants devraient faire leur retour dans les classes en date du 30 septembre, soit quarante-huit heures après la fin de la fête.

Cette nouvelle directive – qui doit encore être approuvée par la commission de l’Éducation à la Knesset – devrait s’appliquer à tous les enfants, de la crèche jusqu’à la 6è. Avant le lancement de l’année scolaire, le 1er septembre, les parents des élèves du CP jusqu’à la 6è avaient reçu pour instruction d’aller chercher dans les écoles des tests de dépistage rapide et de tester leurs enfants – mais ces tests n’avaient pas été rendus obligatoires pour l’admission dans les classes.

Les tests rapides peuvent être effectués à domicile et les résultats sont connus en moins de 15 minutes. Selon la nouvelle mesure – qui a été approuvée par le procureur-général – les parents ou les tuteurs de l’enfant devront se rendre dans un centre du Magen David Adom où un kit de dépistage leur sera remis, et signer une déclaration attestant du résultat négatif du test.

Yaffa Ben David, à la tête du syndicat national des enseignants, a menacé de faire appel à la Haute-cour de justice, dimanche, après cette décision.

« Il y a un mélange des genres ici », a dit Ben David devant la commission de l’Éducation de la Knesset. « Les administrateurs et les personnels enseignants, dans les jardins d’enfants, ne sont pas des portiers ou des inspecteurs du coronavirus : Ce sont des éducateurs qui construisent leurs relations sur la base de la confiance ».

Un syndicat représentant les maîtres et les maîtresses, dans les jardins d’enfants, a lui aussi dénoncé la mesure, affirmant que « nous ne sommes pas des agents de police et notre rôle n’est pas d’empêcher l’entrée dans nos établissements. L’État doit reprendre ses esprits, et vite ».

Distribution de tests en kit à domicile avant l’ouverture de la nouvelle année scolaire, à Tel Aviv, le 30 août 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon les statistiques du ministère de la Santé qui ont été diffusées dimanche matin, le nombre d’Israéliens hospitalisés dans un état grave a atteint son niveau le plus élevé en près de trois semaines.

Ainsi, il y avait, dans la matinée de dimanche, 726 Israéliens dans un état critique contre 709 il y a une semaine et 650 jeudi. Il y a actuellement
83 809 cas actifs de COVID dans le pays. 1 191 personnes sont hospitalisées et 195 sont actuellement placées sous respirateur.

Plus de 66 % des malades ayant développé des complications du coronavirus ne sont pas vaccinés et moins de 8 % ont reçu les trois doses de vaccin. Parmi les Israéliens âgés de moins de 60 ans qui se trouvent aujourd’hui dans un état grave, 80 % ne sont pas vaccinés et moins de 4 % ont bénéficié d’une injection de rappel.

Au cours du week-end, Israël a franchi le seuil des 7 500 morts des suites du coronavirus depuis l’apparition de la pandémie au sein de l’État juif. Selon les derniers chiffres, 7 511 Israéliens atteints par la COVID-19 ont succombé à une forme grave de la maladie depuis le mois de mars 2020 et plus de mille autres se sont éteints au cours des six dernières semaines seulement.

Dimanche matin, 3 040 426 personnes – soit 33 % de la population totale d’Israël – avaient reçu une injection de rappel. Les responsables de la Santé s’inquiètent d’un éventuel ralentissement de la campagne d’administration de la troisième dose suite à la décision prise, vendredi, par la FDA (Food and Drug Administration) américaine de ne pas approuver une troisième piqûre pour la population américaine en général, mais seulement pour les citoyens de 65 ans et plus.

Le Premier ministre Naftali Bennett a prédit, samedi soir, que les États-Unis commenceraient petit à petit à distribuer le rappel de manière plus large avec la présentation des données scientifiques recueillies par Israël lors de sa propre campagne de distribution d’une troisième dose.

Un homme israélien prend un selfie en se faisant administrer le rappel du vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de Ramat Gan, le 30 août 2021. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

« Je pense que la FDA va graduellement approuver l’élargissement du vaccin à un nombre plus important de groupes d’âge, comme c’est arrivé en Israël, l’efficacité du deuxième vaccin continuant à décliner même parmi les jeunes », a-t-il noté.

Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au sein du ministère de la Santé, a indiqué samedi qu’elle pensait, elle aussi, que les États-Unis allaient, le temps passant, mettre la troisième dose à la disposition d’un public plus important.

« Nous sommes en avance sur eux d’à peu près trois mois », a-t-elle expliqué devant les caméras de la Douzième chaîne, se référant à la fois au variant Delta, très contagieux, qui a commencé à frapper l’État juif au mois de juin, et à la campagne d’administration d’une injection de rappel. Elle a répété que les vaccins « perdent de l’efficacité avec le temps et cela ne dépend pas de l’âge. Et c’est la raison pour laquelle nous avons voulu vacciner tous les Israéliens âgés de plus de douze ans ».

Si Israël, dans un premier temps, avait limité l’administration de l’injection de rappel qu’aux citoyens âgés de 60 ans et plus, tous les Israéliens de plus de douze ans ont actuellement droit à une troisième dose s’ils ont reçu la deuxième il y a plus de cinq mois.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 66 % des personnes âgées de 90 ans et plus ont reçu une piqûre de rappel comme c’est le cas également de 75 % des personnes âgées de 80 à 89 ans, de 78 % des personnes âgées de 70 à 79 ans et de 70 % des personnes âgées de 60 à 69 ans. Chez les moins de 60 ans, toutefois, les chiffres baissent : 57 % seulement des Israéliens âgés de 50 à 59 ans ont bénéficié d’une troisième dose, un pourcentage qui baisse à 46 % chez les Israéliens âgés de 40 à 49 ans et à 34 % chez les personnes de 30 à 39 ans.

Les responsables ont indiqué qu’ils craignaient dorénavant une plus grande méfiance face au rappel et des difficultés juridiques potentielles concernant son introduction dans les diverses obligations du pass vert – qui doit prendre effet le 1er octobre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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