Les États arabes séparent leurs intérêts des Palestiniens – Kushner
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Les États arabes séparent leurs intérêts des Palestiniens – Kushner

Le conseiller de la Maison Blanche a souligné la tolérance du Bahreïn et insinué que les ventes d'armes n'étaient pas un facteur de l’accord

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump écoute Jared Kushner qui s'exprime dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 11 septembre 2020 à Washington, après que Trump a annoncé que les Etats-Unis avaient négocié un accord de paix entre Israël et Bahreïn. (AP/Andrew Harnik)
Le président américain Donald Trump écoute Jared Kushner qui s'exprime dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 11 septembre 2020 à Washington, après que Trump a annoncé que les Etats-Unis avaient négocié un accord de paix entre Israël et Bahreïn. (AP/Andrew Harnik)

Jared Kushner, conseiller principal à la Maison Blanche, a déclaré vendredi que les deux accords de normalisation conclus par l’intermédiaire de Donald Trump entre Israël et les Emirats arabes unis et le Bahreïn permettront aux pays musulmans de faire passer leurs propres intérêts nationaux avant ceux des Palestiniens.

Lors d’un briefing téléphonique avec les journalistes après l’annonce selon laquelle le Bahreïn suivrait les EAU dans la signature d’un accord avec Israël, Kushner a souligné l’inclusion de clauses dans les deux accords, ainsi que dans le plan de paix Trump, qui affirment l’engagement d’Israël à permettre à tous les musulmans de visiter et de prier à la mosquée al-Aqsa de Jérusalem.

« Cela réduira la tension dans le monde musulman et permettra aux gens de séparer la question palestinienne de leurs propres intérêts nationaux et de leur propre politique étrangère, qui devrait être axée sur leurs propres priorités intérieures », a déclaré Kushner.

Jared Kushner rencontre le roi et le prince héritier de Bahreïn à Manama début septembre 2020, sur une photo postée par Ivanka Trump le 12 septembre (Twitter)

La mosquée est située sur le Mont du Temple, au cœur de la Vieille Ville de Jérusalem. L’enceinte est vénérée à la fois par les Juifs comme le site des temples bibliques, le lieu le plus saint du judaïsme, et par les musulmans qui l’appellent Haram al-Sharif, ou le Noble Sanctuaire.

Alors qu’Israël a le contrôle de la sécurité du site, ayant annexé la zone après l’avoir capturée lors de la guerre de 1967, l’administration proprement dite est assurée par le Conseil islamique du Waqf, un organisme nommé par la Jordanie, qui supervise les lieux saints musulmans à Jérusalem. Il revendique l’autorité exclusive sur le complexe du Mont du Temple et affirme qu’il n’est pas soumis à la juridiction israélienne.

Un grand nombre de Palestiniens se rassemblent souvent sur le site, en particulier pour les prières du vendredi, et il a longtemps représenté un endroit de conflit entre Israéliens et Palestiniens.

Des musulmans prient au Mont du Temple pendant le Ramadan. (Autorisation Atta Awisat)

Kushner, le gendre du président américain Donald Trump, a déclaré vendredi que le contrôle du lieu saint par Israël avait été « déformé par les extrémistes… pour diviser les gens, et ils ont utilisé le fait que la mosquée est ‘en danger’ ou ‘attaquée’ par les Israéliens comme un moyen de pousser à la haine et de maintenir les gens séparés ».

Kushner a déclaré que grâce à la « tolérance » israélienne, et en conséquence de la politique étrangère de l’administration Trump au Moyen-Orient, cela ne serait plus le cas.

« Grâce à ces accords, tous les musulmans du monde entier peuvent se rendre en Israël, que ce soit par les EAU ou par le Bahreïn », a-t-il poursuivi. « Ces personnes pourront visiter la mosquée al-Aqsa et montrer à leurs amis sur Facebook et sur Instagram qu’elle est ouverte et qu’Israël respecte leur religion », a déclaré Kushner.

La déclaration commune d’Israël, du Bahreïn et des États-Unis, dévoilée par la Maison Blanche vendredi, indique « qu’Israël a affirmé que… tous les musulmans qui viennent en paix peuvent visiter et prier à la mosquée al-Aqsa, et les autres lieux saints de Jérusalem resteront ouverts aux fidèles pacifiques de toutes les confessions ».

Une telle entrée nécessitera probablement des visas spéciaux, selon le quotidien Haaretz, qui note qu’Israël accorde rarement de telles autorisations aux citoyens d’Égypte et de Jordanie avec lesquels l’État juif a depuis longtemps conclu des traités de paix. Depuis l’annonce de l’accord EAU-Israël le 13 août dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois souligné l’engagement d’Israël à accorder l’accès aux fidèles musulmans.

Étant donné que l’accord israélo-américain du mois dernier comprenait un engagement d’Israël à suspendre ses plans d’annexion de larges zones de la Cisjordanie, ainsi que des signaux de Washington indiquant qu’il serait maintenant prêt à vendre des technologies militaires de haute qualité à Abou Dhabi, les journalistes ont fait pression sur Kushner concernant ce que Bahreïn recevrait en échange de cette mesure.

« Notre relation avec le Bahreïn est différente de celle que nous avons avec les EAU. Ils sont tous deux très spéciaux et uniques à leur manière… Il s’agit de faire évoluer la région », a déclaré Kushner, avant de faire l’éloge de Manama qui a accueilli le dévoilement de la partie économique du plan de paix Trump l’année dernière.

Il a ensuite souligné l’existence d’une synagogue à Bahreïn, ajoutant que le roi Hamad bin Isa Al Khalifa fut « un véritable champion de la tolérance » dans la région. Kushner a déclaré que lors de sa visite à Bahreïn l’année dernière, il avait remis au monarque un rouleau de la Torah qui a été « écrit en son honneur ».

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, cinquième à partir de la gauche, et le prince héritier de Bahreïn Salman bin Hamad Al Khalifa, sixième à partir de la gauche, écoutent le conseiller principal de la Maison Blanche Jared Kushner, debout, lors de la session d’ouverture de l’atelier « De la paix à la prospérité » à Manama, Bahreïn, le 25 juin 2019. (Agence de presse du Bahreïn via AP)

Revenant sur la question des ventes d’armes militaires, Kushner a indiqué que la cinquième flotte de la marine américaine était basée à Bahreïn et que l’administration Trump continuera à y renforcer sa présence.

Il a déclaré que « ces pays peuvent espérer, avec le temps, dépenser moins d’argent en équipements militaires car ils peuvent avoir des économies plus dynamiques, moins de menaces et une région plus interconnectée ».

Kushner a déclaré qu’Israël a eu peu de contacts directs avec Bahreïn ces dernières années et que grâce aux efforts des Etats-Unis, les deux parties pourront désormais travailler à « apprendre à se connaître » avant de passer à l’élaboration des détails exacts de l’accord de normalisation.

Plus tard, lors du briefing téléphonique, Kushner s’est réjoui du fait que l’accord de normalisation négocié le mois dernier entre Israël et les EAU avait « été plus populaire que prévu, c’est pourquoi le prochain accord est arrivé si rapidement ».

Le président américain Donald Trump s’exprime dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 11 septembre 2020 à Washington. (AP/Andrew Harnik)

« De plus en plus de pays se précipitent pour trouver comment ils peuvent faire plus de bonnes choses pour leurs citoyens », a-t-il déclaré. « Il est inévitable que tous les pays du Moyen-Orient se normalisent avec Israël. »

L’accord de normalisation a été annoncé pour la première fois par Trump sur son compte Twitter vendredi après-midi.

Une déclaration commune publiée par la Maison Blanche a indiqué que le roi de Bahreïn s’était entretenu plus tôt dans la journée avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu « et avait accepté l’établissement de relations diplomatiques complètes entre Israël et le Royaume de Bahreïn ».

Israël et les EAU ont annoncé qu’ils normalisaient leurs relations le 13 août, et une cérémonie de signature de leur accord se tiendra à la Maison Blanche le 15 septembre. Le Bahreïn va maintenant se joindre à cette cérémonie, son ministre des Affaires étrangères Abdullatif Al Zayani et Netanyahu signant « une déclaration de paix historique », selon la déclaration commune.

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