Les événements clés de l’année 1945
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Les événements clés de l’année 1945

De la libération du camp d'extermination d'Auschwitz en janvier au procès des dirigeants nazis à Nuremberg dix mois plus tard, retour sur les événements clés de l'année 1945

Une photographie de la libération du camp de Dachau le 29 avril 1945, dans la collection d'Adrian Aloy, agent belge anti-Nazi sous couverture. (Maison d'enchères Kedem)
Une photographie de la libération du camp de Dachau le 29 avril 1945, dans la collection d'Adrian Aloy, agent belge anti-Nazi sous couverture. (Maison d'enchères Kedem)

De la libération du camp d’extermination d’Auschwitz en janvier au procès des dirigeants nazis à Nuremberg dix mois plus tard, retour sur les événements clés de l’année 1945.

27 janvier : Auschwitz libéré

Les soldats de l’Armée rouge entrent dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau où se trouvent 7 000 survivants hommes et femmes. Les forces allemandes, face à l’avancée soviétique, avaient dès le 17 janvier évacué 60 000 prisonniers vers d’autres camps situés plus à l’ouest lors de Marches de la mort.

Plus de 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, ont été exterminées dans cet immense complexe de 42 km2 construit à partir de 1940 dans le sud de la Pologne occupée et qui deviendra le symbole de la Shoah, le génocide des Juifs.

La libération des camps de concentration et d’extermination avait débuté le 24 juillet 1944 avec la découverte du camp de Majdanek (près de Lublin en Pologne) par l’Armée rouge. Elle se terminera le 8 mai avec la libération de Theresienstadt (ou Terezin en tchèque) au nord de Prague.

Libération d’enfants d’Auschwitz-Birkenau, avec des travailleuses humanitaires adultes qui ont été pixelisées dans le magazine « Mishpacha », numéro du 24 janvier 2018. (HistClo. com)

4-11 février : conférence de Yalta

Une conférence sur l’avenir de l’Europe une fois l’Allemagne vaincue réunit à Yalta, station balnéaire de Crimée, Joseph Staline, Franklin D. Roosevelt et Winston Churchill, les dirigeants de l’Union soviétique, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.

Les trois puissances alliées – le général de Gaulle n’a pas été invité -, s’entendent notamment sur le partage de l’Allemagne et de Berlin en quatre zones d’occupation. La France devant recevoir une partie de la zone attribuée aux Américains.

Winston Churchill, Franklin Delano Roosevelt et Joseph Staline à la conférence de Yalta – 1er février 1945 (Crédit : domaine public)

Le problème de la frontière orientale de la Pologne – dont l’invasion par l’Allemagne le 1er septembre 1939 déclencha la guerre -, est également réglé. Staline obtient la reconnaissance de la ligne « Curzon » qui laisse à l’Union soviétique 40 % du territoire polonais.

13-15 février : Dresde bombardée

Durant trois jours, un déluge de 650 000 bombes incendiaires larguées par les Britanniques et les Américains s’abat sur la ville de Dresde, dans l’est de l’Allemagne.

Ces bombardements dits « stratégiques » font quelque 25 000 morts et détruisent une grande partie de cette cité, surnommée la « Florence de l’Elbe », selon le bilan établi en 2010 par une commission d’historiens.

30 avril : mort d’Hitler

Adolf Hitler se suicide par balle dans le bunker de la chancellerie à Berlin, après avoir fait ingurgiter du poison à sa femme Eva Braun, alors que l’Armée rouge bombarde le quartier gouvernemental.

Adolf Hitler et sa maîtresse Eva Braun posant sur la terrasse du Berghof, à Berchtesgaden, Allemagne, en juin 1942. (Crédit : German Federal Archive)

Le lendemain, Joseph Goebbels, numéro deux du régime nazi, se donne la mort en s’empoisonnant au cyanure avec sa femme Magda et leurs six enfants.

Photo non-datée de Joseph Goebbels, ministre nazi de la propagande, lors d’un discours (Crédit : Bengt von zur Muehlen/Yad Vashem Photo Archive)

Après son arrestation par les Anglais en mai 1945, Heinrich Himmler, théoricien de la Solution finale et chef des SS, s’est lui aussi suicidé, également au cyanure.

Heinrich Himmler en 1939 (AFP)

8 mai : l’Allemagne vaincue

Le suicide d’Hitler et l’avancée de l’Armée rouge précipitent la capitulation allemande.

Le premier acte est signé dans la nuit du 6 au 7 mai à Reims (nord-est de la France), au QG des forces alliées en Europe commandées par le général Dwight Eisenhower.

Cet acte enjoint aux troupes allemandes de cesser le combat le 8 mai à 23h01, heure d’Europe centrale.

C’est aussi le jour que choisissent les Alliés occidentaux pour proclamer officiellement la victoire sur l’Allemagne nazie.

La capitulation totale et sans condition du Reich marque la fin de la guerre en Europe tandis que les combats se poursuivent en Asie et dans le Pacifique.

2 août : conférence de Potsdam

Au château de Cecilienhof de Potsdam au sud de Berlin, se tient la dernière conférence entre les chefs des trois grandes puissances victorieuses: le nouveau président américain Harry S. Truman, Staline et Churchill – remplacé le 28 juillet par Clement Attlee, vainqueur des élections britanniques.

Les accords portent entre autres sur le désarmement, la dénazification et la démocratisation de l’Allemagne.

Ils définissent également la ligne Oder-Neisse comme nouvelle frontière entre l’Allemagne et la Pologne. L’Allemagne perd ainsi près d’un quart de son territoire par rapport à 1937.

Le 26 juillet, les Alliés lancent un ultimatum exigeant la capitulation du Japon.

6 et 9 août : Hiroshima et Nagasaki

Le 6 août à 08H15, l’aviation américaine largue sur la ville japonaise d’Hiroshima une bombe à l’uranium de 4,5 tonnes, premier bombardement atomique de l’histoire.

L’explosion, équivalente à 15.000 tonnes de TNT, rase la ville, transformée en fournaise. Quelque 140 000 personnes sont tuées sur le coup et jusque fin 1945, selon un bilan global généralement admis.

Trois jours plus tard, le 9 août, une seconde bombe, cette fois au plutonium, explose au-dessus de Nagasaki, faisant 74 000 morts le jour même et jusque fin 1945.

Tokyo finit par céder. Annoncée le 15 août par l’empereur Hirohito, la capitulation du Japon est signée le 2 septembre à bord du cuirassé Missouri.

La Seconde Guerre mondiale prend fin, laissant derrière elle entre 40 et 60 millions de morts dont la moitié de civils parmi lesquels quelque 6 millions de Juifs, selon les historiens.

24 octobre : création de l’ONU

Près de quatre mois après son adoption, le 26 juin lors de la conférence de San Francisco, la Charte des nations unies entre officiellement en vigueur.

L’Organisation des Nations unies (ONU), dont le siège est à New York, succède à la Société des Nations (SDN), impuissante à empêcher la guerre.

Selon la Charte signée par 51 Etats, la nouvelle institution dispose d’un organe exécutif, le Conseil de sécurité, au sein duquel cinq membres permanents, les vainqueurs de la guerre – Etats-Unis, France, Royaume-Uni, URSS et Chine – ont un droit de veto.

20 novembre : le procès de Nuremberg s’ouvre

Le premier procès de l’Allemagne hitlérienne s’ouvre à Nuremberg. Vingt-et-un des plus hauts dirigeants du régime nazi, dont le successeur désigné d’Hitler, Hermann Goering, ont à répondre de complot, crimes de guerre, crimes contre la paix et, pour la première fois de l’histoire, de crimes contre l’humanité.

Une photo de la salle du tribunal de Nuremberg datant du mois de novembre 1945 où Hersch Lauterpacht a apporté sa contribution au dossier contre le nazi Hans Frank. (Autorisation)

Le verdict tombe le 1er octobre 1946 après 218 jours d’audience : douze condamnations à mort (dont une par contumace), trois condamnations à la prison à vie, deux peines de vingt ans de prison, une de quinze ans et une de dix ans.

Le 16 octobre, dix des condamnés à mort sont pendus. Goering s’est suicidé quelques heures auparavant dans sa cellule en avalant une capsule de cyanure.

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