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Les forces de sécurité en alerte renforcée pour la Journée de la Nakba

Le Hamas a mis en garde contre un "clash" en exhortant les Palestiniens à affluer sur le mont du Temple, dans un contexte plus large d'attentats terroristes en série

Les forces de police israéliennes à Jérusalem, le 30 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Les forces de police israéliennes à Jérusalem, le 30 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les forces israéliennes de sécurité se trouvent dans un état d’alerte élevé, dimanche, alors que les Arabes israéliens et les Palestiniens se préparent à marquer la Journée de la Nakba – le 74è anniversaire de ce que le monde arabe appelle la « Nakba », ou « catastrophe » qui a entouré l’établissement d’Israël.

L’organisation terroriste du Hamas qui gouverne Gaza a averti l’État juif, samedi, d’un « clash », exhortant les Palestiniens à affluer massivement au Mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pour la Journée de la Nakba.

Les commémorations de la « Nakba » se concentrent sur le déplacement et les spoliations des Palestiniens pendant la guerre israélienne de l’Indépendance, en 1948 et en 1949.

Cette année, cette journée coïncide avec Pessah Sheni. A l’époque du Temple, lors de ce « second Pessah », les Juifs qui avaient été dans l’incapacité d’apporter le sacrifice caractéristique de cette fête religieuse pouvaient le faire un mois plus tard.

Cet événement annuel a aussi lieu alors qu’Israël est actuellement victime d’une série d’attentats terroristes qui a entraîné 19 morts au sein de l’État juif et en Cisjordanie depuis la fin du mois de mars. Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne, 30 Palestiniens ont été tués par les soldats israélien, également depuis la fin du mois de mars. Certains avaient commis des attaques terroristes violentes, d’autres avaient pris part à des heurts avec les soldats et d’autres encore semblent avoir été des civils non-armés qui se trouvaient là par hasard.

La police devrait renforcer tout particulièrement la sécurité à Jérusalem et sur le Mont du Temple pour prévenir toute escalade sur le lieu saint qui se trouve au cœur de tensions et d’agitations depuis des semaines.

Semblant répondre aux appels lancés sur les réseaux sociaux par les activistes de droite du mont du Temple qui ont demandé aux Juifs de se rendre sur le site, dimanche, Hazem Qassem, porte-parole du Hamas, a mis en garde contre un « clash » dont « l’occupant sioniste » serait responsable.

Des musulmans participent aux prières de l’Aïd al-Fitr, fête de la rupture du jeûne, qui marque la fin du mois sacré du Ramadan, près de la mosquée du Dôme du Rocher dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lundi 2 mai 2022. (Crédit: Mahmoud Illean/AP)

« Les déclarations extrémistes appelant les Juifs à prendre d’assaut la mosquée al-Aqsa, demain, lors de la Journée de la Nakba et l’approbation des ‘forces d’occupation’ dans ce sens sont une escalade dangereuse constituant une provocation à l’encontre de notre population et de nos sentiments, une provocation qui ne pourra qu’entraîner un clash dont ‘l’occupant sioniste’ sera pleinement responsable », a averti le porte-parole dans un communiqué.

Cette mise en garde arrive dans le sillage de semaines entières de tensions et d’affrontements fréquents entre Palestiniens et soldats israéliens dans la capitale, alors que Pessah, le mois sacré musulman du ramadan et la fête chrétienne de Pâques ont coïncidé, cette année, au mois d’avril.

En vertu du statu quo mis en place sur le mont du Temple, les musulmans peuvent se rendre sur le site et y prier, tandis que les Juifs ne peuvent que le visiter à des horaires choisis et que la prière y est, pour eux, interdite. Le mont du Temple est le lieu le plus saint du Judaïsme – c’est là que se dressaient les Temples bibliques – et la mosquée au-Aqsa, construite au sommet du mont, est le troisième sanctuaire le plus sacré de l’Islam.

L’avertissement du Hamas survient également dans un contexte de tensions en cours entre Palestiniens et Israéliens suite à la mort, mercredi, de la journaliste d’al-Jazeera, Shireen Abu Akleh, pendant des heurts entre Palestiniens armés et soldats israéliens qui procédaient à un raid d’arrestation à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Les Palestiniens attribuent cette mort aux Israéliens, qui affirment qu’il est difficile de dire de manière définitive qui a été à l’origine du tir qui lui a été fatal.

Des Palestiniens transportent le cercueil de Shireen Abu Akleh à l’extérieur du bureau d’Al Jazeera après les hommages rendus par les amis et les collègues de la journaliste à Ramallah, en Cisjordanie, le 11 mai 2022. (Crédit :AP/Nasser Nasser)

La mort d’Abu Akleh a encore renforcé les tensions entre Israël et l’Autorité palestinienne, dont les relations étaient d’ores et déjà tumultueuses. Cette dernière a refusé de mettre en place une enquête conjointe avec l’État juif et rejeté sa demande de partager ses conclusions suite à l’autopsie de la journaliste – ce qui pourrait être essentiel pour déterminer avec certitude la partie responsable de la mort de la reporter.

Un rapport intermédiaire qui a été émis par l’armée, vendredi, a présenté deux scénarios possibles concernant la mort de la journaliste – un tir des terroristes palestiniens, ou un tir de sniper israélien. Dans les deux cas, Abu Akleh n’aurait pas été délibérément visée.

De son côté, le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, s’est rendu samedi dans les bureaux d’Al-Jazeera, dans l’enclave palestinienne.

« Abu Akleh a été tuée plus d’une fois : elle a d’abord été tuée quand elle a été abattue puis, une seconde fois, quand on a tenté d’empêcher ses funérailles », a déclaré Sinwar à cette occasion, se référant au comportement violent de la police israélienne lors de son inhumation, vendredi – un comportement pour lequel l’État juif a été largement condamné.

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