Les lettres d’Albert Einstein à sa chère sœur seront vendues aux enchères
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Les lettres d’Albert Einstein à sa chère sœur seront vendues aux enchères

Le scientifique réalise ici l'importance de ses découvertes, regrette sa jeunesse et comprend que "les seules choses inébranlables sont les étoiles et les mathématiques"

Albert Einstein lors d'une conférence à Vienne en 1921  (Crédit : Ferdinand Schmutzer/CC-BY/Wikimedia Commons)
Albert Einstein lors d'une conférence à Vienne en 1921 (Crédit : Ferdinand Schmutzer/CC-BY/Wikimedia Commons)

Un trésor de documents et de lettres écrits par le célèbre physicien Albert Einstein sera mis aux enchères en mai, incluant des lettres exceptionnellement candides et profondes qu’il a envoyées à sa sœur Maja, dans lesquelles il reconnaît que ses réalisations « font partie des fondements de notre science » et déplore que « l’éclat de sa jeunesse est passé ».

La maison de vente aux enchères britannique Christie’s présentera la collection au public le 18 et 20 avril pour le 139e anniversaire de la naissance du scientifique – elle comprend une photo de Einstein à cinq ans, en 1884, jamais vue et la seule lettre qu’il a envoyée à son père, a rapporté The Guardian. Les articles seront vendus aux enchères du 2 au 9 mai.

Thomas Venning, de Christie’s, a déclaré que les lettres proposaient des « instantanés inédits d’Einstein, très privés » et qui montraient qu’il « avait cette relation incroyablement forte avec sa sœur ».

Selon le rapport, dans l’une des lettres à sa sœur, Maja Winteler-Einstein, Albert écrit en 1924 : « scientifiquement, je n’ai pas beaucoup progressé récemment – le cerveau diminue avec l’âge, ce qui n’est pas si déplaisant, cela signifie aussi que vous n’êtes pas vraiment responsable de vos dernières années. » C’était à l’âge de 45 ans, neuf ans après avoir terminé la théorie générale de la relativité.

En 1934, Einstein a également déclaré : « Je suis heureux dans mon travail, même si dans ce domaine et dans d’autres, je commence à sentir que l’éclat de ma jeunesse est révolu. »

Le scientifique prix Nobel, qui a fait une série de découvertes révolutionnaires au début des années 1900 – y compris les théories de la relativité restreinte et générale, et la loi de l’effet photoélectrique – a continué à travailler jusqu’à sa mort en 1955 sans percées significatives.

« Il est très clair lorsqu’il lui écrit, il n’y a pas de jeu de rôle », a déclaré Venning. « Il était très conscient de ce qu’on attendait de lui après sa célébrité, et il ne se cache pas derrière un masque dans les lettres à sa sœur. Il dit certaines choses qu’il n’a jamais dites ailleurs, et j’ai conservé plusieurs centaines de ses lettres.

Dans une lettre de 1923, Einstein écrivait : « Je suis de plus en plus aimé et encore plus envié; il n’y a rien à faire. »

« Il ne se réjouit pas, il est juste en train de l’accepter », a commenté Venning. « Einstein a été le premier scientifique à être une célébrité mondiale. Avant cela n’arrivait pas vraiment aux scientifiques, alors il avait cette position unique. »

Dans une autre lettre de 1935, Einstein réalise l’immense signification de ses découvertes, décrivant la physique comme « tâtonnant dans le noir, où chacun est complètement sceptique quant à ce que l’autre envisage avec grands espoirs. On est dans un état de tension constant jusqu’à la fin. Au moins, j’ai la satisfaction que mes principaux travaux sont devenus une partie des fondements de notre science. »

Albert Einstein, photographié ici chez lui à Princeton, N.J., en 1949. (Alfred Eisenstaedt via CC / JTA)

« Cela semble inhabituel pour Einstein – il était incroyablement discret, humble, toujours attentif à ne pas être trop fier. Mais je pense qu’il a senti qu’il pouvait dire quelque chose à Maja », a déclaré Venning au Guardian.

Le physicien exprime également son inquiétude sur l’arrivée au pouvoir des nazis dans son Allemagne natale, après que le Reich l’a dénoncé publiquement et a désigné sa théorie de la relativité comme « science juive », l’obligeant à fuir le pays.

En septembre 1933, un mois avant de prendre position à l’université de Princeton dans le New Jersey, il se demandait « que se passera-t-il si nous revenons de Princeton l’année prochaine ? En serons-nous capables? À quoi ressemblera la vie là-bas ? Les seules choses inébranlables sont les étoiles et les mathématiques. »

The Guardian a déclaré que les documents, de la collection privée de Maja Winteler-Einstein et son mari, couvrent les années 1897 à 1951, et des sujets tels que: « ses loisirs, la voile et le violon, sa relation difficile avec sa première femme. »

Pour Christie’s certains de ces documents peuvent être vendus jusqu’à 9 000 livres (43 000 NIS ou 12 500 $).

La semaine dernière, une lettre écrite par Einstein dans laquelle il parlait de l’une de ses théories révolutionnaires s’est vendue à Jérusalem pour plus de 100 000 dollars, dans le cadre d’une série de documents mis en vente.

Cette somme – bien qu’elle soit élevée – n’est rien en comparaison des 1,56 million de dollars qu’un acheteur a payé pour une lettre d’Einstein sur le secret du bonheur lors d’une vente aux enchères à Jérusalem en octobre, après avoir été évaluée à environ 8 000 $.

Au cours du week-end, un violon appartenant à Einstein a été vendu à une maison de ventes aux enchères de New York pour 516 500 $.

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