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Les lettres de menaces adressées à Bennett écrites par deux auteurs différents

Les enquêteurs ne sont pas certains que les missives reçues par la famille et le fils de Bennett, la semaine dernière, soient liées

Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une réunion du cabinet à son bureau de Jérusalem, le 10 avril 2022. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une réunion du cabinet à son bureau de Jérusalem, le 10 avril 2022. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)

Les responsables israéliens de la sécurité sont de plus en plus convaincus que deux personnes différentes ont envoyé des lettres de menaces, toutes les deux accompagnées d’une balle, à la famille du Premier ministre Naftali Bennett, la semaine dernière, selon un reportage diffusé samedi.

Même si les menaces proférées à l’encontre des différents membres de la famille du Premier ministre sont similaires et que les courriers ont été reçus à quarante-huit heures d’intervalle, les responsables de la sécurité ne sont pas certains que leurs auteurs soient liés, a rapporté la Douzième chaîne.

Les enquêteurs n’ont pas encore identifié d’éventuels suspects, a précisé le reportage qui n’a pas cité ses sources. La plus grande partie des détails de l’enquête en cours sont actuellement placés sous embargo et il est interdit de les publier.

Et pourtant, initialement, les responsables avaient pensé que les deux lettres avaient été envoyées par le même individu ou par le même groupe. Elles utiliseraient un langage similaire et les balles placées dans les enveloppes seraient du même type.

La chaîne Kan a pour sa part fait savoir que la première missive aurait inspiré l’auteur de la seconde.

Selon la police, les deux courriers contenaient « des menaces de mort assorties de nombreux détails » à l’encontre de la famille Bennett et les responsables de la sécurité estiment que les auteurs « ont recueilli des informations » sur le clan Bennett.

Mardi, une lettre de menaces adressée à Bennett et à son épouse, Gilat, était arrivée dans un bâtiment adjacent à l’habitation familiale, là où Gilat a installé son bureau.

Jeudi, c’est le fils de 15 ans du Premier ministre, Yoni, qui avait reçu une missive directement au domicile du chef du gouvernement, à Raanana. Des travaux de rénovation sont actuellement en cours à la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem.

Les auteurs des deux courriers menaçaient Bennett, le sommant de présenter sa démission sous peine de répercussions dont sa famille devrait assumer les conséquences.

Le Premier ministre Naftali Bennett, sa femme Gilat et leurs quatre enfants à la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Naftali Bennett/Instagram)

Si la famille du Premier ministre n’est pas en danger actuellement, selon la police, les responsables de la sécurité ont néanmoins noté qu’ils prenaient ces menaces au sérieux.

Après la réception de la lettre mardi, les responsables de la sécurité du bureau du Premier ministre ont immédiatement décidé de renforcer la garde rapprochée de la famille Bennett, tandis que l’unité chargée des crimes nationaux, le Lahav 433, et l’agence de sécurité du Shin Bet ont déclaré qu’ils ouvraient une enquête conjointe sur l’incident.

Mardi, Bennett a laissé entendre que la lettre avait des motivations politique, écrivant sur Twitter que de telles désaccords ne devraient pas dégénérer dans « la violence, l’intimidation ou les menaces de mort ».

« Je suis le Premier ministre et je suis une personnalité politique, mais je suis aussi un mari et un père et il est de mon devoir de protéger ma femme et mes enfants », a écrit Bennett. Il a demandé à « toutes et à tous, à travers le tout spectre politique, et en particulier aux personnalités actives sur les réseaux sociaux » de « calmer les ardeurs d’un discours politique incendiaire ».

Les partenaires de la coalition de Bennett, dont le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz, ont dénoncé les lettres de menaces. Lapid a déclaré, après l’arrivée de la première lettre, qu’elle montrait « où la haine pouvait mener ». Gantz a déclaré que les menaces constituaient « le franchissement d’une ligne rouge », ajoutant « qu’une balle dans une enveloppe peut se transformer en trois balles tirées d’une arme à feu » – en référence à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin par un extrémiste de droite en 1995.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, qui a elle-même fait l’objet de menaces politiques, a écrit sur Twitter en début de semaine : « Les menaces adressées au Premier ministre et à sa famille sont un choc… Il est inacceptable que le leader de l’ État juif soit confronté à un danger mortel de l’intérieur. »

La police a enquêté sur un certain nombre de menaces contre le Premier ministre par le passé, généralement proférées sur les réseaux sociaux.

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