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Les Palestiniens auront des permis de travail israéliens non liés aux employeurs

La réforme du système, qui a conduit à de faux permis, entrera en vigueur en décembre ; cela ne s'appliquera qu'au secteur de la construction, où la plupart des gens travaillent

Des travailleurs palestiniens entrent en Israël par le checkpoint de Meitar près d'Hébron en Cisjordanie, le 5 mai 2020. (Wisam Hashlamoun/Flash90)
Des travailleurs palestiniens entrent en Israël par le checkpoint de Meitar près d'Hébron en Cisjordanie, le 5 mai 2020. (Wisam Hashlamoun/Flash90)

Le gouvernement devrait mettre en œuvre dans les prochaines semaines une réforme qui permettra à certains travailleurs palestiniens en Israël d’obtenir des permis de travail directement, plutôt que de les recevoir par l’intermédiaire de leurs employeurs israéliens, a déclaré l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières [Population, Immigration, and Borders Authority – PIBA], dans une lettre annonçant le changement de politique.

La réforme entrera en vigueur le 6 décembre, quatre ans après qu’une commission interministérielle a recommandé ce changement. Selon la PIBA, la réforme s’appliquera aux travailleurs de la construction et à ceux qui effectuent des travaux dits « humides » : ferronnerie, plâtrage et revêtement de sol.

Le nouveau système permettra « aux travailleurs de passer d’un employeur à l’autre dans le secteur de la construction selon leur propre choix. Le nom de leur employeur ne sera plus inscrit sur leur permis, mais au contraire le nom de leur domaine d’emploi : la construction », a écrit la PIBA.

Les travailleurs qui perdent leur emploi conserveront leur permis pendant 60 jours et pourront demander un permis distinct pour entrer en Israël et chercher un emploi.

La plupart des Palestiniens ayant un permis de travail en Israël travaillent dans la construction et l’agriculture. Environ 100 000 Palestiniens de Cisjordanie sont légalement employés en Israël ou dans les implantations de Cisjordanie, selon l’organisme à but non lucratif de défense des droits des travailleurs Kav LaOved. Ils constituent une grande partie de l’économie palestinienne – environ 15 à 20 % des Palestiniens employés travaillent en Israël.

Dans le système actuel, les permis de travail sont délivrés aux employeurs israéliens plutôt qu’aux travailleurs palestiniens eux-mêmes, ce qui lie effectivement les travailleurs à leurs employeurs et les empêche de se déplacer librement entre les lieux de travail.

Cela a conduit à un commerce illégal de permis de travail, certains Palestiniens payant des milliers de shekels pour obtenir des documents leur permettant de travailler en Israël. Le coût s’élève souvent à près de la moitié de leur revenu total et est payé de leur poche.

Cette pratique a été signalée dans un rapport publié en août par le contrôleur de l’État, qui a reproché au gouvernement de ne pas avoir mis en œuvre la réforme.

Des ouvriers en bâtiment palestiniens du village d’Abadiya en Cisjordanie, pendant une pause-café dans une maison en cours de rénovation dans l’implantation juive d’Alon, au sud de Jérusalem, le 16 février 2016. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

« Le phénomène actuel de trafic de permis de travail palestiniens et de collecte illégale des paiements des travailleurs palestiniens par les employeurs et les agents a été causé, entre autres, par la non-application d’une décision gouvernementale », indique le rapport.

Le gouvernement a annoncé que la réforme prendrait effet le mois prochain en réponse à une plainte déposée devant la Cour suprême par Kav LaOved, un organisme de défense des travailleurs. Avec des permis individuels, les travailleurs palestiniens pourront se déplacer entre les employeurs et obtiendront également des permis pour rechercher de nouveaux emplois.

« Il faut s’assurer qu’un système soit mis en place pour permettre aux travailleurs de chercher du travail de manière indépendante afin d’éradiquer le courtage illégal », a répondu Kav LaOved, en se référant au commerce des permis de travail. « Il faut s’assurer que personne ne continue à trouver des moyens indirects d’extorquer de l’argent aux travailleurs et, ce qui n’est pas moins important, d’informer les travailleurs de la décision ».

Selon l’avocate de Kav LaOved, Michal Tager, les autorités israéliennes n’ont pas encore publié d’informations sur la nouvelle politique en arabe.

« Il n’y a toujours pas d’informations officielles en arabe, et les travailleurs se fient entièrement aux rumeurs », a écrit Tager.

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