Le commerce illégal des permis de travail pour les Palestiniens dénoncé
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Le commerce illégal des permis de travail pour les Palestiniens dénoncé

Les employeurs utiliseraient des quotas de main-d'oeuvre gonflés pour obtenir plus de documents, qu'ils louent aux travailleurs de Cisjordanie qui désespèrent de gagner leur vie

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des travailleurs palestiniens attendent à un check point à la barrière de sécurité, dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 août 2010 (Crédit : Najeh Hashlamoun/Flash 90)
Des travailleurs palestiniens attendent à un check point à la barrière de sécurité, dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 août 2010 (Crédit : Najeh Hashlamoun/Flash 90)

Les employeurs israéliens, s’associant à des revendeurs palestiniens, « loueraient » des permis de travail qui permettent aux travailleurs de Cisjordanie l’entrée dans le pays, via un marché noir qui aurait rapporté des milliers de shekels par mois par victime de ce trafic.

Les Palestiniens de Cisjordanie cherchant à bénéficier d’un permis de travail en Israël verseraient ainsi 2 500 shekels environ aux revendeurs qui trafiquent ces documents qui, s’ils sont officiels, ont été obtenus de manière malhonnête, a fait savoir dimanche la chaîne Hadashot.

Ce coût représente souvent presque la moitié de leur revenu total, et il est payé directement.

Saari, un travailleur palestinien, a déclaré à la chaîne Hadashot que « les gens sont exploités ».

« Quelqu’un qui veut gagner sa vie mais qui n’a pas d’employeur doit acheter un permis », a-t-il dit.

Un autre travailleur a expliqué à la chaîne d’information que certains Palestiniens travaillaient sept jours sur sept pour payer le coût supplémentaire de l’achat du permis.

Capture d’écran d’une vidéo tournée dans le chepoint 300, à proximité de Bethléem, au mois d’octobre 2018 (Crédit : chaîne Hadashot)

Selon le reportage, les Israéliens désireux d’employer une main-d’oeuvre palestinienne de Cisjordanie doivent déposer une requête pour demander des permis de travail auprès de l’Autorité chargée de la Population, de l’immigration et des frontières sur la base de leurs besoins en personnel.

Toutefois, de nombreuses entreprises présentent un quota revu à la hausse afin d’obtenir davantage de permis pour des Palestiniens qui ont passé les contrôles de sécurité et qui cherchent à travailler en Israël. Ces entrepreneurs trouvent les Palestiniens via des revendeurs, en Cisjordanie, qui, à leur côté, réclament un dessous-de-table mensuel pour les permis, a expliqué le reportage.

Afin d’éviter les dispositions mises en place par le système de l’aide sociale – comme payer des indemnités à un salarié lors d’un licenciement – les entreprises annuleraient ces permis d’entrée tous les six mois, moment où les travailleurs palestiniens pourraient prétendre à de telles prestations sous les termes de la loi israélienne. Le processus peut alors reprendre à zéro.

Actuellement, 58 000 Palestiniens ont des permis de travail israéliens même si les experts évaluent à 120 000 le nombre de Palestiniens de Cisjordanie actuellement employés – légalement et illégalement – par des Israéliens.

L’équipe du Times of Israel a participé à cet article.

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