Les procureurs voudraient libérer Elor Azaria en mai
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Les procureurs voudraient libérer Elor Azaria en mai

Le tireur de Hébron est paru devant la commission d'application des peines après avoir purgé la moitié de sa peine

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L'ancien sergent de l'armée israélienne Elor Azaria, entouré de ses parents, devant la cour martiale de la Kyria à Tel Aviv, le 30 juillet 2017. (Crédit : Avshalom Sasoni/Flash90)
L'ancien sergent de l'armée israélienne Elor Azaria, entouré de ses parents, devant la cour martiale de la Kyria à Tel Aviv, le 30 juillet 2017. (Crédit : Avshalom Sasoni/Flash90)

Au cours d’une audience de la commission d’application des peines, les procureurs militaires ont déclaré mercredi qu’ils permettraient la libération d’Elor Azaria, un ancien soldat de l’armée israélienne condamné pour homicide involontaire, dans deux mois, lorsqu’il aura purgé 10 des 14 mois de sa condamnation écopée pour avoir tué un terroriste palestinien qui avait été préalablement neutralisé à Hébron.

Azaria est paru devant la commission pour demander une libération anticipée après avoir servi la moitié de sa condamnation à 14 mois d’incarcération – le temps minimum avant qu’une telle requête puisse être déposée dans le système judiciaire militaire et contrairement aux tribunaux civils, dans lesquels les condamnés doivent avoir effectué les deux-tiers de leur peine avant de réclamer une libération anticipée.

Azaria, surnommé « le tireur de Hébron », avait été reconnu coupable l’année dernière du meurtre d’Abdel Fattah al-Sharif, qui, quelques minutes auparavant, avait attaqué deux soldats de l’armée israélienne avec un couteau. Au mois de février 2017, Azaria avait été condamné à une peine de prison de 18 mois que le chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Gadi Eizenkot, avait ultérieurement réduit de quatre mois. Azaria est entré en prison le 9 août.

Au cours de l’audience de mercredi qui a eu lieu au siège de l’armée, à Tel Aviv, l’avocat d’Azaria, Yoram Sheftel, a affirmé que son client s’était bien comporté en prison.

Les procureurs militaires, pour leur part, ont noté que la sanction du soldat avait déjà été limitée par les juges dans leur condamnation initiale puis réduite encore une fois par Eizenkot, et qu’une nouvelle réduction n’était par conséquent pas justifiée à ce stade. Ils ont toutefois indiqué qu’ils ne s’opposeraient pas à une demande de libération anticipée dans deux mois, après qu’Azaria a purgé les deux tiers de sa condamnation.

Si la commission devait accepter une telle requête, l’ancien militaire pourrait être libéré aux environs du 10 mai.

Azaria n’a jamais exprimé de regrets pour ses actions, un élément que les procureurs militaires ont également noté. Azaria, qui était sergent à l’époque, avait mortellement blessé avec son arme à feu Sharif le 24 mars 2016, 11 minutes environ après que Sharif a reçu une balle et a été désarmé et après que lui et un autre Palestinien ont attaqué deux soldats de l’armée israélienne dans la ville de Hébron, en Cisjordanie.

Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d’une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d’écran B’TSelem)

Azaria avait maintenu qu’il avait ouvert le feu parce qu’il pensait que Sharif avait caché une bombe sous ses vêtements. Un tribunal militaire avait toutefois rejeté cette affirmation, citant la nonchalance affichée par le soldat avant de tuer Sharif, et les propos qu’il avait tenus aux autres militaires, selon lesquels l’agresseur avait mérité de mourir pour avoir attaqué ses camarades.

« J’ai tiré sur le terroriste parce qu’à ce moment précis, j’étais certain qu’il avait un explosif sur lui et j’ai eu le sentiment qu’il y avait une menace immédiate. Si j’avais su que ce n’était pas le cas, j’aurais agi différemment » avait dit Azaria pendant l’audience.

L’avocat Yoram Sheftel (Crédit : Flash90)

Dans ses arguments prônant une libération anticipée, Sheftel a également noté que la fête de Pessah – également connue sous le nom de fête de la liberté – approchait.

« Nous sommes à deux semaines de la fête de la liberté et il n’y a pas de moment plus approprié pour accorder sa liberté à Elor Azaria », a-t-il dit.

L’affaire du tireur de Hébron avait révélé des divisions profondes au sein de la société israélienne sur les activités des soldats israéliens en Cisjordanie, certains – particulièrement à droite – estimant qu’il s’était comporté de manière héroïque en tuant l’attaquant palestinien tandis que d’autres avaient déclaré qu’il avait violé la loi et qu’il méritait une peine plus dure que celle qu’il avait reçue.

L’ancien soldat – il a été libéré de l’armée durant son procès – avait obtenu le soutien de politiciens majeurs qui avaient exprimé l’espoir qu’ils pourraient amener le président Reuven Rvilin à le gracier.

Au mois de novembre 2017, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le ministre des Affaires sociales Haim Katz, la ministre de la Justice Ayelet Shaked, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri ainsi qu’environ 50 autres parlementaires avaient signé une pétition demandant sa libération.

« L’affaire Azaria déchire la société, crée les clivages et la division et votre décision peut mettre un terme à tout cela et apaiser les discours », disait la pétition. « Il est impossible d’ignorer les sentiments de l’opinion publique en général qu’Azaria est un épouvantail qui est devenu un symbole et qui a payé un prix très élevé pour cette raison ».

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