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Royaume-Uni : La justice confirme en appel l’interdiction de Palestine Action 

La juge a estimé que ce groupe anti-Israël "n'est pas, comme il le prétend, un groupe de protestation pratiquant la désobéissance civile par l'action directe", mais une "organisation clandestine fonctionnant par cellules secrètes"

Des personnes rassemblées pour suivre le déroulement des audiences, alors qu'un bras de fer juridique oppose le gouvernement britannique au groupe anti-Israël Palestine Action classé organisation terroriste, devant le Royal Courts of Justice, dans le centre-ville de Londres, le 15 juin 2026. (Crédit : Carlos Jasso/AFP)
Des personnes rassemblées pour suivre le déroulement des audiences, alors qu'un bras de fer juridique oppose le gouvernement britannique au groupe anti-Israël Palestine Action classé organisation terroriste, devant le Royal Courts of Justice, dans le centre-ville de Londres, le 15 juin 2026. (Crédit : Carlos Jasso/AFP)

La justice britannique a confirmé lundi en appel l’interdiction du groupe anti-Israël Palestine Action, dont le classement comme organisation terroriste par le gouvernement en juillet 2025 a conduit à l’arrestation de plus de 3 000 de ses soutiens – allant d’étudiants à un vicaire à la retraite âgé de 83 ans – lors de manifestations.

Cette interdiction, entrée en vigueur le 5 juillet 2025, a été imposée en vertu de la loi antiterroriste du pays. Elle érige en infraction pénale, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à quatorze ans de prison, l’adhésion à ce groupe de protestation ou le fait de le soutenir.

Elle fait suite à une descente menée par des activistes sur un site appartenant à l’entreprise de défense israélienne Elbit, au cours de laquelle les militants avaient brisé la colonne vertébrale d’une policière à coups de marteau et causé des millions de livres de dégâts matériels.

La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, avait contesté l’interdiction du groupe, mais la Cour d’appel a statué que « la décision d’interdiction était proportionnée et n’était pas illégale ».

« Palestine Action n’est pas, comme il le prétend, un groupe de protestation par la désobéissance civile par l’action directe, à l’instar des suffragettes, opérant de manière transparente et au grand jour », a déclaré la juge Sue Carr en lisant la décision.

La juge a reconnu que l’interdiction du groupe anti-Israël et son classement comme organisation terroriste étaient « hautement controversés ».

« Mais c’est une erreur fondamentale de négliger le fait que Palestine Action encourage ouvertement une violence illégale s’apparentant au terrorisme », a-t-elle ajouté.

« Il s’agit d’une organisation clandestine qui opère par le biais de cellules secrètes afin d’éviter la détection et la poursuite de ceux qui recourent à la violence pour détruire les biens d’autrui. »

Cette interdiction, qui a conduit à quelque 3 000 arrestations, place Palestine Action sur une liste noire du gouvernement, qui comprend également les groupes terroristes palestinien du Hamas et chiite libanais du Hezbollah.

Ammori a rapidement réagi sur le réseau social  X : « Nous ne cesserons pas de nous battre pour que cette interdiction soit levée, pour que l’on cesse d’utiliser la législation antiterroriste contre nous et, surtout, pour une Palestine libre », a-t-elle écrit.

La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a défendu cette interdiction, affirmant que les partisans de Palestine Action ignoraient la « véritable nature » de l’organisation.

« Il est vraiment important que chacun comprenne bien qu’il ne s’agit pas d’une organisation non violente », avait-elle déclaré l’an dernier.

Créé en 2020, Palestine Action affiche sur son site, bloqué pour les internautes britanniques, l’objectif de mettre fin à la « participation mondiale au régime génocidaire et d’apartheid d’Israël ».

Le groupe anti-Israël s’est fait connaître après que le pogrom perpétré par le groupe terroriste du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, a déclenché une guerre sur plusieurs fronts au Moyen-Orient.

La police évacuant les manifestants, alors qu’un bras de fer juridique oppose le gouvernement britannique au groupe anti-Israël Palestine Action, devant le Palais de justice, dans le centre-ville de Londres, le 15 juin 2026. (Crédit : Carlos Jasso/AFP)

Palestine Action a principalement ciblé des usines d’armement au Royaume-Uni, en particulier celles appartenant à Elbit.

Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction, les manifestants ont organisé une série de rassemblements en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action », ce qui a entraîné de nombreuses arrestations.

Des centaines de personnes ont été inculpées et attendent leur procès.

Le groupe a contesté l’interdiction devant les tribunaux britanniques au motif qu’elle était « disproportionnée » et avait un impact « très significatif » sur les droits de l’Homme.

Des manifestants brandissant une banderole alors qu’un bras de fer juridique oppose le gouvernement britannique au groupe anti-Israël Palestine Action, devant le Palais de justice, dans le centre-ville de Londres, le 15 juin 2026. (Crédit : Carlos Jasso/AFP)

En février, la Haute Cour de Londres lui avait donné raison, mais le gouvernement avait alors fait appel.

La décision rendue lundi par la Cour d’appel infirme toutefois ce jugement, donnant raison au ministère de l’Intérieur britannique.

Cette décision fait suite à la condamnation, vendredi, de quatre activistes à une peine de prison pour avoir fait irruption sur un site d’Elbit, près de Bristol, dans l’ouest de l’Angleterre, causant plus d’un million de livres de dégâts.

Vêtus de combinaisons rouges, les quatre activistes avaient endommagé des ordinateurs, des drones et d’autres équipements, avant d’en venir aux mains avec les agents de sécurité et la police qui tentaient de les arrêter lors de cette intrusion en août 2024.

Un policier pointant un pistolet Taser sur un intrus sur le site d’Elbit UK à Bristol, en Angleterre, après que celui-ci eut frappé un policier avec une masse, sur des images filmées par une caméra corporelle le 6 août 2024. (Crédit : Capture d’écran/Channel 4)

L’un d’entre eux avait frappé une policière à deux reprises dans le dos avec une masse, lui causant une fracture de la colonne vertébrale.

Le groupe a déclaré que son objectif était de « démanteler les drones et les armes » qui, selon lui, seraient utilisés pour tuer des personnes, en particulier dans la bande de Gaza.

Ils ont chacun été condamnés à des peines allant de quatre ans et huit mois à sept ans et huit mois de prison.

En première instance, la Haute Cour de Londres avait jugé « disproportionnée » l’interdiction de ce groupe anti-Israël. Celle-ci « s’est traduite par une atteinte très substantielle aux droits à la liberté d’expression et à la réunion », avait alors estimé la juge.

La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood avait aussitôt fait appel, invoquant la nécessité de « conserver la capacité d’agir pour protéger la sécurité nationale ».

Cette décision était particulièrement attendue par les centaines de personnes inculpées pour avoir affiché leur soutien à Palestine Action lors des nombreuses manifestations qui ont eu lieu à travers le Royaume-Uni après son interdiction.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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