Les rues largement vides sur fond de renforcement du confinement
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Les rues largement vides sur fond de renforcement du confinement

La police a mis en place des contrôles et a fait fermer les commerces ; des violations n'auraient pas été sanctionnées dans des villes ultra-orthodoxes

Des gens marchent dans la rue Jaffa, dans le centre-ville de Jérusalem, le 8 janvier 2021, lors du troisième confinement à l'échelle nationale, dans le but d'empêcher la propagation de la COVID-19. (Yonatan Sindel / Flash90)
Des gens marchent dans la rue Jaffa, dans le centre-ville de Jérusalem, le 8 janvier 2021, lors du troisième confinement à l'échelle nationale, dans le but d'empêcher la propagation de la COVID-19. (Yonatan Sindel / Flash90)

La police a renforcé la mise en vigueur du confinement induit par l’épidémie de coronavirus, vendredi, dispersant des rassemblements, faisant fermer des magasins contrevenant aux restrictions et appelant par haut-parleur les citoyens à suivre les directives.

Après que le confinement initial imposé il y a plusieurs semaines a révélé un manque de sanctions en cas de violations, permettant aux Israéliens de continuer à sortir de chez eux, ce renforcement du confinement a eu un effet immédiat et spectaculaire sur les déplacements, les forces de l’ordre estimant que les routes étaient à 70 % plus vides qu’à la normale.

Des postes de contrôle ont été dressés sur les routes majeures et dans les villes et villages. Les règles antérieures interdisaient déjà aux Israéliens de s’aventurer à plus d’un kilomètre de chez eux, avec plusieurs exceptions faites à cette obligation.

Les marchés, très animés le vendredi à l’ordinaire – comme c’est le cas du marché Mahane Yehuda de Jérusalem – ont connu une baisse notable de leur fréquentation, malgré l’ouverture de nombreux étals.

« Il y aura une mise en vigueur absolument similaire » dans toutes les communautés, a déclaré Amir Ohana, ministre de la Sécurité intérieure, au cours d’une visite à un checkpoint temporaire de la police, vendredi.

Mais malgré les règles de confinement interdisant l’ouverture des écoles – sauf pour les établissements prenant en charge des personnes à besoins particuliers, comme c’est inscrit dans la loi – des images d’écoles ouvertes ont été diffusées, montrant des dizaines d’élèves rentrant en classe dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak.

La presse israélienne a indiqué que des agents de police s’étaient rendus sur les lieux, mais aucune déclaration officielle n’a encore été faite à ce sujet.

Lors d’un autre incident, des dizaines de fidèles se sont réunis, vendredi matin, dans une synagogue de Beitar Illit, en violation des directives. Les forces de l’ordre appelées pour disperser le rassemblement ont fait face à une foule agressive, qui a jeté des pierres. La police est toutefois parvenue à disperser les personnes présentes et l’une d’entre elles, soupçonnée d’avoir agressé les agents, a été arrêté, a rapporté la Douzième chaîne.

Des responsables de la police, qui ont témoigné sous couvert d’anonymat, ont affirmé au quotidien Haaretz au début de la semaine que les agents n’interviendraient pas contre les écoles haredim qui resteraient ouvertes malgré le confinement.

L’un des chefs spirituels les plus influents de la communauté ultra-orthodoxe a vivement recommandé à ses fidèles, jeudi, d’obéir aux directives gouvernementales et aux instructions des autorités médicales. Le rabbin Chaim Kanievsky a expliqué que les écoles haredim seraient fermées « pendant plusieurs jours ». Dans le passé, il avait ordonné que les écoles ultra-orthodoxes restent ouvertes malgré la mise en vigueur des mesures de confinement.

Pour leur part, les policiers ont arrêté un vendeur de falafel à Shoham, ainsi que son fils, après une agression commise par les deux hommes à l’encontre des forces de l’ordre. Selon ces dernières, la boutique était restée ouverte en violation des restrictions, alors que le commerçant aurait été prévenu de la fermeture la veille – il s’en serait également pris aux agents à cette occasion.

Les forces de police ont également dispersé un rassemblement organisé dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud de Jérusalem. Sept personnes ont été arrêtées, et l’une d’elles a été appréhendée pour agression contre les agents. Des amandes ont aussi été distribuées aux participants et aux organisateurs de l’événement, a fait savoir la chaîne Kan.

De nombreux Israéliens ont fait des réserves de produits alimentaires avant le confinement et la police a été déployée en grand nombre pour faire respecter les restrictions, qui ont été approuvées mardi soir par les ministres, face à une forte hausse du taux d’infection. La police a patrouillé, vendredi, autour des supermarchés, appelant les citoyens à se soumettre aux directives du ministère de la Santé.

Les mesures resteront effectives au moins jusqu’au 21 janvier. Le directeur-général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a indiqué au site d’information Ynet « qu’en fonction du taux d’infection, le confinement pourrait durer plus de deux semaines, mais il ne devrait pas durer plus d’un mois ».

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