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Les supporters du Beitar Jérusalem annoncent un accord pour le rachat de l’équipe

L'association gérée par les supporters du club a annoncé qu'elle collectera environ 12 millions de shekels pour aider à réduire le déficit et à engager de nouveaux joueurs

Les supporters du Beitar FC chantent et brandissent leur drapeau après l'entrée des joueurs sur le terrain lors d'un entraînement à Jérusalem, le 11 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)
Les supporters du Beitar FC chantent et brandissent leur drapeau après l'entrée des joueurs sur le terrain lors d'un entraînement à Jérusalem, le 11 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Un club de supporters du Beitar Jerusalem FC a annoncé dimanche qu’il avait signé un accord avec le propriétaire de l’équipe de football, Moshe Hogeg, pour racheter le club.

« Nous sommes heureux d’annoncer que nous avons conclu un accord pour transférer la propriété de notre équipe bien-aimée, le Beitar Jérusalem, aux fans par le biais de l’association des fans », a écrit le groupe sur sa page Facebook.

Le groupe a déclaré que l’accord entrerait en vigueur dans les deux semaines suivant la collecte des fonds nécessaires.

Selon l’accord, les quelque 12 millions de shekels qui seront collectés par les supporters serviront à réduire le déficit de l’équipe et à recruter de nouveaux joueurs susceptibles de maintenir la compétitivité de l’équipe.

Hogeg et le fan club ont convenu que les fonds ne serviront pas à rembourser des dettes qui ne sont pas strictement liées à l’équipe.

Le groupe a promis de tenir tous les fans au courant de l’accord et de tout communiquer en toute transparence.

Moshe Hogeg, propriétaire du Beitar Jérusalem, vu lors du match de Premier League israélienne entre le Beitar Jérusalem et l’Hapoel Beer Sheva au stade Teddy à Jérusalem, le 25 août 2019. (Crédit: Flash90)

Selon la déclaration du groupe, l’une des principales raisons de l’achat de l’équipe était due à la crainte qu’elle soit reléguée de la Premier League israélienne si la gestion de l’équipe est négligée pendant que Hogeg – aux prises avec des allégations de crimes sexuels et de fraude financière massive – cherche de nouveaux acheteurs.

Le groupe a souligné que « lorsque l’accord entrera en vigueur… la propriété du club sera entièrement transférée (100 % des actions) à l’association. »

Le fan club a également indiqué qu’il avait reçu « la bénédiction des fonctionnaires concernés et le soutien du maire de Jérusalem et de son conseiller Ofer Ayoubey. »

Le club a traversé une mauvaise passe récemment, l’obligeant à renoncer à des joueurs en raison d’une crise économique sans précédent qui a entraîné une dette d’environ 30 millions de shekels.

Hogeg, dont les comptes ont été saisis par la police alors que l’enquête sur sa fraude présumée se poursuit, n’a pas été en mesure de payer les dettes, ce qui a laissé craindre une possible faillite totale.

Moshe Hogeg, à gauche, est libéré en résidence surveillée, 14 décembre 2021 (Crédit : capture d’écran/Ynet)

L’annonce de dimanche est intervenue après que des centaines de supporters du Beitar Jérusalem ont manifesté devant le domicile de Hogeg la semaine dernière, exigeant qu’il abandonne le contrôle de l’équipe.

Hogeg a été arrêté à la fin de l’année dernière pour des crimes sexuels présumés et une fraude en crypto-monnaie. Il a été détenu pendant près d’un mois avant d’être libéré en résidence surveillée moyennant une caution et d’autres garanties financières s’élevant à environ 70 millions de shekels au total.

Il a été arrêté avec sept autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans une fraude massive présumée liée aux crypto-monnaies. Il est également soupçonné d’avoir commis des actes indécents, de harcèlement sexuel, d’avoir exploité un lieu à des fins de prostitution, d’atteinte à la vie privée et d’avoir amené une personne à se prostituer. Il est également soupçonné d’avoir fourni de la drogue et de l’alcool à des jeunes filles mineures.

Hogeg a nié toutes les accusations portées contre lui et a déclaré qu’il avait été traité avec cruauté lors de sa garde à vue dans le bit de lui soutirer des informations, des affirmations qui, selon les experts, sont valables dans de nombreux cas.

Hogeg est un entrepreneur technologique et un trader de crypto-monnaies. Il a acheté le Beitar Jérusalem en 2018. En septembre de l’année dernière, avant d’être accusé de crimes, il a déclaré qu’il vendrait le club, citant des tendances racistes anti-arabes parmi ses fans « ingrats ».

Il a dû faire face à un retour de bâton de la part des factions extrêmes des supporters notoirement anti-arabes du club après avoir vendu 50 % des parts du club au Cheikh Hamad ben Khalifa Al Nahyan, un membre de la famille régnante d’Abu Dhabi. Al Nahyan s’était engagé à injecter 90 millions de dollars dans l’équipe au cours des dix prochaines années.

Mais la fédération israélienne de football a ensuite mené une enquête qui a révélé un éventuel « écart important » entre son capital déclaré et ce qu’il possède en réalité, a rapporté le site d’information économique The Marker.

L’accord est tombé à l’eau en raison de soupçons de malversations financières de la part d’Al Nahyan. Le Beitar est l’une des franchises les plus historiques du pays, comptant des présidents et des premiers ministres israéliens parmi ses supporters.

Mais il est également perçu négativement comme étant le seul grand club à n’avoir jamais eu de joueur arabe. La minorité arabe d’Israël représente environ 20 % de la population, et les joueurs arabes jouent dans des équipes rivales et dans l’équipe nationale du pays.

Par le passé, les responsables du club ont déclaré qu’ils avaient les mains liées par une base de supporters qui exerçaient une influence considérable sur les décisions relatives aux effectifs. « La Familia » s’est déjà illustré pour avoir fait des cris de singes lorsqu’un joueur africain d’une équipe adverse touchait le ballon et pour avoir scandé « Mort aux Arabes » aux joueurs arabes adverses.

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