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Les tenants du judaïsme marocain réunis à Marrakech jusqu’au 18 novembre

Comment les juifs de la "diaspora marocaine" peuvent-ils assumer un rôle de trait-d’union, de consolidation des rapports entre pays d’origine et terre d’accueil ?

Le conseiller du roi du Maroc, André Azoulay est l'un des invités présent à la conférence de Marrakesh (Crédit : capture d'écran Youtube/Fondation Jean Monnet pour l'Europe)
Le conseiller du roi du Maroc, André Azoulay est l'un des invités présent à la conférence de Marrakesh (Crédit : capture d'écran Youtube/Fondation Jean Monnet pour l'Europe)

250 Juifs originaires du Maroc sont actuellement réunis à Marrakesh jusqu’au 18 novembre, pour discuter identité et lien entre Marocains de l’étranger et leur pays d’extraction, lors d’une rencontre organisée par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME).

Ainsi des « enseignants, universitaires, leaders d’opinions et du monde des affaires, journalistes, chercheurs ou encore artistes participeront à diverses activités et conférences, » détaille le HuffPost Maghreb.

Parmi eux on retrouve, André Azoulay, le conseiller du roi Mohammed VI, le président du Conseil des communautés israélites du Maroc (CCIM) Serge Berdugo, « l’historien Michel Abitbol, le journaliste et écrivain Salomon Malka, mais aussi le professeur de Sciences politiques Mohamed Tozy, l’anthropologue Faouzi Skali et le cinéaste Kamal Hachkar ».

Il y sera notamment question de la notion « d’exception marocaine » en référence à la cohabitation des musulmans et des juifs dans le royaume, une exception parfois mise à mal par une opinion hostile à Israël, qui repousse la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays, et qui lutte sans succès pour contrecarrer les intenses échanges économiques entre le Maroc et Israël.

Georges Bensoussan a été poursuivi par le controversé CCIF pour avoir dénoncé l’antisémitisme domestique musulman (Crédit: Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons)

Les juifs marocains ont également connu la terreur des pogroms. L’historien Georges Bensoussan rappelait en 2012 « les pogroms d’Oujda et de Djérada (7 juin 1948) au cours desquels plus de 45 Juifs furent tués dans des conditions atroces ».

La conférence s’attardera également sur les possibilités pour « les communautés marocaines à l’étranger d’assumer un rôle de trait-d’union, de force de proposition pour une consolidation des rapports entre pays d’origine et terre d’accueil ».

Des immigrants juifs marocains à leur arrivée à l’aéroport Dorval de Montréal, dans les années 1960 (Autorisation)

Une question cruciale lorsque l’on sait qu’Israël compte aujourd’hui environ 800 000 citoyens originaires du Maroc, et qu’il existe d’importantes communautés juives en France, au Canada et aux Etats-Unis.

Au fil des années, la communauté juive au Maroc s’est réduite et compte actuellement moins de 4 000 personnes, dont moins de 200 à Rabat, selon les chiffres du Conseil des Communautés israélites du Maroc.

Avant les années 1940, la population juive comptait près de 280 000 habitants. En 1948, après la création de l’Etat d’Israël, plus de 90 000 ont gagné la Terre promise.

La deuxième vague d’immigration est survenue avec l’indépendance du Maroc en 1956, le départ des Français représentant alors une menace à la sécurité de la population juive.

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