Les discrètes mais fructueuses relations israélo-marocaines
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Les discrètes mais fructueuses relations israélo-marocaines

Malgré une partie hostile de son opinion et l'activisme du BDS, le Maroc entretient d'intenses relations commerciales avec Israël

Chiffes de l'import-export israélo-marocain extrait du rapport annuel du Bureau des statistiques israéliens (Crédit : capture d'écran CBS.co.il)
Chiffes de l'import-export israélo-marocain extrait du rapport annuel du Bureau des statistiques israéliens (Crédit : capture d'écran CBS.co.il)

« Bien que les autorités marocaines minimisent tout lien, les échanges commerciaux dans l’agriculture, le domaine militaire et la technologie existent depuis des décennies, de même que les liens culturels et humains » entre Israël et le Maroc, explique à Middle East Eye, Bruce Maddy-Weitzman, expert en relations israélo-marocaines à l’université de Tel Aviv, cité par le site marocain Tel Quel.

Confronté à une partie de son opinion hostile à la normalisation des relations avec Israël, et des partis politiques qui tentent de rendre illégale cette normalisation, le Maroc n’en entretient pas moins des rapports fructueux avec l’Etat hébreu. A noter que depuis 2000, les deux pays n’ont officiellement plus de relations diplomatiques.

Selon les données du Bureau central des statistiques israéliens, cité par le site marocain, « les échanges commerciaux entre le Maroc et Israël s’élèveraient à 149 millions de dollars entre 2014 et 2017 ».

Ainsi, le Maroc est le 4e pays d’Afrique duquel Israël importe, et le premier pays du continent vers qui il investit.

Illustration d’un système d’irrigation au goutte-à-goutte israélien (Crédit : Facebook)

Le site Tel Quel rapporte qu’en 2017, Netafim leader incontournable du système israélien du goutte-à-goutte a « créé une filiale de 2,9 millions de dollars au Maroc, créant ainsi 17 emplois.

Le chercheur Bruce Maddy-Weitzman note que si « les relations économiques sont souvent difficiles à prouver » entre Israël et le Maroc c’est parce que « les accords de commerce et d’investissement sont soit maintenus sous silence, soit gérés par des intermédiaires ».

Ces relations plus ou moins discrètes ne sont pas sans faire de vagues dans l’opinion arabe internationale.

Ainsi, en janvier dernier TSA Algérie s’insurgeait contre la normalisation des relations israelo-marocaines suite à la visite d’une délégation de Marocains en Israël, dans le cadre d’un colloque sur l’amitié judéo-marocaine.

Le journal algérien rappelait qu’un aperçu des relations officieuses entre les deux pays était apparu après les « révélations fracassantes faites par Wikileaks sur les rencontres au sommet, notamment en 2009, entre le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Liberman et son homologue marocain, Taïeb Fassi-Fihri ».

Le 33e Festival international du film de Haïfa se tiendra du 5 au 14 octobre (Crédit: FIFH)

Plus récemment ce sont trois films marocains réalisés par Meryem Ben M’Barek, Najiss Nejjar et Nabil Ayouch sélectionnés lors du dernier festival international du film de Haïfa qui ont de nouveau créé la polémique, prouvant que même dans le monde de l’art, la normalisation avec Israël ne va pas de soi.

La polémique est née après qu’une antenne marocaine du mouvement du BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) a dénoncé « l’art-washing apartheid » à l’oeuvre derrière ces sélections, et via un tweet a exposé à la vindicte populaire les noms des réalisateurs de « Statless », « Sofia » et « Razzia ».

Plus tôt encore, en octobre 2017, les liens entre le Maroc et Israël étaient sans doute plus forts et plus profonds qu’une simple amitié, notamment à cause de la présence de nombreux juifs originaires du Maroc en Israël.

On apprenait ainsi qu’en 1965, le roi Hassan II aurait transmis des enregistrements d’une rencontre cruciale entre les dirigeants arabes qui eut lieu au Maroc où ces derniers discutaient de la préparation d’une offensive commune contre Israël.

En se fondant sur ces enregistrements, ainsi que d’autres renseignements rassemblés dans les années précédant la guerre, Israël a alors lancé une frappe préventive au matin du 5 juin 1967, bombardant les aérodromes égyptiens et détruisant presque tous les avions de chasse de l’Egypte. Une offensive brève que l’Histoire retiendra sous le nom de la Guerre des Six Jours.

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