L’État islamique vendrait des esclaves sexuels sur Internet pour se financer
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L’État islamique vendrait des esclaves sexuels sur Internet pour se financer

Un post Facebook d’un combattant de l’EI montre des jeunes femmes à vendre ; un possible trafic d'êtres humains

Illustration : une famille irakienne Yazidi qui a fui la violence dans la ville irakienne du nord de Sinjar, dans une école où elle a trouvé refuge dans la ville kurde de Dohouk dans la région autonome du Kurdistan irakien, le 5 août 2014. (Crédit : AFP / SAFIN HAMED)
Illustration : une famille irakienne Yazidi qui a fui la violence dans la ville irakienne du nord de Sinjar, dans une école où elle a trouvé refuge dans la ville kurde de Dohouk dans la région autonome du Kurdistan irakien, le 5 août 2014. (Crédit : AFP / SAFIN HAMED)

L’État islamique aurait recours au trafic sexuel d’êtres humains pour se financer.

Les experts disent que la pression accrue sur l’EI de la part de l’Irak et de la Syrie pourrait être à l’origine de cette tentative des combattants de développer une nouvelle source de revenus en vendant des esclaves sexuels.

Un rapport samedi dans le Washington Post a fait remonter l’histoire à un post Facebook datant de la semaine dernière.

Les images, qui auraient été publiées par un combattant de l’État islamique, montrent les jeunes femmes posant timidement. Le prix demandé était d’environ 8 000 $ (environ 7 200 euros) pour chaque femme, explique le rapport.

On ignore cependant si la personne qui a posté les images vendait les femmes pour son propre profit, ou commentait les initiatives de vente d’autres combattants.

Facebook a supprimé les images en quelques heures. C’était la première indication que l’État islamique vendrait des femmes. Selon le Washington Post, les messages ont été remarqués par l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient, qui surveille les comptes de réseaux sociaux des djihadistes.

La personne qui a posté les images conseillait à ses amis Facebook de « se marier » et de rejoindre les territoires de l’Etat islamique en Irak et en Syrie. L’auteur du post répondait également aux questions et réactions des personnes qui commentant les messages – depuis des négociations sur les prix de vente jusqu’à des discussions sur la beauté de ces femmes. Le dialogue était décontracté et très terre-à-terre.

L’État islamique est connu pour utiliser les médias sociaux pour recruter de nouveaux membres dans le monde entier. Les ressources populaires comme Facebook ne sont qu’un moyen d’attirer l’attention des jeunes impressionnables. Heureusement, l’efficacité du blocage des comptes et des posts des djihadistes – aussi tôt que possible après leur publication – a été amélioré.

On estime que le groupe terroriste détient environ 1 800 femmes et jeunes filles captives. Ces chiffres représentent uniquement celles qui ont été capturées dans les communautés Yazidi, dans la région où l’EI est actuellement basé. Les femmes sont utilisées comme esclaves sexuelles pour le groupe militant, et même les petites filles sont susceptibles d’être violées.

L’État islamique, citant une ancienne croyance islamique, considère toute femme non-musulmane – ou toute femme musulmane ayant renoncé à la forme de culte islamique de l’EI – comme une esclave légitime. Elles sont vues comme des butins de guerre.

La possibilité de trafic sexuel n’est pas une surprise pour les experts. La souffrance des femmes et des filles en captivité augmente à mesure que les pressions militaires et financières sur l’État islamique s’intensifient. Les captifs sont les premiers à souffrir quand il y a des pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments. Pour commencer, ce sont les plus en danger lorsque les militants qui les détiennent captifs sont attaqués.

Au cours des derniers mois, trois douzaines de femmes irakiennes et syriennes qui se sont échappés du groupe militant, qui est actuellement sous contrôle de leurs régions d’origine, ont témoigné de ce qu’elles ont subi lorsqu’elles étaient captives. Elles ont raconté comment les militants venaient à leur domicile, demandaient aux femmes d’enlever leur foulard, et décidaient de qui ils voulaient avant de les emmener.

Plusieurs de ces femmes ont raconté comment elles ont été constamment violées et revendues avant leur fuite. Elles ont témoigné de la façon dont leur situation n’a fait qu’empirer alors que, en plus du viol et de l’humiliation constante, elles souffraient d’autres horreurs comme de voir leurs enfants leur être retirés.

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