Liban : le chef de l’ONU préconise une FINUL « plus agile et plus mobile »
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Liban : le chef de l’ONU préconise une FINUL « plus agile et plus mobile »

Avec des moyens plus légers, les patrouilles auraient moins de restrictions à leurs mouvements, juge Antonio Guterres

Des soldats des forces intérimaires des Nations unies au Liban (FINUL) patrouillent dans le village libanais de Kfar Kila , le long de la frontière avec Israël, le 29 août 2019 (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)
Des soldats des forces intérimaires des Nations unies au Liban (FINUL) patrouillent dans le village libanais de Kfar Kila , le long de la frontière avec Israël, le 29 août 2019 (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)

La force de paix de l’ONU au Liban, critiquée par les Etats-Unis et Israël, devrait être « plus agile et plus mobile », préconise son secrétaire général Antonio Guterres dans un rapport publié mardi dans la perspective du renouvellement de sa mission en août.

« Les véhicules blindés de transport de troupes ne conviennent pas vraiment à des secteurs congestionnés, des ruelles étroites et un terrain montagneux. Il faudrait des véhicules plus petits comme des véhicules tactiques légers à haute mobilité », précise-t-il.

Avec des moyens plus légers, les patrouilles auraient moins de restrictions à leurs mouvements, juge Antonio Guterres.

Il serait aussi souhaitable de doter cette force de paix, la Finul, créée en 1978 et comprenant aujourd’hui 10 155 soldats de plus de 40 pays, d’une « capacité de surveillance améliorée, en remplaçant les fonctions d’infanterie lourde, qui servent aux activités quotidiennes, par des fonctions de reconnaissance ».

Le secrétaire-général Antonio Guterres durant une rencontre portant sur le coronavirus COVID-19 au siège de l’Organisation mondiale de la Santé à Genève, en Suisse, le 24 février 2020 (Crédit : Salvatore Di Nolfi/Keystone via AP)

Selon lui, ces changements donneraient à la force onusienne « une meilleure perception de la situation ». Ils se traduiraient par davantage de Casques bleus affectés à des missions de surveillance et d’observation et une réduction des effectifs des bataillons dans la zone d’opérations, estime-t-il.

Dans ses recommandations, le chef de l’ONU souhaite la construction de miradors et également que les Casques bleus bénéficient de technologies modernes pour notamment la collecte, l’analyse et la communication de données.

Outre la vidéosurveillance, les capteurs et les systèmes de contrôle d’accès automatisés déjà utilisés, il réclame des caméras thermiques, des jumelles de haute technologie et des drones qui pourraient renforcer la surveillance notamment de la Ligne bleue séparant le Liban d’Israël.

Focalisée sur la dissuasion pour éviter toute reprise d’hostilités, la configuration de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban repose jusqu’à présent sur un « modèle de saturation » avec une grande densité de soldats et de matériels. Elle assure une mission de maintien de la paix et non d’imposition de la paix.

Les voitures de la police militaire des Forces intérimaires des Nations Unies au Liban (FINUL) franchissent une barrière de séparation en béton entre le village de Kfar Kila, situé dans le sud du Liban, et Israël, à la frontière entre les deux pays, le 4 décembre 2018 (Crédit : Ali Dia / AFP)

Ces dernières années, les Etats-Unis et Israël lui ont souvent reproché de ne pas être assez offensive.

Fin mai, le mouvement terroriste chiite libanais Hezbollah a rejeté une demande américaine visant à renforcer ses pouvoirs afin qu’elle puisse fouiller des propriétés privées.

Dans son rapport, Antonio Guterres, sans évoquer ce dernier point, souligne que la Finul continue à se heurter au non-respect de leurs obligations par différentes parties.

D’une part, le Hezbollah et d’autres groupes détiennent des armes échappant au contrôle de l’État libanais entravant sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. D’autre part, Israël poursuit ses survols pratiquement quotidiens du Liban, y compris pour mener des raids en Syrie, compromettant la crédibilité de la mission onusienne, note-t-il.

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