Liberman ne sait pas « ce qui est pire : un scrutin ou un gouvernement limité »
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Liberman ne sait pas « ce qui est pire : un scrutin ou un gouvernement limité »

Le chef d'Yisrael Beytenu serait poussé par son parti à rejoindre un gouvernement étroit de droite; le Premier ministre et Benny Gantz doivent se rencontrer cet après-midi

Photo composée (gauche à droite): le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, le président d'Yisrael Beytenu Avigdor Liberman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)
Photo composée (gauche à droite): le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, le président d'Yisrael Beytenu Avigdor Liberman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, a semblé ouvert mardi à la possibilité de rejoindre un gouvernement restreint de droite, dans un contexte de rumeurs de mécontentement au sein de son parti.

« C’est dur de décider ce qui est finalement le pire – des élections anticipées ou un gouvernement étroit, mais je comprends les députés d’Yisrael Beytenu qui protestent contre notre conduite », a-t-il déclaré à la chaîne de la Knesset.

Hier, lors de sa réunion de faction, il a parlé de lui à la troisième personne, disant : « Mais que veut donc véritablement Liberman ? »

Répondant à la question, il a déclaré que « Liberman veut un gouvernement d’unité. Contrairement à tous les autres, Yisrael Beytenu a été le seul parti qui, dès le premier jour de la campagne électorale, a clamé vouloir un gouvernement d’unité ».

« La voie la plus facile pour nous aurait été de rejoindre un gouvernement étroit. Nous ne l’avons pas fait parce que l’Etat d’Israël a besoin d’un gouvernement large. Il a besoin d’un gouvernement constitué des deux partis majeurs car il ne sera pas en mesure, le cas échéant, de prendre les décisions qui s’imposent », a continué Liberman, dont la formation détient huit sièges au Parlement israélien.

Selon la Douzième chaîne, les députés de la formation Yisrael Beytenu auraient vivement recommandé à leur président de rejoindre un gouvernement limité de droite et placé sous la direction de Netanyahu si les pourparlers de coalition devaient échouer à mettre en place un gouvernement d’unité.

Liberman a insisté sur la nécessité de la formation d’un gouvernement d’unité qui intégrerait son parti, le Likud et Kakhol lavan.

Le député Oded Forer d’Yisrael Beytenu vu pendant une rencontre du parti à la Knesset, el 31 décembre 2018. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les députés Oded Forer, numéro deux sur la liste électorale, et Hamad Amar, le numéro six, ont rencontré Liberman et l’ont imploré de réfléchir à intégrer un gouvernement de droite si toutes les autres options devaient échouer, a fait savoir la chaîne. Un tel scénario verrait le parti collaborer avec les formations ultra-orthodoxes avec lesquelles il n’a cessé de croiser le fer depuis le scrutin du mois d’avril.

Les deux parlementaires ont estimé que les demandes soumises par Kakhol lavan étaient déraisonnables.

« Kakhol lavan et Yair Lapid doivent savoir que s’ils continuent à refuser l’unité, alors l’alternative sera un gouvernement limité de droite qui permettra d’empêcher des élections », aurait dit l’un des deux députés dont les propos ont été repris par le reportage.

La décision finale, a souligné la chaîne, reviendra à Liberman.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, vont se rencontrer mardi après-midi à Tel Aviv, huit jours avant la date-limite imposée aux députés de la Knesset pour choisir un candidat qui aurait pour mission de former un gouvernement.

Netanyahu comme Gantz ont échoué à rassembler une majorité après les élections de septembre.

Les deux hommes ont prôné un gouvernement d’unité constitué de leurs formations respectives, le Likud et Kakhol lavan, mais les négociations sont dans l’impasse après les charges judiciaires à l’encontre de Netanyahu et son insistance à mener des pourparlers au nom de son bloc constitué des partis de droite et religieux.

Autre point de friction, déterminer qui sera le premier Premier ministre dans le cadre d’un accord du partage du pouvoir – et pour combien de temps.

S’ils ne parviennent pas à s’entendre, alors un nouveau scrutin – le troisième en un moins d’un an – deviendra inévitable dès la semaine prochaine.

Par ailleurs, selon un reportage diffusé à la télévision, un accord naissant portant sur la formation d’un gouvernement d’unité placerait Yaïr Lapid, numéro 2 de Kakhol lavan, au poste de ministre des Affaires étrangères.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)

Selon cet arrangement, Netanyahu occuperait le poste de Premier ministre pendant six mois avant d’être remplacé par Gantz tandis que Lapid obtiendrait le portefeuille du ministère des Affaires étrangères et Gabi Ashkenazi, issu des rangs de la même formation, celui de la Défense, a fait savoir la Treizième chaîne.

Celui de l’Économie resterait entre les mains du Likud et Yuli Edelstein, membre de ce parti, resterait président de la Knesset, a précisé le reportage, citant une source.

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