Israël en guerre - Jour 146

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L’incapacité des autorités à organiser les circoncisions retarde la conversion de 98 hommes

Un soldat mobilisé à Gaza a dépensé près de 7 000 shekels pour finaliser le processus, a déclaré un militant qui le représente

Oded Forer, président de la commission de la Knesset pour l'immigration, l'intégration et la diaspora, assiste à une réunion de la commission à la Knesset à Jérusalem, le 19 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Oded Forer, président de la commission de la Knesset pour l'immigration, l'intégration et la diaspora, assiste à une réunion de la commission à la Knesset à Jérusalem, le 19 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ils ne sont pas moins de 98 hommes israéliens à avoir terminé leur conversion orthodoxe au judaïsme et attendre depuis avril dernier la circoncision, financée par les autorités, qui signera la fin du processus, ont déclaré des responsables, qui évoquent des complications bureaucratiques et des problèmes de financement.

Ce retard, qui affecte plusieurs convertis mobilisés à Gaza et empêche certains d’entre eux de se marier, a été longuement examiné mardi à la Commission de la Knesset pour l’immigration, l’intégration et la diaspora lors d’une session à laquelle ont assisté, entre autres, des représentants de l’Autorité de conversion de l’État, du Grand Rabbinat, de l’Agence juive, du ministère de la Santé.

La discussion s’est achevée sans que se soit dégagée une solution concrète, que l’Autorité de conversion, service gouvernemental créée en 2000 pour centraliser la question des conversions, s’est engagée à apporter dans les semaines à venir.

Le rabbin Seth Farber, directeur de l’organisation à but non lucratif ITIM qui aide notamment les convertis à s’y retrouver dans les méandres de la bureaucratie religieuse israélienne, a expliqué au Times of Israël que ce retard était le fruit d’« absurdités bureaucratiques totalement évitables ».

Selon son directeur par intérim, le rabbin Yehuda Amichai, l’Autorité de conversion dit avoir hérité du problème le 1er janvier dernier, lorsque le Grand Rabbinat a confié la responsabilité de la circoncision des convertis à l’Autorité de conversion.

Pour pratiquer les circoncisions, explique Amichai, l’Autorité est tenue par la loi de lancer un appel d’offres auprès des hôpitaux, qui doit être préalablement approuvé par une commission externe. Un nouvel appel d’offres est aujourd’hui nécessaire dans la mesure où le précédent appel d’offres du rabbinat a expiré et que son vainqueur, l’hôpital privé Assuta d’Ashdod, n’entend pas soumissionner aux mêmes conditions.

Le rabbin Seth Farber, chef de l’organisation Itim, photo non datée (Crédit : Itim)

Dans le cadre de cet ancien contrat qui a donc expiré, Assuta touchait environ 3 400 shekels de fonds publics par circoncision.

Selon Yehuda Cohen, directeur général du Grand Rabbinat, qui a assisté à la discussion, en 2022, Assuta a pratiqué près de 150 circoncisions par an sur des convertis adultes. Ce nombre est tombé à sept en 2023 en raison du non-renouvellement du contrat.

C’est l’augmentation générale des coûts pour les hôpitaux qui a rendu cette allocation de 3 400 shekels versée par le ministère de la Santé peu attrayante pour les établissements hospitaliers. L’Autorité de conversion prépare un nouvel appel d’offres assorti d’allocations plus attractives, explique Amichai. Les hôpitaux pratiquent généralement des tarifs deux fois plus élevés pour les circoncisions financées à titre privé, ajoute-t-il.

« La tarification actuelle n’est manifestement pas attractive », explique le Dr Yakir Kaufman, haut fonctionnaire du ministère de la Santé, qu’il représentait dans la discussion. « D’un point de vue financier, ce n’est pas rentable. Il y a un problème avec le tarif pour les hôpitaux ».

« J’espère que le problème sera réglé maintenant que le sujet est transféré à l’Autorité de la conversion », a déclaré Cohen lors de la discussion.

Un rabbin de l’Autorité de conversion donne une leçon de judaïsme à des personnes engagées dans une procédure de conversion à Jérusalem, en Israël, le 3 janvier 2022. (Avec l’aimable autorisation de l’Autorité de conversion)

L’Autorité de conversion, qui dispose d’un budget annuel de plus de 100 millions de shekels, cherche les fonds nécessaires pour financer les circoncisions, a déclaré Amichai au président de la commission de la Knesset, Oded Forer, qui a invité Amichai à régler le problème.

Chaque année, ce sont près de 3 000 personnes qui se convertissent au judaïsme en passant par l’Autorité de conversion et l’armée israélienne, qui dispose de son propre parcours de conversion. La plupart des convertis sont des femmes – elles représentent jusqu’à 80 % du total selon les années – et nombreux sont les convertis de sexe masculin qui sont déjà circoncis au moment de la conversion.

Certains convertis sont nés en Israël et nombre d’entre eux sont de jeunes immigrants originaires de l’ex-Union soviétique, arrivés en Israël enfants en vertu de la Loi du retour des Juifs et de leurs proches, mais qui ne sont pas considérés comme Juifs aux yeux de la halakha, la loi religieuse juive.

Plus de la moitié de ces convertis dont le sort est en suspens du fait du retard dans les circoncisions sont des Éthiopiens de la minorité Falash Mura, dont l’immigration en Israël est conditionnée à la conversion orthodoxe supervisée par l’État, a confirmé Amichaï. Les Éthiopiens vivent dans des installations de l’Agence juive pour Israël. Forer a fait pression sur l’Agence juive pour qu’elle trouve des fonds afin de résoudre, a minima, le problème des Éthiopiens.

Le grand rabbin ashkénaze David Lau, à gauche, et le grand rabbin séfarade Yitzhak Yosef assistant à une cérémonie de vente de hametz (nourriture contenant de la levure) à Jaber, un arabe israélien, avant les fêtes de Pessah, à Jérusalem, le 4 avril 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère des Finances examine en ce moment-même une demande d’ajustement budgétaire pour permettre le financement des circoncisions, a déclaré lors de la discussion Cohen, représentant du rabbinat. Forer a pour sa part recommandé à l’Autorité de conversion d’utiliser son autorisation de dépense pour projets spéciaux, plafonnée à 50 000 shekels et dispensée de procédure d’appel d’offres, pour financer la circoncision de certains de ces hommes.

Farber, qui est le fondateur d’ITIM, a reproché aux autorités de laisser les convertis souffrir inutilement. Un converti qu’ITIM aide en ce moment-même et qui se bat en ce moment à Gaza était prêt à payer 7 000 shekels lui-même pour se faire circoncire à la première accalmie, a-t-il expliqué. Mais plusieurs donateurs se sont émus de son cas et ont financé son opération ces derniers jours, a-t-il ajouté. Le converti n’a pas souhaité être interviewé.

ITIM vient également en aide aux couples dont les projets de mariage sont affectés par le retard des circoncisions. En effet, les autorités israéliennes – en l’occurrence le rabbinat – ne célébreront le mariage que si les deux conjoints sont juifs. Israël ne permet pas le mariage civil. Le converti prêt à payer lui-même son opération allait le faire pour ne pas retarder son mariage.

« Le bon côté de l’histoire de ce converti, c’est que la société israélienne compte nombre de personnes charitables qui viennent en aide à ceux que l’État abandonne, mais des dizaines d’entre eux restent dans une situation comparable », a déclaré Farber au Times of Israel.

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