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L’Iran déterminé à renforcer ses capacités militaires

Israël 'agresse les peuples de la région depuis 70 ans, comme une tumeur cancéreuse," a déclaré le président iranien

Le président iranien Hassan Rouhani lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe, au Kremlin, à Moscou, le 28 mars 2017. (Crédit : Sergei Karpukhin/Pool/AFP)
Le président iranien Hassan Rouhani lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe, au Kremlin, à Moscou, le 28 mars 2017. (Crédit : Sergei Karpukhin/Pool/AFP)

L’Iran s’est déclaré vendredi déterminé à renforcer ses capacités militaires et balistiques et à poursuivre sa politique au Proche-Orient, faisant fi des critiques des Occidentaux principalement des Etats-Unis.

C’est le président Hassan Rouhani qui a fait cette annonce lors d’un défilé militaire à Téhéran, à l’occasion de l’anniversaire du déclenchement de la guerre par l’Irak contre l’Iran en 1980.

Signe de la détermination de l’Iran, un nouveau missile d’une portée de 2 000 km a été montré lors du défilé. Il est baptisé Khoramshahr, du nom de la ville occupée par l’armée irakienne au début de la guerre qui a duré huit ans et fait un million de morts.

« Que vous le vouliez ou pas, nous allons renforcer nos capacités militaires, nécessaires en matière de dissuasion. Non seulement nous allons développer nos missiles mais aussi nos forces aériennes, terrestres et maritimes. Pour défendre notre patrie, nous ne demanderons la permission à personne », a dit M. Rouhani dans un discours retransmis en direct à la télévision.

L’Iran a développé un vaste programme balistique ces dernières années, ce qui inquiète les Etats-Unis mais aussi l’Arabie saoudite, son principal rival dans la région, des pays européens dont la France, ainsi qu’Israël, son ennemi juré.

Il affirme avoir besoin de renforcer son programme balistique pour créer un équilibre avec les autres pays de la région, notamment l’Arabie saoudite et Israël qui achètent des milliards de dollars d’armes aux pays occidentaux, en particulier aux Etats-Unis.

Politique défensive

Pour appuyer leur argument, les responsables iraniens affirment que durant la guerre Iran-Irak, leur armée n’avait pas de missiles pour se défendre alors que de nombreux pays aidaient Bagdad.

Rouhani a dénoncé ceux qui « créent tous les jours des problèmes aux peuples de la région et se vantent de vendre des armes au régime sanguinaire sioniste (Israël, ndlr) qui agresse les peuples de la région depuis 70 ans, comme une tumeur cancéreuse », selon l’agence Irna.

Téhéran affirme que son programme balistique est purement défensif. « Notre puissance militaire n’est pas conçue pour agresser d’autres pays », a de nouveau martelé M. Rouhani.

« Le missile Khoramshahr d’une portée de 2 000 km, peut porter plusieurs têtes conventionnelles pour frapper plusieurs cibles à la fois », a dit le général Amir Ali Hadjizadeh, le commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, cité par Irna.

« Comme vous pouvez le constater, ce missile est aussi plus petit. Il sera opérationnel dans un avenir proche », a-t-il ajouté.

Les responsables iraniens affirment que leur pays possède la technologie nécessaire pour augmenter la portée de ses missiles pour le moment limitée à 2 000 km. Mais ils affirment que les missiles ne sont pas conçus pour porter des têtes nucléaires.

‘Défendre les opprimés’

En 2015 et après plusieurs années de négociations, les grandes puissances ont signé avec l’Iran un accord qualifié d’historique, pour encadrer le programme nucléaire de ce pays et s’assurer qu’il ne serve pas à le doter de l’arme atomique.

Cet accord impose de strictes restrictions au programme nucléaire iranien, en échange d’une levée progressive et conditionnelle des sanctions. L’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) a maintes fois estimé que Téhéran respectait ses engagements.

Néanmoins le président américain Donald Trump, qui voue aux gémonies ce texte obtenu sous l’administration de son prédécesseur Barack Obama, a menacé de nouveau de le dénoncer, à l’Assemblée générale de l’ONU. Téhéran et Washington n’ont pas de relations diplomatiques depuis 1980.

Sur un ton plus modéré, le président français Emmanuel Macron, à l’unisson avec les autres pays européens, a défendu l’application de l’accord nucléaire, mais dit que celui-ci n’était pas suffisant et qu’il fallait obliger l’Iran à réduire son programme balistique et limiter ses activités dans la région, notamment en Syrie.

M. Rouhani, dont le pays soutient militairement le régime syrien dans sa guerre contre les rebelles et les jihadistes, a rejeté tout changement de la position de son pays dans la région.

« Que vous le vouliez ou pas, nous allons défendre les peuples opprimés du Yémen, de la Palestine et de la Syrie », a-t-il déclaré. L’Iran soutient les groupes islamistes palestiniens et les rebelles au Yémen.

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