L’Iran menace de reprendre son programme d’enrichissement en uranium
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L’Iran menace de reprendre son programme d’enrichissement en uranium

Le porte-parole de l'agence nucléaire iranienne a mis en garde contre des "représailles" immédiates si Trump décidait de sortir de l'accord

Le porte-parole de l'Agence iranienne de l'énergie atomique (AEOI) Behrouz Kamalvandi (Crédit : PressTV News Videos)
Le porte-parole de l'Agence iranienne de l'énergie atomique (AEOI) Behrouz Kamalvandi (Crédit : PressTV News Videos)

Un responsable iranien a menacé mercredi d’accélérer le rythme de la production d’uranium, au-delà des limites prévues par l’accord sur le nucléaire de 2015, si les États-Unis décident de se retirer de cet accord et réinstaurent les sanctions sur Téhéran.

« L’Iran est prêt à augmenter la vitesse de ses activités nucléaires dans plusieurs domaines, notamment dans l’enrichissement, bien plus qu’avant l’accord du Plan global d’Action conjoint », a déclaré Behrouz Kamalvandi, un porte-parole de l’Organisation de l’énergie atomique en Iran, dans une interview accordée à la télévision d’État.

Ces propos surviennent alors que le président américain Donald Trump fait face à une décision imminente, à savoir, lever les sanctions ou les réinstaurer, ce qui mettrait fin à l’accord sur le nucléaire. Cet accord prévoyait la levée des sanctions en échange d’une diminution du programme d’enrichissement. Trump devrait annoncer sa décision vendredi.

« Si la suspension des sanctions n’est pas prolongée, cela violerait les termes de l’accord, et la République islamique d’Iran prendra immédiatement de mesures de répression », a ajouté Kamalvandi.

Kamalvandi a ajouté qu’il est possible que la République islamique diminue sa coopération avec l’agence nucléaire onusienne, une éventualité évoquée en début de semaine par le chef du nucléaire iranien Ali Akbar Salehi.

L’Iran se tiendrait à ses engagements dans le cadre d’accords signés avant celui du nucléaire, a précisé le reportage.

L’Iran a signé en 2015 un accord avec les six puissances mondiales et a accepté de limiter son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales.

Avant l’accord, l’Iran était à quelques mois de détenir suffisamment de matériaux pour produire l’armée nucléaire.

Trump méprise ouvertement cet accord, qui est un élément central de la politique étrangère de son prédécesseur Barack Obama, mais il a, pour le moment, maintenu la levée des sanctions.

En octobre, il a refusé de certifier que l’Iran se pliait aux termes de l’accord, mais s’est abstenu de s’en retirer. Au lieu de cela, il a confié au Congrès la mission de restaurer les sanctions.

L’Iran a lancé lundi une mise en garde sur l’éventualité d’une sortie des Etats-Unis de cet accord, à quelques jours d’une décision américaine liée à ce dossier.

« La communauté internationale doit se préparer à une possible sortie des Etats-Unis de l’accord nucléaire d’ici quelques jours », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, l’un des principaux négociateurs de cet accord, cité par l’agence de presse officielle iranienne Irna.

Si Washington sort de l’accord, la réponse de l’Iran sera « appropriée et lourde », et « les États-Unis vont certainement le regretter », a menacé lundi le porte-parole de la diplomatie iranienne, Bahram Ghassemi.

Le président américain Donald Trump évoque l’accord sur l’Iran à la Maison Blanche, le 13 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Les responsables américains et d’autres sources proches de l’administration ont déclaré mercredi à Associated Press que Trump a décidé de prolonger la levée des sanctions sur l’Iran dans le cadre de l’accord, invoquant une loi américaine qui encadre la participation de Washington dans cet accord, ce qui éviterait la crise inhérente au retrait américain. Cependant, deux autres sources américaines ont confié à l’AFP que Trump n’avait pas encore pris de décision.

L’Union européenne et les autres puissances mondiales ont affirmé à plusieurs reprises que ce serait une erreur d’abandonner cet accord.

Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif est à Bruxelles il défendre l’accord sur le nucléaire, avec l’Union européenne et les chefs de la diplomatie britannique, allemand et français ce jeudi.

L’AFP a contribué à cet article.

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